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Agences d'attractivité : leur progression se poursuit

29 agences d'attractivité existent actuellement en France. Leur nombre est en augmentation. Dans une étude publiée durant l'été, le Cner - la fédération des agences d'attractivité, de développement et d'innovation - se penche sur leurs caractéristiques. Et constate la diversité de leurs initiateurs (régions, départements, intercos), la mixité de leurs cibles, l'élargissement de leurs missions avec une porosité entre attractivité économique et attractivité touristique de marketing... et une dynamique particulière sur le littoral.

Au 1er janvier 2020, on compte en France 29 agences d'attractivité en France. Elles n’étaient que 9 au 1er janvier 2017, ou 20 au 1er janvier 2018. Le Cner, la fédération des agences d'attractivité, de développement, et d'innovation, a publié durant l'été 2020 une étude sur leur émergence et leurs caractéristiques. Cette étude confirme les tendances pressenties par la fédération (voir notre article du 15 juillet 2019) concernant les missions et l'étendue des tâches de ces agences de développement économique nouvelle formule : des démarches de marketing territorial, pouvant passer par le portage de marques territoriales, et une mixité des cibles, allant des entreprises aux habitants en passant par les professionnels, les touristes d'agrément ou encore les touristes d'affaires. "Ainsi, une agence d'attractivité apparaît comme une structure qui appuie le marketing de son territoire en intervenant à la fois dans l'attractivité productive et dans l'attractivité résidentielle", précise l'étude.

Ces agences, de plus en plus nombreuses, sont aussi de plus en plus diversifiées. En termes d'échelon, d'abord, car elles sont créées autant par des régions que par des départements, des métropoles ou des intercommunalités. Mais aussi en termes de contexte territorial, certaines d'entre elles étant créées pour renforcer l'attractivité d'une capitale régionale quand d'autres sont chargées de la promotion d'une destination touristique, et d'autres encore de valoriser un territoire rural…

Autre caractéristique : la majorité de ces agences se situe dans la moitié ouest de la France et à proximité des territoires littoraux. Le Cner ne tranche pas pour expliquer ce phénomène : tendance au "littoralisme" et à l'héliotropisme dans l'organisation du développement des territoires, conséquences d'une volonté politique plus forte dans ces territoires... ou un simple hasard géographique. 

De plus en plus d’acteurs touristiques qui décident d'élargir leurs missions

Le Cner ne considère pas ce développement rapide des agences d'attractivité comme un moyen de détourner les lois Notr et Maptam, qui réservent théoriquement aux régions et métropoles la possibilité de financer des actions de développement économique, la compétence relative au développement économique. "Il s'agit de plus en plus d'acteurs touristiques qui décident d'élargir leurs missions, là où au départ on avait plutôt affaire à des acteurs du développement économique faisant évoluer leur champ d’action", explique à Localtis Clémence Binet, responsable des études du Cner.

Exemple de ce phénomène d'élargissement des missions des acteurs touristiques : le comité départemental du tourisme de la Manche devenu agence d'attractivité de la Manche, Latitude Manche en 2017, pour attirer de nouveaux visiteurs, influenceurs, talents et médecins sur le territoire.

Au-delà de ces deux dynamiques (création d'agences d'attractivité ex nihilo et élargissement des missions d'organismes de promotion de la destination à l'attractivité), l'étude mentionne deux autres évolutions favorables à l'émergence des agences d'attractivité : les fusions entre agences de développement économique et organismes de promotion de la destination (offices de tourisme, comme "Toulouse a tout", comité départemental, comme Vaucluse Provence Attractivité, ou comité régional du tourisme, comme l'agence d'attractivité de l'Alsace) et le repositionnement d'agences de développement économique qui font évoluer leur objet et leur nom pour y intégrer la mention, voire la dimension "attractivité" , comme Aveyron Expansion devenant Aveyron Ambition Attractivité.

Des agences d'attractivité positionnées à la fois sur l'économie et le tourisme

L'étude mentionne ainsi les métiers-types de ces agences d'attractivité : l'attractivité et le développement économique (les métiers historiques des agences de développement), l'attractivité et le développement touristique (des métiers hérités des acteurs du tourisme)... et les deux mélangés. "La plupart des structures portant l'appellation sont positionnées à la fois sur l'économie et le tourisme", résume le document. Certaines d'entre elles y ajoutent l'animation et l'ingénierie territoriales. Il s'agit alors de mener des actions très concrètes en matière d'attractivité et de développement économiques et/ou touristiques, avec des expertises techniques visant à soutenir les acteurs publics et/ou privés dans des problématiques telles que le financement, l'innovation ou les infrastructures. "Ce type de positionnement concerne en premier lieu les structures intercommunales et départementales", indique l'étude, citant l'exemple de l'agence d'attractivité et de développement de Redon Agglomération, qui a notamment en charge la mise en place d'un observatoire de territoire, la coordination et l'animation d'une stratégie territoriale de l'emploi et l'ingénierie de projets mutualisés.

Budget et impact des agences d'attractivité, de développement économique et d'innovation

Dans une étude publiée en septembre 2020, le Cner, la fédération des agences d'attractivité, de développement, et d'innovation, détaille les budgets et l'impact des agences de son réseau. Côté budget, le montant moyen des agences atteint 3,6 millions d'euros en 2019, contre 3,5 millions en 2018, avec une fourchette haute (9,8 millions) pour les agences régionales, et une fourchette basse (1 million) pour les agences intercommunales. Le budget moyen des agences spécifiquement appelées attractivité atteint quant à lui 3,4 millions.
Majoritairement financées par les collectivités territoriales et leurs groupements (83%), elles disposent aussi de soutien financier de la part des entreprises (50% sont ainsi financées, à hauteur de 5% en moyenne), les chambres consulaires (42% des agences à hauteur de 12,5% en moyenne), l'Europe (28% des agences à hauteur de 13%) et l'Etat (14% des agences à hauteur de 2,5%). Les agences comptent en moyenne 24 équivalents temps plein (ETP), contre 26 en 2018, et 49 en moyenne pour les agences régionales.
En matière de résultats, l'étude distingue les résultats exogènes, correspondant aux premières implantations des entreprises sur le territoire, et les résultats endogènes, correspondant aux projets de développement et/ou d'extension des entreprises déjà implantées sur le territoire. Sur le dernier axe, les agences ont abouti en moyenne 70 projets en 2019, sur 143 projets traités. Elles ont annoncé en moyenne 802 emplois endogènes en 2019. "Les projets endogènes aboutis par les agences en 2019 ont permis en moyenne le maintien ou la création de 8,5 emplois en moyenne", précise l'étude.
Côté résultats exogènes, les agences ont abouti en moyenne 38 projets sur 196 traités et annoncent en moyenne 1.043 emplois exogènes en 2019 (en moyenne, maintien ou création de 23 emplois par projet). A noter également que 54% des projets exogènes aboutis étaient étrangers, et 48% des emplois exogènes annoncés étaient aussi étrangers.

 

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