Corrèze

Victor Rainaldi

Centre d'accueil des demandeurs d'asile de Peyrelevade : bilan du maire (19)

Citoyenneté et services au public

Près de deux ans après l’ouverture d’un centre d’accueil des demandeurs d’asile à Peyrelevade (article d’octobre 2015) le maire dresse un premier bilan de sa présence sur la commune. Si les relations avec la population locale ne posent pas de difficultés notables, le cas des déboutés du droit d’asile est plus complexe.  

Après avoir suscité un certain engouement médiatique lors de son ouverture en avril 2015, le centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada) de Peyrelevade (820 habitants) en Corrèze héberge des migrants pour la deuxième année consécutive, soit 70 personnes (sa capacité maximale) en provenance de plus de dix pays : Russie, Ukraine, Albanie, Soudan ou Congo pour n’en citer que quelques-uns. "La diversité des origines évite la formation de clans et contribue à une entente harmonieuse", précise le maire, Pierre Coutaud. Ils séjournent en moyenne une année dans le centre, le temps que leur dossier soit traité.

Personnes accueillies provisoirement dans l’attente d’un statut

Après 18 mois d’expérience, le maire estime que "la cohabitation avec la population locale est globalement bonne". Compte tenu du statut provisoire des demandeurs d’asile, il est quasiment impossible d’organiser un accueil optimal. Leurs séjours sont brefs, rarement plus d’un an, et il leur est interdit de travailler ou de suivre des formations. Dans ces conditions, il n’est pas évident de construire des liens solides avec la population locale. "Le développement de relations repose essentiellement sur les bonnes volontés mais le bénévolat a ses limites", constate le maire.

Des échanges s’opèrent, des liens se nouent

Parmi les exemples d’échanges : l’inscription de jeunes au club de football, l’aide à la numérisation du service de la bibliothèque fournie par un demandeur d’asile compétent en informatique ou celle apportée par un autre demandeur d’asile pour la réalisation d'une maquette. Citons également la dizaine d’enfants qui fréquentent l’école primaire, mais les liens qui s’établissent ainsi sont évidemment éphémères.

Le cas particulier des déboutés du droit d’asile

En dehors de quelques micro-problèmes de voisinage, le maire ne signale pas d’incident particulier. "La seule réelle difficulté vient de la gestion des demandeurs d’asile déboutés", avertit le maire (voir document du ministère de l’Intérieur). Ils doivent sortir du Cada et se retrouvent livrés à eux-mêmes, sans ressources, privés de statut juridique et dans une situation de grande fragilité.

Des associations mobilisées, des situations délicates

Des associations locales se mobilisent pour soutenir les demandeurs d’asile quand ils sont déboutés. Ceux-ci restent donc parfois dans la commune ou dans les environs. "Cette situation pose de nombreuses questions culpabilisantes et des situations pas faciles à assumer pour des élus locaux. Avec la création du Cada, on participe à la mise en œuvre d’une politique de l'Etat... mais à la sortie du Cada, l'Etat n'est plus là et on se retrouve face à des responsabilités ou des choix qui nous dépassent", s’inquiète le maire. "Il faut bien comprendre que ces demandeurs d’asile déboutés sont dans un état de grande vulnérabilité qui les rend très influençables. Leur venir en aide, c’est faire preuve d’humanité, mais ici ils n’ont pas la possibilité de s’en sortir dans la durée."

Elus pédagogues et modérateurs

Pour se dérouler dans de bonnes conditions, l’installation d’un Cada exige un important travail de pédagogie de la part des élus qui doivent tout expliquer aux habitants en amont comme en aval du projet. Ils doivent aussi, indique le maire de Peyrelevade "jouer le rôle de modérateurs pour éviter l’exacerbation des petits incidents". En dépit des quelques difficultés rencontrées, il estime que "c’est à l’honneur du pays d’accueillir les demandeurs d’asile même si les conditions ne peuvent pas toujours être idéales".

La présence des demandeurs d’asile contribue à revivifier la commune

En conclusion, rappelons que la création du Cada a permis la réhabilitation de locaux désaffectés financée par les loyers que verse l’Etat via l’association gestionnaire et d’y installer dans un espace mitoyen une salle des fêtes polyvalente. En outre, les cinq emplois de travailleurs sociaux créés, la classe de primaire sauvée de la fermeture et les quelques retombées économiques sur les commerces locaux contribuent à revivifier une commune qui a perdu plus de la moitié de ses habitants au cours du siècle écoulé.

Différents types d’accueil des migrants en France
Outre les centres d’accueil des demandeurs d’asile (Cada) qui comptent plus de 30.000 places, une capacité inférieure aux besoins estimés à 80.000, deux autres types de structures accueillent les migrants. Les centres d’accueil et d’orientation (CAO), conçus pour abriter les personnes dispersées après le démantèlement du bidonville de Calais, reçoivent les migrants qui envisagent l’asile en France. Les centres d’hébergement d’urgence qui comptent plus de 110.000 places sont quant à eux ouverts à toutes les personnes sans domicile fixe. Le nombre de places dans ces trois types de centres devrait croître en 2017. 
 

Contact(s)

Commune de Peyrelevade

Grand Rue
19290 Peyrelevade
05 55 94 73 13
mairie@peyrelevade.fr
Nombre d'habitants : 850

Pierre Coutaud

Maire
pierre.coutaud@peyrelevade.fr
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