Jean-Noël Escudié / PCA

Enfance - Un plan 2017-2019 pour lutter contre les violences faites aux enfants

Social

Laurence Rossignol a présenté, le 1er mars, le plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants 2017-2019. La ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes a également lancé, pour l'occasion, une campagne d'information destinée à sensibiliser le grand public à la question de la maltraitance et à l'importance du signalement. Le plan ne comporte pas de mesure phare - comme le fut la création du 119 en 1989 - mais regroupe un ensemble de dispositions visant à améliorer le dispositif actuel et à renforcer son efficacité dans la prévention et la détection des maltraitances.

Mieux comprendre pour mieux agir

Le plan 2017-2019 rappelle que "la famille est aussi le premier lieu dans lequel s'exercent les violences. Ce plan se concentre donc sur les violences intrafamiliales de toutes natures (physiques, psychologiques, sexuelles et les négligences)". Pour cela, il comprend quatre grands axes d'intervention. Le premier concerne l'amélioration de la connaissance et de la compréhension des mécanismes des violences. A ce titre, il prévoit notamment une amélioration du recensement des morts d'enfants par violences intrafamiliales - curieusement, ce recensement n'existe pas aujourd'hui - et une systématisation des "examens post-mortem" en cas de mort inattendue de nourrissons. Pour leur part, les observatoires départementaux de la protection de l'enfance se verront confier un travail d'analyse systématique des conditions ayant conduit à la mort d'un enfant.
Second axe du plan : sensibiliser et prévenir. Certaines mesures annoncées à ce titre sont de portée très générale, sans traduction très concrète dans le plan, comme la promotion d'une éducation sans violence et le soutien aux familles dans l'exercice de leur parentalité, ou encore la volonté de prévenir l'exposition des mineurs à la pornographie. D'autres sont plus immédiatement opérationnelles, à l'image des actions de sensibilisation de l'opinion, de la diffusion d'outils sur la prévention des violences sexuelles (pour les parents comme pour les enfants) ou de la sensibilisation des parents et des professionnels au syndrome du bébé secoué.

Former et accompagner

Le troisième axe du plan consiste à former pour mieux repérer. Il vise les professionnels au contact de l'enfance, en particulier dans les crèches, les écoles ou les hôpitaux. Dans ces derniers, le plan prévoit la mise en place de médecins référents sur les violences faites aux enfants. Il envisage aussi de former l'ensemble des professionnels à la détection et aux conduites à tenir devant de telles situations, mais aussi de former les professionnel concernés à la prise en compte de l'impact, sur les enfants, des violences au sein du couple. Enfin, il est prévu de renforcer le lien entre le 119 (signalement des violences faites aux enfants) et le 3919 (violences envers les femmes).
Enfin, le dernier axe du plan porte sur l'accompagnement des enfants victimes de violences. Il prévoit, entre autres, d'améliorer le recueil de la parole des enfants victimes, en déployant des formations sur ce point et favorisant le développement des "unités d'assistance à l'audition d'enfants victimes de violences". Il prévoit aussi d'améliorer la prise en charge des enfants victimes, en informant davantage sur l'existence d'une prise en charge à 100% des frais médicaux, en développant une prise en charge hospitalière immédiate des enfants lors de meurtres intrafamiliaux au domicile familial et en repensant une prise en charge des soins spécifiques aux psycho-traumatismes liés aux violences intrafamiliales subies pendant l'enfance. Il est également prévu d'engager une réflexion sur les délais de prescription des crimes sexuels.
Le lancement du plan se double de celui d'une campagne de communication, visant à faire connaître le numéro d'appel national 119. Celle-ci - qui se déroule du 27 février au 5 mars, puis du 13 au 19 mars - prend la forme d'affiches (plutôt réussies), de témoignages vidéos - dont celui de Flavie Flament, très médiatisé récemment - et d'un clip.

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