Lucas Boncourt

Arrêt réseau téléphonique commuté : Orange dévoile les communes concernées et rassure sur l'accompagnement

La liste des premières communes concernées par l'arrêt de la technologie RTC a été dévoilée par Orange. Les communes peuvent s'appuyer sur la documentation de la Fédération Française des Télécoms pour accompagner une transition qui impacte de nombreux services quotidiens.

A partir du 15 novembre 2018, les offres téléphoniques dites RTC cessent d’être commercialisées. La technologie RTC, déployée depuis les années 1970, est en voie d’obsolescence et remplacée par la téléphonie sur IP (VoIP). Les opérateurs proposeront désormais des offres VoiP simples, via un petit boitier spécifique, ou des offres dites "multi play", combinant la téléphonie fixe avec d’autres services : internet, TV, mobile… reposant sur une box classique. La fin du RTC ne doit pas être confondue avec la fin du réseau cuivre (et de l’ADSL), au profit de la fibre optique, qui va continuer de fonctionner.

Sept plaques de communes contiguës dans sept départements

Le 15 novembre marque l’arrêt de la production/commercialisation de ligne RTC à l’échelle de l’ensemble du territoire. Les nouveaux logements ne seront ainsi plus équipés de la prise en T qui était liée à la technologie RTC. La mise hors service des 9 millions de lignes concernées se fera progressivement, par groupe de communes contiguës d’un même département. Les personnes seront prévenues cinq ans à l’avance avec une proposition de solution de rechange afin qu’elles ne restent pas sans téléphone. Les premiers groupes de communes, dévoilés le 23 octobre par Orange, concerneront les départements de Haute-Garonne, Vendée, Seine-et-Marne, Charente-Maritime, Nord, Haute-Loire et du Morbihan. D’ici à octobre 2023, dans les secteurs géographiques détaillés ici (https://reseaux.orange.fr/projet/modernisation-telephonie-fixe), les personnes détenant une ligne RTC ont 5 ans pour trouver une solution alternative. L’opérateur s’est engagé à accompagner les territoires concernés, selon une méthodologie testée depuis 2017 sur 14 communes du Finistère. La Fédération Française des Télécoms a également élaboré des plaquettes d’information expliquant la transition et les moyens de se préparer au tout-IP.

Alarmes, ascenseurs, télérelève… de nombreux services impactés

L’arrêt du RTC a en effet des implications pratico-pratiques que les communes sont invitées à communiquer à leurs habitants. Les boitiers VOIP ne pourront par exemple se passer du courant électrique pour fonctionner comme le permettaient les vieux téléphones : même si un système de batterie est envisagé par les constructeurs, un mobile de secours sera recommandé. Et au-delà de la voix, un grand nombre de services utilisant les fonctions "machine to machine" de la technologie RTC - alarme, supervision, télésurveillance, télérelève, lignes d’ascenseur, terminaux de paiement...- vont devoir migrer vers des solutions techniques alternatives, qui passent pour la plupart par des technologies mobiles. Enfin, l’Association française des utilisateurs de télécommunications (AFUTT) , a exprimé ses craintes de voir la facture des consommateurs exploser. L’association redoute notamment la multiplication des ventes forcées et abus de faiblesse auprès de personnes isolées fragiles ou âgées. Les services commerciaux des opérateurs pourraient en effet être tentés de pousser à la consommation en vendant des offres muti-play beaucoup plus onéreuses que le boitier VOIP. Se posent également le maintien du prix de l’offre téléphonique de base (17 euros par mois aujourd’hui) et d’offres spécifiques comme pour les résidents secondaires ou le paiement à la consommation. Autant d’éléments sur lesquels les réponses des opérateurs sont encore imprécises.

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