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Culture : premier bilan positif pour les Micro-Folies

Le ministre de la Culture réunissait le 16 septembre à Versailles 200 élus locaux impliqués dans le déploiement des Micro-Folies, ces nouveaux "tiers-lieux" devant contribuer à lutter contre les  "zones blanches culturelles".

Le 16 septembre, le ministre de la Culture a réuni dans l'Orangerie du château de Versailles "les 200 élus qui participent, ou sont en train de participer, au déploiement des Micro-Folies sur l'ensemble du territoire". Une réunion, un an après le lancement du dispositif, qui se veut "un signal fort en direction de ce réseau culturel d'un nouveau genre". Pour Franck Riester en effet, "les Micro-Folies sont de véritables musées numériques, des espaces de création et de diffusion, d'échanges et de rencontres, une forme de tiers-lieu indispensable pour nos territoires, où la culture doit aller à la rencontre de tous les Français".

Une priorité en faveur de "l'équité territoriale"

Initiées par Françoise Nyssen, alors ministre de la Culture, les Micro-Folies sont une composante du plan d'action en faveur des territoires culturels prioritaires "Culture près de chez vous", lancé au printemps 2018 avec en particulier l'opération "Catalogue des désirs" (voir nos articles ci-dessous). Celle-ci inclut aussi les manifestations itinérantes et les prêts d'œuvre par des institutions nationales. L'objectif était alors de lutter contre les "zones blanches culturelles". Malgré un budget 2019 en quasi-stagnation, le ministère de la Culture a choisi de maintenir cette priorité en faveur de "l'équité territoriale" (voir notre article ci-dessous du 25 septembre 2018).

En pratique, une Micro-Folie, présentée comme "simple à installer et peu onéreuse", peut intégrer plusieurs modules autour d'un musée numérique : un FabLab, un espace de réalité virtuelle, une scène, une bibliothèque ou ludothèque, ou encore un espace de convivialité. Elle peut s'implanter dans une structure déjà existante (médiathèque, centre culturel et social, lieu patrimonial, centre commercial...) ou être intégrée à un programme neuf. Ces Micro-Folies peuvent être installées de manière pérenne ou tourner dans plusieurs villes, en stationnant six mois dans chacune d'elles. L'État prend à sa charge, à hauteur de 15.000 euros, une partie des frais d'installation d'une Micro-Folie dans une commune. Outre le ministère, ce dispositif est soutenue par douze grandes institutions culturelles (*), dont onze parisiennes.

Objectif : mille Micro-Folies

En 2018, lors du lancement du dispositif, il était envisagé le déploiement de 200 Micro-Folies sur le territoire national. Mais, le 17 juin dernier, Franck Riester a voulu aller plus loin, en annonçant, lors de l'installation du Conseil national des tiers-lieux, un objectif plus ambitieux de déploiement de 1.000 Micro-Folies d'ici à 2022, soit 200 à 300 par an. Un cofinancement de l'État, entre le ministère de la Culture et le ministère de la Cohésion des territoires, doit assurer la création de ces 800 nouvelles Micro-Folies. L'objectif est ambitieux car, à ce jour, le ministère évoque l'existence de seulement 36 Micro-Folies. Un chiffre d'ailleurs inférieur à celui annoncé lors de la présentation du budget du ministère de la Culture et de la Communication pour 2019, qui citait 57 Micro-Folies "en voie d'installation" (voir notre article ci-dessous du 25 septembre 2018).

À noter : les Micro-Folies se développent aussi à l'international, en devenant des lieux de diffusion de la culture française et de promotion de la Francophonie. Elles s'appuient pour cela sur le réseau des centres culturels français. Le ministère cite ainsi l'Alliance française d'Abu Dhabi (Émirats Arabes Unis) – qui a entièrement réaménagé sa médiathèque afin d'accueillir un musée numérique pour faciliter l'apprentissage des langues et de renforcer le dialogue franco-émirien –, mais aussi le Caire, Pékin, Rangoun, Lima ou Ankara.

(*) Musée du Louvre, Cnac Georges-Pompidou, Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, RMN-Grand Palais, Château de Versailles, Musée Picasso, Universcience, Cité de la musique-Philharmonie de Paris, Musée d'Orsay, Opéra national de Paris, Institut du Monde Arabe et Festival d'Avignon.