Les violences touchent d’abord les femmes en général, et les étudiants de grandes agglomérations en particulier

Une enquête du service statistique ministériel de la sécurité intérieure conduite en 2021 confirme que les femmes sont surreprésentées parmi les victimes de violences de moins de 15 ans ou de violences commises par partenaire. Les hommes sont eux davantage représentés chez les victimes de plus de 15 ans de violences physiques commises par un non-partenaire. Les étudiants habitant dans une grande agglomération sont surreprésentés parmi les victimes par non-partenaire. Si les victimes ont plutôt tendance à se confier, elles le font peu auprès des services médico-sociaux ou des forces de l’ordre.

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure vient de publier les premiers résultats de sa toute première enquête statistique "Genèse", conduite en 2021 auprès d’un échantillon de 169.060 habitants de la métropole âgés de 18 à 74 ans au 1er janvier 2021, dans lequel les femmes étaient surreprésentées (70/30). Elle s’articule autour de trois familles de violences : celles subies dans l’enfance ; celles commises au sein du couple et enfin celles subies après l’âge de 15 ans de la part d’un "non-partenaire".

Violences avant 15 ans : famille, je vous hais

Les violences subies avant 15 ans sont avant tout intrafamiliales. Plus d’1 femme interrogée sur 5 et près d’1 homme interrogé sur 6 ont déclaré avoir subi une violence (psychologique, physique ou sexuelle) intrafamiliale avant l’âge de 15 ans, alors que le ratio n’est "que" d’1 sur 10 (pour les femmes), et même d’1 sur 25 (pour les hommes) s’agissant des violences (psychologiques ou sexuelles seulement cette fois) dans l’enfance commises en dehors de la famille.

S’agissant des violences intrafamiliales, elles commencent très souvent à de très jeunes âges et se caractérisent par leur durée et leur répétition. En cas de violences physiques ou psychologiques parentales, le père est le plus souvent mentionné. Et un autre membre de la famille est plus souvent cité en cas de violences sexuelles.

S’agissant des violences hors cadre familial, elles s’exercent autant (voire plus pour le harcèlement) à la pré-adolescence que dans la petite enfance. Elles sont le plus souvent des faits uniques. Dans tous les cas, les femmes sont surexposées.

Violences par partenaire : d’abord psychologiques

Plus d’1 femme sur 4 et 1 homme sur 5 déclarent avoir subi au moins une fois depuis l’âge de 15 ans des violences psychologiques par partenaire. L’enquête souligne que "les violences physiques ou sexuelles sont plus rares". Surtout chez les hommes (1 sur 18), alors que le taux reste très important pour les femmes (1 sur 6) ! En outre, l’enquête montre que ces dernières "cumulent une plus grande diversité de situations violentes, rapportent plus fréquemment les types de violences potentiellement les plus graves et subissent des faits sur des durées plus élevées que les hommes". 19% des femmes victimes indiquent ainsi que les violences psychologiques par partenaire se répètent "tout le temps", "tous les jours" ou "au moins une fois par semaine". L’enquête révèle par ailleurs que dans environ 8 cas sur 10, les premiers faits de violences physiques ou sexuelles répétées par son ex-partenaire sont antérieurs à la séparation.

Violences par non-partenaire : les hommes davantage concernés

20% des hommes et 15% des femmes interrogés ont déclaré avoir subi au moins une fois depuis l’âge de 15 ans des violences physiques commises par un non-partenaire (les femmes mettant plus souvent en cause une personne du cercle familial que les hommes). Les hommes rapportent deux fois plus souvent que les femmes avoir subi au moins une fois des coups ou des violences avec arme ou sous la menace d’une arme. Mais les femmes restent de loin beaucoup plus touchées par les violences sexuelles (17%, contre 3% chez les hommes). Les attouchements sexuels sont prépondérants parmi ces dernières. Les violences par non-partenaire sont le plus souvent des faits "isolés" (mais plus d’1 victime sur 5 rapporte des "faits isolés multiples"). Les violences répétées sont plus fréquentes quand elles sont subies au moins une fois dans la sphère intrafamiliale.

Par ailleurs, homme ou femme, l’enquête indique que le jeune étudiant habitant une grande agglomération est très fortement surreprésenté parmi les victimes de ces violences, physiques ou sexuelles, par non-partenaire. Plus de 50% des victimes sont âgées de 18 à 29 ans alors qu’ils représentent moins de 20% de l’ensemble des 18-74 ans ; un quart des victimes de violences physiques par non-partenaire sont des étudiants alors qu’ils ne représentent que 6% de la population ; près de deux tiers des victimes de violences physiques par non-partenaire vivent dans une agglomération d’au moins 100.000 habitants. Enfin, l’enquête pointe que les descendantes d’immigrés sont également surreprésentées parmi les victimes.

La famille, premier réceptacle de la parole

Dans tous les cas, l’enquête montre que les victimes se confessent peu aux services sociaux ou de sécurité. Contrairement à une idée reçue, la majorité des victimes de violences sexuelles (intrafamiliales ou non) subies avant l’âge de 15 ans en ont parlé, particulièrement les femmes, et ce, y compris quand la violence s’exerce au sein de la famille. Les victimes se confessent d’abord à un membre de la famille ou un proche (44% des victimes), bien plus qu’aux services sociaux (8%), à la police ou à la gendarmerie (8%) ou à l’école (5%). Le constat est peu ou prou identique pour les victimes de violences physiques ou sexuelles par partenaire (les femmes se confient davantage – plus des deux tiers d’entre elles – que les hommes, mais plutôt auprès d’un proche que de services médico-sociaux ou de forces de sécurité).

 

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