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Covid-19 : les propositions concrètes des maires de grandes villes

Les membres du bureau exécutif de France urbaine ont échangé le 7 octobre avec Jean Castex. Et ont formulé plusieurs demandes et propositions "pour renforcer l'efficacité de la lutte" contre le Covid-19. Critères pour le zonage, modalités de sortie d'une zone, actions de communication, jauges... Le lendemain, Olivier Véran annonçait qu'au moins quatre nouvelles métropoles - Lille, Lyon, Grenobl, Saint-Etienne - allaient passer en zone d'alerte maximale.

Mercredi 7 octobre, à la veille de la troisième intervention du nouveau cycle de conférences de presse hebdomadaires d'Olivier Véran (voir encadré ci-dessous), les représentants des grandes villes et métropoles ont pu échanger avec le Premier ministre en visioconférence. Et lui ont à cette occasion fait part de propositions très concrètes "pour renforcer l'efficacité de la lutte" contre le Covid-19.

Il s'agissait notamment pour le bureau exécutif de France urbaine – l'association d'élus désormais présidée par Johanna Rolland, maire de Nantes – de réaffirmer que "l'affinage dans le temps et dans l'espace des mesures sont impératifs". Les élus ont ainsi demandé à ce que soient définis rapidement "les modalités de sortie des zones d'alerte renforcées ou maximales en fonction de l'évolution des indicateurs", ceci "afin d'éviter les effets 'yo-yo' des décisions". Il faut dans le même temps, jugent-ils, "stabiliser" ces indicateurs et "homogénéiser au niveau national le process de transmission des données par les agences régionales de santé (ARS) vers les territoires" pour que les décisions soient prises sur la base de données et de critères "comparables".

En plus de l'arsenal des mesures ou actions de communication déployées par les pouvoirs publics, France urbaine propose quelques ajustements ou précisions. S'agissant des grands rassemblements, il lui semblerait plus pertinent, au lieu d'établir des jauges "en valeur absolue" (1.000 personnes), d'opter pour des "ratios par mètre carré". En termes de communication, les maires ont alerté Jean Castex sur deux points. D'une part, sur la nécessité, à l'heure où des restrictions croissantes sur le domaine public et des fermetures de lieux de loisir ou de convivialité, de "renforcer la communication sur les risques de contamination dans la sphère privée". D'autre part, sur les vacances scolaires de la Toussaint qui approchent à grands pas (17 octobre – 2 novembre), il faudrait là encore songer à "préciser la stratégie de communication envisagée", sachant que la période est "propice aux déplacements et au brassage de populations".

À l'heure où le directeur général de l'ARS francilienne, Aurélien Rousseau, annonce avoir déclenché le "plan blanc", notamment synonyme de déprogrammation d'activités et de réaffectation des effectifs en interne, France urbaine demande que soient "mobilisés et coordonnés l'ensemble des établissements hospitaliers publics et privés afin d'éviter les déprogrammations d'intervention médicale ou chirurgicale". Toujours sur les enjeux de santé publique connexes à l'épidémie, les maires attendent aussi une "communication claire sur la stratégie vaccinale face à la grippe saisonnière". Enfin, l'association se joint au concert des voix demandant la suspension provisoire du jour de carence pour les fonctionnaires.

Outre Johanna Rolland, participaient à ce rendez-vous avec le chef du gouvernement l'ancien président de France urbaine Jean-Luc Moudenc (Toulouse), Éric Piolle (Grenoble), Nathalie Appéré (Rennes) et Joël Bruneau (Caen).

Lille, Lyon, Grenoble et Saint-Etienne en zone d'alerte maximale samedi

Lille, Lyon, Grenoble et Saint-Etienne passeront à partir de samedi en zone d'alerte maximale en raison de la dégradation des indicateurs liés à l'épidémie de Covid-19, a annoncé ce jeudi 8 octobre le ministre de la Santé Olivier Véran.

"La situation s'est dégradée dans plusieurs métropoles ces derniers jours", ce qui va conduire à "basculer" certaines d'entre elles dans un niveau supérieur d'alerte, a expliqué le ministre lors de sa conférence de presse hebdomadaire. Ainsi, pour Lille, Lyon, Grenoble et Saint-Etienne, où l'incidence a dépassé le seuil d'alerte de 250 nouveaux cas pour 100.000 habitants et plus de 30% des lits de réanimation sont occupés par des malades du Covid, "un passage en zone d'alerte maximale a été décidé par le président", a déclaré Olivier Véran. Cette mesure sera effective "samedi matin".
Pour Toulouse et Montpellier, "nous nous donnons quelques jours", jusqu'à lundi matin, pour prendre éventuellement cette même décision, a-t-il ajouté.
Ce classement en alerte maximale, déjà valable pour Aix-Marseille, Paris et la Guadeloupe, implique des mesures sanitaires renforcées, comme la fermeture des bars.
Le ministre a d'autre part indiqué que Dijon et Clermont-Ferrand seraient placés à partir de samedi matin en alerte renforcée, un cran en-dessous.
"La situation sanitaire continue hélas de se dégrader en France", a-t-il insisté, notant malgré tout une amélioration sensible à Nice et Bordeaux et une inflexion positive à Rennes et Aix-Marseille.
Interrogé sur le risque que Paris puisse basculer en "urgence sanitaire", catégorie la plus élevée qui ne concerne aucune partie du territoire à ce stade, le ministre a envisagé cette hypothèse si, par exemple, l'occupation des lits de réanimation par des malades Covid dépassait 60%, contre un peu moins de 40% actuellement. Cela pourrait provoquer d'autres mesures, comme "des fermetures de commerce non essentiel j'imagine", a-t-il ajouté. Mais "mon message n'est pas de dire 'on va vers ça'", a assuré le ministre.

 

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