Thomas Beurey / Projets publics

FPT - La majorité des agents sont globalement satisfaits de leurs conditions de travail

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La société de conseil Sofaxis a sondé les agents territoriaux sur la qualité de vie. Selon le panorama qu'elle a publié en novembre 2018, la plupart des agents se sentent utiles et un tiers disent débuter leur journée en étant motivés. Mais près de 6 sur 10 jugent trop faibles les possibilités d’évolution professionnelle qui leur sont offertes.

étude sofaxis

Lorsqu'on interroge les agents territoriaux sur leurs conditions de travail, une majorité se déclarent globalement satisfaits. La société Sofaxis, spécialisée dans le conseil en matière de qualité de vie et santé au travail, s'est livrée à l'exercice. Entre 2015 et 2017, elle a soumis un questionnaire à 25.900 agents employés dans 125 collectivités territoriales. Les résultats figurent dans le panorama 2018 de la qualité de vie et de la santé des agents que la société vient de publier.
51% des agents du panel se sont déclarés satisfaits de leurs conditions de travail, tandis que 36% ont exprimé une "satisfaction moyenne" et 13% une insatisfaction. Le degré de satisfaction concernant les conditions de travail diffère peu selon les types de structures. Il varie plus significativement selon la place dans la hiérarchie (les cadres évaluent leur qualité de vie au travail à 6,3 sur 10, contre 6 sur 10 pour les autres) et selon l'âge (6,5 pour les plus jeunes dans l'emploi, contre 6 pour les plus anciens). En atteignant 6,1 sur 10, le niveau global de satisfaction des agents territoriaux est plus élevé que celui des agents des hôpitaux (5,3), que Sofaxis a mesuré dans une autre étude.

87% des agents se sentent utiles

Les agents territoriaux estiment bénéficier d'autonomie dans l'exercice de leurs fonctions (note globale de 6 sur 10) et une large majorité des agents (87%) considèrent leur travail comme utile. Par ailleurs, 73% d'entre eux pensent que "leur responsable direct prête attention à ce qu’ils disent" et 87% jugent que leurs collègues sont "amicaux" et "leur manifestent de l'intérêt". Des scores élevés, qui ne permettent pas, pourtant, de parler de la fonction publique territoriale comme d'un univers doré. En effet, 6 agents sur 10 déclarent "effectuer une quantité importante de travail, de manière intensive et à un rythme soutenu".
Les pressions psychologiques au travail existent aussi : 43% disent en avoir rencontré au cours des 6 derniers mois. Autre problème pointé par 58% des agents : l'insuffisance, voire l'absence de possibilités d'évolutions professionnelles. Les troubles psychosociaux sont aussi présents dans les collectivités territoriales : un quart des agents affirment qu'au cours des six derniers mois, ils ont commencé leur journée en se sentant stressés, la même proportion dit s'être sentis "découragés", tandis qu'un cinquième parlent d'"épuisement".

La réforme territoriale, source d'inquiétude

Pour 41% des agents, la qualité de vie au travail, telle qu'ils l'évaluent, s'est détériorée dans les 6 mois précédant l'enquête. Il faut souligner que ces travaux ont été menés au moment de la mise en œuvre de la réforme territoriale. Cette dernière a, en particulier, mis en chantier de nouvelles régions et intercommunalités. De tels chamboulements ont généré un sentiment d'"insécurité" chez une partie significative des personnels, lequel a parfois été amplifié par une communication institutionnelle "floue et inadéquate", selon le panorama. En atteste l'affirmation par 42% des agents interrogés de "ne pas être informés sur la vie et les projets de leur structure". Une étude de l'observatoire social territorial de la Mutuelle nationale territoriale (MNT), réalisée fin 2016 à partir d'entretiens avec 28 agents employés par des intercommunalités concernées par la réforme territoriale, avait déjà dressé ce constat.
Selon Sofaxis, les pressions psychologiques, les tensions vécues par les agents, une communication de mauvaise qualité, ou encore le fait d’être fréquemment interrompu dans son travail peuvent entraîner une hausse du nombre d’agents absents. Selon une étude que la société a menée sur un échantillon de 426.220 agents répartis dans 16.245 collectivités territoriales, les absences pour raisons de santé des fonctionnaires dans les collectivités territoriales ont poursuivi l'an dernier leur poussée : le taux d'absentéisme s'est élevé à 9,8% en 2017, en hausse de 0,3 point sur un an. Hors congé maternité, le taux d'absentéisme s'est établi à 9,2%. Autrement dit, 9,2 agents ont été absents tout au long de l'année pour 100 employés.

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