Crépy-en-Valois gère ses eaux pluviales à la parcelle (60)

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par
Luc Blanchard
dans

Environnement

Oise

Engagée depuis dix ans dans la transition écologique, la ville de Crépy-en-Valois, dans l'Oise, a pris conscience des énormes enjeux liés à la gestion des eaux pluviales. En permettant à l'eau de pluie de s'infiltrer là où elle tombe, la commune obtient des résultats très probants.

Crépy-en-Valois, 15.475 habitants, au sud de Compiègne, est une ville moyenne du département de l'Oise qui gagne des habitants. En 2010 elle s'est dotée d'un Agenda 21 afin que son développement soit réellement durable. La gestion des eaux pluviales est au cœur de ses préoccupations.

Trop souvent lorsqu'une ville se développe la taille de ses tuyaux croît avec elle. La construction de nouvelles infrastructures conduit à imperméabiliser les sols et à construire, en sous-sol, des bassins de plusieurs milliers de mètres cubes pour stocker les eaux pluviales. C'est une course sans fin, que le réchauffement climatique et son cortège de précipitations violentes ne fait qu’aggraver. Pour rompre avec cette spirale mortifère, les élus de Crépy-en-Valois ont décidé d'innover.

Repenser l'urbanisme

Plutôt que de construire de coûteux ouvrages souterrains, ils cherchent à favoriser l'infiltration de l'eau de pluie là où elle tombe. Dans les nouveaux lotissements cela se traduit par la création de trottoirs partiellement enherbés, de noues, de places de parking perméables... C'est une nouvelle façon de penser l'urbanisme qui, parfois, permet de se passer de réseaux d'eaux pluviales. Dans l'habitat ancien c'est évidemment plus difficile.

Limiter les rejets d’eau dans le réseau d’assainissement

La règle de base adoptée à Crépy-en-Valois est qu'il n'est pas possible d’augmenter le volume des rejets d'eau dans le réseau. Lorsqu'un particulier dépose un permis de construire pour une extension, telle qu'une véranda, une terrasse ou une descente de parking, qui va conduire à augmenter la surface imperméabilisée, il doit dans le même temps démontrer qu'il va stabiliser ses rejets. Pour cela, il peut déconnecter une gouttière du réseau, prévoir une infiltration dans son jardin ou un dispositif de stockage d'eau de pluie.

Par ailleurs, dans les opérations de reconstruction le Plan local d'urbanisme (PLU) prévoit que 30 % à 50 % de la surface du terrain soit en pleine terre. Enfin, chaque fois que des travaux sont réalisés, les services techniques étudient la façon de désimperméabiliser.

Plan de zonage pluvial

Pour formaliser l'ensemble de ces mesures, la commune de Crépy-en-Valois s'est dotée d'un plan de zonage pluvial qui, en fonction des bassins versants et des équipements existants, définit de façon précise la quantité d'eau qui peut être rejetée dans le réseau. Suivant les endroits cela va de 0,5 à 2 litres seconde à l’hectare. Ce plan, qui a été soumis à enquête publique, est aujourd'hui annexé au PLU et s'impose à tous.

Outre les économies réalisées, la commune constate les bénéfices de sa politique de gestion des eaux pluviales dans de nombreux domaines. L'infiltration à la parcelle favorise la biodiversité de telle sorte qu'en ville les arbres d’alignement perdent leurs feuilles quinze jours plus tard qu'autrefois. Dans les lotissements qui n'ont pas de réseaux d'évacuation des eaux pluviales, les feuilles des végétaux sont deux fois plus grandes qu'ailleurs.

Meilleure protection contre les inondations

Enfin, la ville est mieux protégée contre les inondations, comme en atteste le directeur des services techniques, Nicolas Inglebert : "Nous avons subi une pluie décennale dès le lendemain d'un gros orage et nous n'avons pas eu à déplorer de dommages importants. Pour nous, c'est une vraie satisfaction."

Pour autant le technicien ne minimise pas les difficultés : cette nouvelle façon de faire la ville nécessite de se départir de bien des idées toutes faites. L'engagement des élus est fondamental ainsi que le soutien de la population qui est appelée à devenir acteur du changement, par exemple en végétalisant les pas-de-porte. Les échanges de bonnes pratiques entre communes, l'implication d'associations environnementalistes et le soutien d'institutions telles que l'Agence de l'eau Seine-Normandie, concourent à créer une dynamique vertueuse qui a de beaux jours devant elle.

Contact(s)

Commune de Crépy-en-Valois

2, avenue du Général Leclerc
60800 Crépy-en-Valois
03 44 59 44 44
Nombre d'habitants : 15474

Bruno Fortier

Maire

Nicolas Inglebert

Directeur des services techniques
nicolas.inglebert@crepyenvalois.fr
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