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Transports du quotidien : les acteurs de la mobilité réclament un plan de relance

Le Groupement des autorités organisatrices de transport (Gart), Régions de France, la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), le think-tank TDIE et la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) ont rendu publique ce 10 juillet la lettre qu'ils ont adressée à Jean Castex pour que le gouvernement mette en oeuvre "un grand plan de relance au bénéfice des transports du quotidien", dont les finances ont été mises à mal par la crise du coronavirus.

A l'origine de l'organisation des Etats généraux de la mobilité, en 2016, le Groupement des autorités organisatrices de transport (Gart), Régions de France, la Fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV), l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP), le think-tank TDIE et la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) ont rendu publique ce 10 juillet la lettre commune qu'ils ont adressée à Jean Castex en début de semaine. Ils alertent le nouveau Premier ministre sur "la nécessité de concevoir et mettre en œuvre un grand plan de relance au bénéfice des transports du quotidien".

Un trou financier de "presque 5 milliards d'euros"

 "Les ressources, fiscales et commerciales, des transports publics ont été gravement impactées par la crise sanitaire", écrivent ces acteurs. "Aujourd'hui, ce sont presque 5 milliards d'euros (et autant pour la filière ferroviaire) qui vont manquer au financement des transports du quotidien, soit 18,5% des 27 milliards d'euros annuels consacrés par les collectivités au financement des transports du quotidien", avancent-ils. Fin mai, dans le courrier qu'il avait adressé  à Emmanuel Macron, le Gart estimait déjà ce trou financier à 4 milliards d'euros.
"A l’instar des soutiens prévus pour l’industrie automobile et l’aéronautique, nous demandons un véritable engagement du Gouvernement au service de la relance de notre secteur", insistent les signataires, arguant que leur secteur représente 400.000 emplois directs et indirects et apporte un "service indispensable à tous les Français : salariés, étudiants, élèves comme personnes sans permis ou à mobilité réduite...". "Cela est d’autant plus important qu’en cohérence avec sa politique du Green deal, la Commission européenne est favorable à un soutien de notre secteur, ajoutent-ils. Les plans de relance adoptés par la France et l’Union européenne doivent être concordants pour soutenir les transports publics. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, ont déjà décidé de soutenir leurs transports publics. Il ne serait dès lors pas compréhensible que les transports publics ne figurent pas dans le plan de relance de la France, ce qui compromettrait en outre la possibilité pour notre secteur de bénéficier de fonds européens."

Promesse de soutien de l'Etat

"L'Etat ne laissera pas tomber tous ceux qui font du transport en commun, qui est la base aussi de la transition écologique, donc oui on va les soutenir, oui on va faire un grand plan de relance pour le ferroviaire, oui on va aider tous ceux qui prennent les transports en commun et on va faire en sorte qu'ils n'aient pas à payer les conséquences de la crise", a assuré la nouvelle ministre de la Transition écologique Barbara Pompili ce 9 juillet sur Franceinfo. Le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari "est en train de travailler dessus", selon elle.
Le confinement pendant près de deux mois et les mesures de distanciation ont fait plonger le trafic et donc les recettes des opérateurs de transports publics. La crise du covid-19 devrait ainsi coûter à elle seule près de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires à la SNCF, selon le PDG de l'entreprise Jean-Pierre Farandou, qui a appelé l'Etat à l'aide. Plusieurs ministres ont indiqué ces dernières semaines que la compagnie ferroviaire serait soutenue par la puissance publique. "Evidemment on veut que la SNCF puisse continuer à pouvoir proposer des offres de train à des prix abordables par tous et qu'on continue la modernisation du réseau qui est indispensable", avait ainsi affirmé mi-juin Elisabeth Borne, qui a précédé Barbara Pompili à la Transition écologique. Le groupe RATP s'attend de son côté à perdre 380 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020 en raison de la crise sanitaire et de ses conséquences.
Ce 8 juillet, Ile-de-France Mobilités (IDFM) a décidé de ne plus payer la RATP et la SNCF qui font circuler trains, métros, trams et bus dans la région jusqu'à ce que l'Etat compense les pertes de recettes dues à la crise du coronavirus (lire notre article). Au risque de fragiliser un peu plus les entreprises. IDFM évalue le trou dans ses finances à 2,6 milliards d'euros.  Les acteurs du fret ferroviaire poussent eux aussi à un plan de relance visant à doubler la part du rail dans les transports de marchandises d'ici 2030 et appellent l'Etat à soutenir massivement le secteur au nom de l'urgence climatique.
 

 

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