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L'éducation, précurseur de la fusion entre les Hauts-de-Seine et les Yvelines

Publié le
par
Jean Damien Lesay pour Localtis
dans

Jeunesse, éducation et formation

Organisation territoriale, élus et institutions

Yvelines

Hauts-de-Seine

Alors que les Hauts-de-Seine et les Yvelines ont entamé un processus de fusion, leurs directions de l'éducation viennent de se rassembler en une seule entité. Une politique interdépartementale qui se décline déjà à travers des projets concrets

Au mois de juin 2017, les conseils départementaux des Hauts-de-Seine, d'une part, et des Yvelines, d'autre part, adoptaient une délibération commune demandant à l'État la fusion des deux collectivités. Si à ce jour le gouvernement n'a pas encore donné son feu vert à la fusion, sur le terrain, les choses avancent doucement. Pour preuve : deux directions interdépartementales ont été créées à l'été 2019.

"Les deux présidents ont souhaité entamer le rapprochement entre les deux départements de façon souple, en attendant une fusion formelle, à travers la création de deux directions unifiées au niveau interdépartemental : l'éducation et les bâtiments. Ces deux directions sont donc précurseurs de la fusion", explique Émile Blaison, directeur de l'éducation des Yvelines et désormais chargé de la politique éducative pour les deux collectivités sous la tutelle d'un directeur général adjoint interdépartemental chargé de l'éducation et des bâtiments.

Bien évidemment, ce n'est pas un hasard si les directions de l'éducation et des bâtiments ont été choisies pour préfigurer la fusion. Selon Émile Blaison, "cela traduit tout d'abord l'importance donnée par les deux présidents à la thématique de l'éducation et réaffirmée à plusieurs reprises, ainsi que leur volonté de faire de l'éducation un symbole de ce que l'interdépartementalité peut apporter. Cela a également été une question d'opportunité, de maturité au niveau des équipes. Enfin, nous avons entamé cette démarche car entre 70 et 80% du patrimoine bâti des deux départements sont constitués par les collèges. Il y avait donc un sens à fusionner ces deux directions au même moment".

Copier les bonnes pratiques

La mise en route de la fusion se veut avant tout pragmatique. La méthode consiste d'abord à regarder ce qui est fait de part et d'autre et à copier les bonnes pratiques. Car si les deux directions départementales avaient bien entendu des compétences identiques, un certain nombre de dispositifs n'étaient pas totalement "en ligne." "Certes nous aurions pu copier sans fusionner, mais nous aurions alors perdu tout le retour d'expérience, confie Émile Blaison. Là, nous sommes vraiment sur du pilotage mutualisé. Nous optimisons également nos procédures, nos méthodes. Et d'un point de vue financier, à partir du moment où nous portons les projets à deux, et même si aujourd'hui il y a encore deux budgets complètement séparés, nous réalisons des économies d'échelle."

Une des tâches de la toute nouvelle direction interdépartementale va donc consister à faire des propositions aux présidents pour harmoniser la politique publique de l'éducation. "Mais harmonisation ne veut pas dire que l'on va faire partout la même chose, avertit Émile Blaison. Il s'agit plutôt faire des choses intelligentes en fonction des territoires, de coller aux réalités locales."

"Notre réflexion porte sur la qualité du service que nous pouvons apporter à nos collégiens, sur le niveau de prestations nous voulons pour les collèges. Nous avons vraiment une porte d'entrée à travers les politiques publiques", plaide Émile Blaison, qui reconnaît toutefois qu'à terme, la fusion va certainement entraîner une rationalisation ou une réallocation en termes de ressources humaines. Et pour pouvoir réaliser le travail d'analyse nécessaire et formuler des propositions plus concrètes, la direction fusionnée est accompagnée par un cabinet spécialisé.

Un processus long

Pour l'heure, la fusion consiste à unifier l'encadrement des deux directions de façon à pouvoir travailler "plus concrètement" sur les politiques publiques. Et les équipes "déjà assez fortement intégrées et mutualisées", interviennent désormais indifféremment dans l'un ou l'autre des deux départements sur plusieurs projets qui étaient déjà "dans les tuyaux".

Ainsi, le dispositif Pass+, une carte prépayée qui permet aux collégiens d'accéder à des services sportifs et culturels existant dans les Hauts-de-Seine, s'étend désormais aux Yvelines et sera piloté par la même personne pour les deux départements. À travers l'opération "5.000 collégiens à Versailles", ce sont les collégiens des deux départements qui profitent du patrimoine historique du territoire. En matière de numérique, un défi interdépartementalisé a été lancé. D'autres projets sont en gestation autour des internats, des partenariats avec les universités ou de la formation professionnelle. "C'est vraiment le projet éducatif qui prime dans notre démarche", pointe Émile Blaison.

Pour le nouveau directeur interdépartemental de l'éducation, le processus sera toutefois long. "Nous sommes au tout début. Quand on regarde comment cela s'est passé avec les régions qui ont fusionné, on se rend compte que cela a mis du temps avant d'être complètement abouti", assure-t-il. Mais il faudra aussi compter sur la volonté du gouvernement de faire aboutir, ou non, cette fusion.

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