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StopCovid lancée après d'ultimes ajustements

L'application de traçage de contacts StopCovid a été mise en ligne ce mardi 2 juin après d'ultimes ajustements. Un décret publié au Journal officiel du 30 mai précise le traitement de données et les modalités d'information des usagers pour garantir le "consentement éclairé" demandé par la Cnil.

Promise pour ce week-end puis pour mardi 2 juin midi, l'application StopCovid a tardé à arriver sur les stores d'application jusqu'en milieu d'après-midi. Un retard dû à "d'ultimes ajustements" selon l'Inria, à l'image d'un projet marqué par de multiples rebondissements. Approuvée par le Parlement et la Cnil la semaine dernière, elle a pour but d'offrir la possibilité à chaque utilisateur apprenant sa contamination de prévenir ceux qu’il a croisés dans les deux semaines précédentes, pour qu’ils puissent se faire tester et se protéger.

StopCovid, nouveau geste barrière

Interrogé dimanche 31 mai sur radio J, le secrétaire d'État au numérique, Cédric O, a espéré "qu’un maximum de gens l’ait" tout en se refusant à se prononcer sur un objectif de téléchargements. Il a défendu que "dès les premiers téléchargements, l’application évite des contaminations" et assimilé StopCovid à un "nouveau geste barrière". Le secrétaire d'État a rappelé que cette application ciblait les personnes "qui prennent les transports en commun, les personnes qui vont dans les restaurants ou qui vont dans les supermarchés aux heures de pointe". Il a enfin apporté des précisions sur le coût de l'application, sujet sur lequel il avait été interpellé par les parlementaires la semaine dernière. StopCovid n'aurait ainsi "rien coûté à l'État", en dehors des salaires des agents publics mobilisés (Inria, Anssi, Dinsic…), la collaboration avec les entreprises étant fondée sur la base du volontariat.

Un décret détaille les traitements de données 

Parallèlement, un décret paru le 30 mai a précisé les traitements de données à caractère personnel induits par StopCovid et les modalités d'information des usagers, conformément aux dernières recommandations de la Cnil. Le décret n° 2020-650 du 29 mai 2020 définit ainsi les finalités du traitement et la nature des données conservées. Le texte inscrit dans le marbre du droit le principe de volontariat de ses utilisateurs qui restent libres de la télécharger, de l'activer et de notifier leurs contacts en cas de contamination. Elle peut être désinstallée à tout moment, aucune donnée utilisateur n'étant conservée par StopCovid.

Une possibilité limitée d'identification indirecte

Ces données utilisateur sont constituées d'un "identifiant aléatoire" (pour celui qui installe l'application) et de "pseudonymes aléatoires et temporaires" - pour les personnes croisées à moins d'un mètre durant 15 minutes comme le précise un arrêté du 31 mai signé du ministre de la Santé. Les données d'historique sont conservées 15 jours à compter de leur enregistrement dans le téléphone. "Les données permettant l'identification du téléphone mobile, de son détenteur ou de son utilisateur ne peuvent être collectées ni enregistrées dans le cadre du traitement" rappelle le décret, contrairement à ce qui est véhiculé sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. L'anonymat n'est cependant pas garanti à 100%. Le décret mentionne en effet "la possibilité limitée d'identification indirecte" relevée par plusieurs chercheurs en sécurité informatique. Un risque qui se produirait lorsque les personnes notifiées par StopCovid ont eu "un très faible nombre de contacts" durant les 15 jours précédant la notification.

Toutes ces informations sont censées contribuer au "consentement éclairé" demandé par la Cnil. Elles seront détaillées sur le site associé à l'application. Un bilan de mise en œuvre de StopCovid, dont les données devront être supprimées au plus tard 6 mois après la fin de l'état d'urgence sanitaire, devra être produit au plus tard le 30 janvier 2021.

Pas d'installation "en douce" de StopCovid

Google et Apple ont récemment mis à jour leurs systèmes d'exploitation mobile pour permettre l'installation des applications de traçage de contacts compatibles avec leur approche technique "décentralisée". Cela se traduit par l'apparition d'une rubrique "Covid-19" dans les paramètres des smartphones Android et IOS. Ces mises à jour ont généré une rumeur, largement relayée par les réseaux sociaux, selon laquelle le gouvernement installait "en douce" et sans consentement StopCovid sur l'ensemble des mobiles. Or ces mises à jour sont indépendantes des applications de traçage proprement dites (et de leur activation) et la fonction qu'elles implémentent n'est pas utilisée par StopCovid. La France a en effet fait le choix d'une architecture "centralisée" se passant des services des deux firmes américaines. 

 

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