Lucas Boncourt / EVS pour Localtis

Couverture numérique : le gouvernement tente de rassurer les élus sur l'avancée du dossier

Infrastructures numériques, données

À l'occasion d'un déplacement à Mirande (Gers), vendredi 22 mars, le Premier ministre, Édouard Philippe, s'est efforcé de démontrer que le dossier de la couverture numérique avançait. Mais si les outils de suivi des déploiements s'étoffent, les résultats effectifs se font attendre.

4.000 nouveaux pylônes équipés en 4G depuis janvier 2018, un engagement de 242 millions d'euros pour aider dix RIP à déployer la fibre, 4 millions de prises FTTH en 2019 contre 2 millions en 2016… Le Premier ministre, Édouard Philippe, n'a pas lésiné sur les chiffres, vendredi 22 mars, pour tenter de convaincre les élus gersois que le dossier de la couverture numérique du territoire avance. Il faut dire que les échéances fixées par le président de la République - 2020 pour "le bon débit" et 2022 pour le THD pour tous - s'approchent à vitesse grand V… et que beaucoup d'élus n'en finissent pas de s'impatienter.

Une offre 4G fixe... à la fin du premier semestre

Et pour ceux qui n'ont (toujours) rien, le chef de gouvernement a "annoncé" ou plus exactement officialisé l'ouverture du guichet cohésion numérique dont les 100 millions d'euros aideront ces foyers à s'équiper en solutions de réception hertziennes (notre article). Une aide à hauteur de 150 euros par foyer à laquelle les collectivités pourront ajouter leur propre subvention "si elles le souhaitent". Une aide mobilisable pour mettre en place une connexion satellitaire et, bientôt, une offre "4G fixe". Ces offres supposent cependant qu'elles existent chez les opérateurs (ce n'est pas le cas pour Free) et, surtout, qu'il y ait la proximité d'une antenne 4G… Leur disponibilité n'a du reste été annoncée par le Premier ministre que pour "la fin du premier semestre".

Un flou persistant sur les Amel

Un dérapage de calendrier qui vient s'ajouter à d'autres. Édouard Philippe a ainsi évoqué les Amel présentés en décembre 2017 comme un moyen d'accélérer la couverture FTTH dans les territoires ruraux en recourant à l'initiative privée. Or après avoir reculé les échéances pour la clôture des Amel  – initialement avant la fin de l'été 2018, puis avant la fin de l'année 2018 – le gouvernement maintient toujours le suspens… bloquant du même coup les financements publics du guichet THD (notre article). Le Premier ministre a évoqué le chiffre de 20 départements concernés, soit une population de 1,5 million d'habitants… mais sans divulguer la liste définitive qui doit faire l'objet d'une validation formelle des services de l'État. Il faut dire que le départ du directeur de l'Agence du numérique, Antoine Darodes, en décembre dernier, ajouté aux grandes manœuvres autour de la création de l'Agence nationale de la cohésion des territoires, ne contribuent pas à accélérer ce dossier.

Des cartes pour patienter

Face à un sujet qui suscite autant d'attentes que de crispations, les pouvoirs publics s'efforcent de renforcer la transparence sur le suivi des chantiers mobile et THD. Côté New Deal Mobile, le site de l'Arcep met désormais à jour six rubriques correspondant aux engagements des opérateurs mobiles : migration des sites 2G/3G vers la 4G, localisation des sites sélectionnés au titre de la "couverture ciblée", desserte 4G des axes de transport, suivi des incidents réseaux et, enfin, offres des opérateurs en matière de couverture indoor et de 4G fixe. Des cartes permettent de visualiser les sites équipés et ceux à venir dans les six mois à venir. En matière de fibre, le site cartefibre s'est enrichi d'un moteur de recherche indiquant la date prévisionnelle d'arrivée de la fibre. 

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