Vendays-Montalivet opte pour la "défense douce" face à l'océan (33)

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Victor Rainaldi
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Aménagement et foncier

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Gironde

Face à l’érosion du littoral sableux qui affecte la côte aquitaine, la commune de Vendays-Montalivet a opté pour une stratégie de défense douce adaptée à ses spécificités. Les élus municipaux se sentent cependant assez démunis pour agir et s’interrogent tant sur la nécessité d’intervenir à une échelle plus large (la région ?) que sur la validité des solutions de protection existantes.

Située sur le long cordon dunaire qui s’étend de Soulac au nord au Cap Ferret au sud, Vendays-Montalivet est comme toutes les communes littorales voisines, confrontée au recul de son trait de côte. Un recul qui a pris des proportions considérables lors des tempêtes de l’hiver 2013-2014 quand trente mètres de plage furent dévorés par la mer. Si la côte est partout attaquée sur cette portion du territoire, les problématiques de protection sont différentes et très liées aux spécificités de chaque commune littorale.

Reconstituer la pente de sable

À Vendays-Montalivet les élus ont retenu l’option de défense douce qui consiste à reconstituer une pente de sable selon un angle à déterminer avec les experts, puis à laisser faire la nature. En hiver l’océan emporte plus ou moins de sable selon la force des marées et des tempêtes. Au printemps le mouvement naturel de la houle, des marées et des courants le redépose sur les plages où il l’avait pris. Selon l’intensité de ces phénomènes naturels, la commune ajoute plus ou moins de sable pour restaurer intégralement la plage.

Solution adaptée au contexte local

"Cette option douce est adaptée à notre situation, mais ne serait pas pertinente partout", insiste le premier adjoint de la commune, Jean-Antoine Trijoulet. En effet, à Vendays-Montalivet il reste près de 50 mètres de plage avant les premiers hôtels et 150 mètres avant les premières maisons. D’autres communes ont, elles, déjà les pieds dans l’eau et leurs choix sont nécessairement différents pour faire face à l’urgence.

Existe-t-il de bonnes solutions ?

Le premier adjoint se demande d’ailleurs s’il existe de vraies bonnes solutions sinon celles qui consistent à retarder plus ou moins les échéances devant l’inexorable poussée de la mer. "Les anciens se souviennent qu’on protégeait autrefois la plage avec des pieux et des digues en bois. Ces protections n’ont pas empêché les hôtels du début du XXe siècle d’être engloutis par les flots."

L’enrochement : avantage et inconvénient

Les édiles de Vendays-Montalivet ont aussi étudié la solution des enrochements (digues de roches), mais compte tenu des caractéristiques locales, le GIP Littoral Aquitain (groupement d’intérêt public qui réunit les services de l’Etat et les collectivités territoriales de la côte aquitaine) leur a déconseillé. Cette solution est plus adaptée aux communes très exposées avec des routes et des habitations directement menacées ou déjà touchées. S’il répond à l’urgence, l’enrochement présente le désavantage de creuser les plages de dunes sur chacun de ses côtés. Ce qui pose de sérieux inconvénients pour les autres plages de la même commune ou pour celles des communes mitoyennes.

À quelle échelle de collectivité faudrait-il agir ?

Aux yeux de Jean-Antoine Trijoulet "il est assez incompréhensible que la défense du littoral revienne aux communes ou même aux communautés de communes avec l’entrée en vigueur de la loi Gemapi. À mon avis, la bonne échelle serait a minima la région. Cela permettrait une prise en charge plus globale avec des moyens humains, financiers et techniques plus adaptés que ceux d’une commune. En outre, l’échelle régionale limiterait les éventuels conflits générés par l’application de solutions qui déplaceraient les problèmes d’une commune vers une autre."

Une vision et une approche globales seraient nécessaires

En choisissant l’option douce sans conséquences sur les plages voisines, Vendays-Montalivet n’a reçu aucune subvention parce que le sable est considéré comme une dépense de fonctionnement. "Un sable que la commune doit acheter pour parachever le processus naturel de reconstitution des plages alors que le Port de Bordeaux, par exemple, en jette de grandes quantités dans une fosse marine d’où il ne remontera jamais" s’indigne le premier adjoint. "Nous lui avons proposé de l’acheter, mais le prix exigé était trop élevé. On voit bien là que nous manquons d’une vision et d’une approche globale pour traiter le recul du trait de côte qui concerne plus ou moins tout le littoral français."

Appuis techniques et budget conséquent

Pour l’appui technique la commune peut compter sur les soutiens du GIP Littoral et sur l’Office national des forêts (ONF) avec lesquels elle a pu mettre en œuvre sa stratégie de défense douce. Pour le financement, elle prévoit chaque année un budget de 200.000 euros destiné à l’achat de sable et aux travaux de reconstitution de la pente douce. C’est une somme très importante pour une commune de 2.500 habitants. En 2017, les apports généreux de l’océan lui permettront de faire des économies, mais en 2015, elle avait dû prévoir une rallonge.

Informer les habitants et anticiper

À ce jour, les Vendaysins n’ont pas encore pris pleinement la mesure de la menace. Et pour cause, la plupart d’entre eux habitent à Vendays en retrait de plusieurs kilomètres de la station balnéaire de Montalivet. "Nous les informons notamment au cours de réunions publiques, mais ils ne ressentent pas encore la pression et sont plutôt satisfaits que l’on ait écarté la solution de l’enrochement qui aurait défiguré la plage", précise le premier adjoint. "Reste qu’en tant qu’élus notre devoir est d’anticiper." 

Commune de Vendays-Montalivet

Nombre d'habitants :

2500
11 rue de la Mairie
33930 Vendays-Montalivet
secretariat.maire@vendays-montalivet.fr

Jean-Antoine Trijoulet

Premier adjoint délégué à la gestion de la station balnéaire et du personnel
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