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Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis

Plan pauvreté : une circulaire précise le déploiement des points accueil écoute jeunes

Social

Jeunesse, éducation et formation

Santé, médico-social, vieillissement

France

Le plan pauvreté vient donner une plus grande visibilité aux points accueil écoute jeunes (PAEJ) mis en place dans le cadre du plan de cohésion sociale. Une instruction vient de fixer les objectifs à court et moyen termes.

Une instruction du 18 avril 2019 émanant du ministère des Solidarités et de la Santé (direction générale de cohésion sociale) précise les orientations stratégiques et les principes de gestion 2019 des points accueil écoute jeunes (PAEJ). Ces structures ont été mises en place à l'occasion d'un plan triennal 2005-2007 de création de 300 PAEJ, dans le cadre du plan de cohésion sociale. Selon la définition donnée par la circulaire, les PAEJ sont des "lieux de proximité, inconditionnels et réactifs, qui offrent un service d'accueil, d'écoute, de soutien, d'orientation, de sensibilisation, et de médiation auprès des jeunes de 12 à 25 ans qui rencontrent une situation de mal-être". Ils "assurent une prévention aux situations de rupture qui peuvent toucher certains jeunes".

Des "acteurs incontournables"

Quelque peu marginalisés, les PAEJ retrouvent une plus grande visibilité avec la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté 2019-2022, qui les inscrit "parmi les acteurs incontournables de l'accompagnement des jeunes et de la famille". A ce titre, ils bénéficient d'une enveloppe supplémentaire de l'État de 4 millions d'euros par an "pour leur permettre de conforter leurs missions : repérage des difficultés des jeunes, prévention du décrochage scolaire, accompagnement des jeunes les plus en difficulté vers une insertion sociale au sens large".

Dans cette optique, la note précise les objectifs stratégiques à court et moyen termes. A court terme, la priorité consiste à consolider les structures existantes et répondant à un besoin sur le territoire. Le financement sera donc opéré sur la base de trois composantes : un socle de financement calculé sur la base de 90% des financements 2018 (soit 4,3 millions d'euros), des moyens supplémentaires (3,1 millions) pour "le renforcement des PAEJ en difficulté" présentant un risque de fermeture (enveloppe supplémentaire de 25.000 à 32.500 euros par structure concernée) et des moyens supplémentaires (1,4 million) répartis sur critères sociodémographiques comme le nombre de jeunes de moins de 25 ans et le taux de pauvreté.

Une maillage national s'appuyant sur les structures existantes

A moyen terme - autrement dit à l'horizon 2022 -, l'objectif "est de permettre, grâce aux moyens supplémentaires apportés dans le cadre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, de développer l'activité des PAEJ dans des zones non couvertes actuellement et dans lesquelles les besoins sont identifiés par les acteurs du territoire". Pour assurer ce renforcement du maillage territorial, il convient notamment que les projets à financer "reposent sur un diagnostic multi-partenarial et bénéficient du soutien et de l'engagement financier d'autres partenaires du territoire".

Il convient également que le développement de l'activité d'un PAEJ s'appuie, si possible, sur des structures déjà existantes, par exemple sous la forme d'une nouvelle antenne d'un PAEJ existant ou de l'adossement d'un PAEJ à des structures en lien avec les jeunes : maisons des adolescents (MDA), missions locales, centres sociaux, services de prévention spécialisée...

Une gouvernance renforcée

L'instruction ministérielle appelle également à un renforcement de la gouvernance des PAEJ, par exemple à travers l'activation du comité de pilotage départemental des PAEJ, la création d'une fonction dédiée de coordination régionale de ces structures au sein du réseau, ou encore une meilleure visibilité des PAEJ dans les instances de pilotage de l'offre de service auprès des jeunes (comités départementaux des services aux familles, schémas régionaux de santé, protocoles de prévention en protection de l'enfance, programmes de réussite éducative...).

Enfin, la circulaire insiste sur la nécessité de mesurer l'activité des PAEJ de façon homogène sur l'ensemble du territoire national. Une convention type État-PAEJ, présentée en annexe de la circulaire et élaborée par le comité de pilotage national, prévoit ainsi une série d'indicateurs permettant d'homogénéiser la mesure de l'activité. De même, l'État va renforcer, via une convention pluriannuelle, son partenariat avec l'association nationale des points d'accueil et d'écoute jeunes (ANPAEJ). Celle-ci développera notamment des outils nationaux de suivi à destination des structures, "afin qu'elles soient toutes en capacité de produire les indicateurs d'activité demandés dans cette convention-type".

Références : ministère des Solidarités et de la Santé, direction générale de la cohésion sociale, instruction n°DGCS/SD2B/2019/93 du 18 avril 2019 relative aux orientations stratégiques et principes de gestion 2019 des points accueil écoute jeunes (PAEJ) (mise en ligne le 30 avril 2019).

 

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