Thomas Beurey / Projets publics

Finances locales - Paris et le comptable public installent un service facturier d'une taille inédite

La ville de Paris a été la première collectivité à signer avec le comptable public une convention pour la mise en place d'un centre de traitement et de paiement unique des factures en provenance des fournisseurs. Ce service facturier, le plus important du secteur public par sa taille, fonctionne depuis le mois dernier.
 

Un service commun à la ville de Paris et à la direction régionale des finances publiques (DRFIP) d'Ile-de-France, traitant et payant les factures que lui adressent les fournisseurs de la collectivité, est entré en fonction le mois dernier.
Avec ses 175 agents (une trentaine de la DRFIP et plus de 140 de la collectivité parisienne), ce service facturier (Sfact), l'un des tout premiers du secteur public local, dépasse par sa taille les services de ce type déjà mis en place par les ministères et l'AP-HP : il est appelé à traiter 300.000 à 400.000 factures et à effectuer quelque 600.000 paiements par an.
Sous l'autorité d'une responsable issue de la DRFIP et d'une adjointe employée par la capitale, les agents des deux administrations traitent aujourd'hui, ensemble, toutes les tâches qui auparavant leur incombaient séparément. Leur appartenance à une même équipe sera renforcée début 2018 par leur emménagement dans les nouveaux locaux de la direction des finances et des achats de la ville. "Nos deux cultures vont se marier, explique François Desgardin, sous-directeur de la comptabilité à la mairie de Paris. Pour autant, juridiquement, ajoute-t-il, la séparation entre l'ordonnateur et le comptable ne sera pas supprimée."

Des contrôles plus efficaces

Une amélioration de la qualité et de l'efficacité du service est attendue. "Un certain nombre des contrôles effectués par la collectivité et le comptable public étaient redondants", indique Guillaume Robert, directeur des finances et des achats de la ville. Ces défauts vont laisser place à un contrôle plus performant. Par ailleurs, le Sfact "ne se contentera pas de vérifier la régularité des factures", souligne son collaborateur en charge de la comptabilité. Fruits de la volonté de la municipalité de soutenir les entreprises, en particulier les plus petites, les efforts déjà mis en oeuvre pour traiter "le plus rapidement possible" les factures vont se poursuivre. Ils ont permis à la collectivité d'atteindre un délai global de paiement de 20 jours qu'elle compte bien encore réduire, si elle le peut. Concrètement, une cellule spécialisée au sein du Sfact aura, par exemple, pour mission de débloquer les situations les plus compliquées et de traiter les factures les plus complexes. "Les travaux préalables, de grande qualité, qui ont abouti en juillet 2017 à une convention entre nos deux administrations et à laquelle s'est jointe la métropole du Grand Paris, ont permis de nous situer clairement dans cette optique de travail", se réjouit Guillaume Robert.
Autre point positif pour la ville : l'installation et la montée en charge du Sfact favoriseront la mise en œuvre de la certification des comptes, démarche qu'elle expérimente avec 24 autres collectivités et groupements de l'Hexagone et de l'outre-mer.

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