Fin du cuivre : Orange promet d’associer les collectivités

Orange va soumettre très prochainement au régulateur son plan de "décommissionnement" du réseau cuivre. Un chantier majeur pour lequel l’opérateur s’est engagé à associer étroitement les collectivités.

Décommissionnement. C’est par ce vocable technocratique sans doute moins anxiogène que "arrêt" ou "démontage" qu’il convient désormais de désigner le plan visant à mettre fin à plus de 60 ans de domination du cuivre dans le domaine des télécommunications. L’opération sera menée en trois étapes successives : l’arrêt de la commercialisation des offres utilisant le cuivre, l’arrêt des services puis le démontage à proprement parler des infrastructures. Un chantier que l’opérateur historique, propriétaire du réseau cuivre, entend mener d’ici à 2030.

Soumission du plan à l’Arcep

Stéphane Richard, encore président directeur général d’Orange pour quelques semaines, a confirmé cette échéance au Trip de l’Avicca le 26 novembre. "Nous allons prochainement soumettre à l’Arcep le plan de décommissionnement du cuivre. Un plan complet, précis avec des échéances. Nous ne pourrons cependant mener à bien ce chantier sans une étroite collaboration avec les collectivités", a-t-il souligné. Une affirmation qui s’appuie sur du "vécu" car les expérimentations menées par l’opérateur, notamment à Levis-Saint-Nom dans les Yvelines (lire cet article 4 novembre), ont montré l’importance de l’implication des élus pour convaincre les derniers récalcitrants de souscrire une offre alternative au cuivre.

Arnaques et vol de cuivre

Or le cuivre, c’est l’accès au téléphone et à internet mais aussi parfois le paiement par carte chez les petits commerçants, les alarmes d’ascenseurs ou encore le fax. Autant de services qui vont devoir migrer sur la fibre ou des technologies hertziennes. Comme pour le passage de la télévision analogique à la TNT, la migration devrait générer son lot d’arnaques et d’aléas. A Levis-Saint-Nom par exemple, la presse locale avait à peine annoncé l’opération que des armoires et câbles ont été arrachés pour subtiliser le précieux métal, privant au passage quelques abonnés de service. Autant de raisons qui vont exiger une étroite collaboration entre Orange et les collectivités territoriales. Concrètement, l’opérateur devrait proposer une institutionnalisation de la concertation avec les collectivités, celle-ci portant notamment sur les délais de prévenance et le dispositif de communication.

Présence des quatre grands opérateurs

Ce chantier, Orange affirme vouloir le mener "avec méthode mais sans arrière-pensées", comprendre sans chercher à en faire une opportunité pour (re)gagner des abonnés. Un point sur lequel sera extrêmement attentif le régulateur qui a d’ores et déjà élaboré les lignes rouges de la transition. Guillaume Mellier, en charge de la fibre à l’Arcep, les a rappelées succinctement : le chantier ne pourra démarrer que dans des zones où le taux de couverture en fibre avoisine les 100% et où le nombre d’abonnements est déjà très élevé. Les quatre grands opérateurs (Bouygues Telecom, Free, Orange, SFR) devront tous être présents sur le réseau fibre local. Et les trois étapes – arrêt commercial, arrêt technique, démontage – ne pourront en aucun cas être menées conjointement, des délais stricts encadrant chacune d’entre elles.

Dossiers imbriqués

Après examen par l’Arcep, le plan d’Orange sera soumis à consultation publique. D’une manière certaine, ce plan ne pourra se suffire à lui-même, tant le cuivre est imbriqué à d’autres dossiers. Comme l’a rappelé le représentant de l’Arcep, le premier des préalables est d’améliorer significativement la qualité de service sur la fibre (notre article du 26 novembre 2021) sans laquelle la migration des abonnés ne se fera pas. "Il y a aussi le dossier du service universel" a estimé Nicolas Guérin, secrétaire général d’Orange. Car outre le fait de fournir des alternatives là où la fibre ne peut pas être déployée, le nouveau SU va proposer des offres sociales pour garantir un accès de tous aux services numériques. Orange va aussi probablement solliciter l’aide du Parlement pour obliger les derniers récalcitrants à passer à une solution alternative au cuivre. Enfin, le financement de l’opération va devoir être clarifié. Orange souhaiterait augmenter le tarif du dégroupage, ce à quoi Laurent Laganier, représentant de Free rétorque que "quand une date de péremption approche, la pratique est de faire baisser le prix". Quant à Xp fibre (groupe SFR), dont le président Lionel Recorbet fait de la couverture fibre à 100% un préalable au chantier du cuivre, il estime que les raccordements longs – y compris en zone d’initiative privée – doivent être pris en charge par l’Etat.

 

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