Michel Tendil

Les villes moyennes se mobilisent pour les 227 magasins Carrefour amenés à fermer

Cohésion des territoires

Développement économique

L’association Villes de France a demandé, lundi 11 juin, à rencontrer les dirigeants du groupe Carrefour, alors que celui-ci s’apprête à fermer d’ici l’été, 227 de ses magasins, faute de repreneur. "A l’heure de la mise en place d’un programme de revitalisation des cœurs de villes" (qui concerne les centres de 222 villes moyennes), l’association s’alarme, dans un communiqué, "des graves conséquences du plan de restructuration récemment annoncé par le groupe Carrefour".
Confronté au bouleversement du secteur de la distribution et à l’essor du e-commerce, le groupe avait annoncé le 23 janvier un important projet de transformation baptisé "Carrefour 2022" reposant sur un investissement de 2,8 milliards d’euros dans sa transformation digitale auquel s’ajoutent un plan de départ volontaire de 2.400 salariés et un plan de restructuration de ses magasins les moins rentables. Sur les 273 magasins que le groupe a ainsi l’intention de céder, 227 n’ont depuis pas trouvé repreneur. Il s’agit pour la plupart d’anciens magasins Dia rachetés en 2014 reconvertis en Carrefour Contact (en périphérie) ou Carrefour City, très concentrés dans le nord et l’est du pays. Sur la liste figure d’ailleurs un magasin Carrefour de Beauvais (Oise), la ville de la présidente de l’association Caroline Cayeux qui s’est entretenue du sujet avec le gouvernement la semaine dernière.
Le plan de sauvegarde de l’emploi signé avec les syndicats prévoit que chacun des salariés concernés par ces fermetures doit se voir proposer "trois offres valables d’emploi, dont au moins deux au sein du groupe Carrefour, le plus proche possible de leur domicile", avait indiqué le groupe au mois d’avril. "Ils bénéficieront par ailleurs d’un accompagnement renforcé et individualisé dans les espaces emploi répartis dans toute la France." 

Crise profonde des villes

Depuis, le flou règne autant chez les salariés que chez les maires. "Concernée par la situation humaine des 2.100 salariés concernés par cette réorganisation, Villes de France déplore la disparition d’un service de commerce de proximité essentiel à la cohésion sociale, extrêmement apprécié et utile pour la population des centres-villes", souligne le communiqué. Pour l’association, "cette décision est une illustration de la crise profonde que traversent les villes, et renforce le sentiment de relégation que vivent les populations de nos territoires". Le sujet sera au cœur du congrès de Villes de France, les 14 et 15 juin à Cognac, avec la participation du ministre de la Cohésion des territoires et du Premier ministre Edouard Philippe.
Signe des temps, Carrefour annonçait, lundi, avoir passé une alliance avec Google "pour imaginer de nouveaux modèles de distribution et expériences d’achat pour les consommateurs français". Cette nouvelle offre d’achats en ligne, notamment dans l’alimentaire, devrait être opérationnelle début 2019. L’objectif : contrer la concurrence de plus en plus féroce d’Amazon. C’est "la première fois que Google s’engage avec un distributeur pour développer une offre de e-commerce alimentaire en Europe", s’est félicité Alexandre Bombard, le PDG du groupe. Parmi les conditions de l'accord : les 160.000 collaborateurs de Carrefour utiliseront désormais les outils bureautiques de Google...

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