Caroline Megglé

Christophe Itier est nommé haut-commissaire à l'ESS et à l'innovation sociale

Développement économique

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Avec la nomination d'un haut-commissaire à l'économie sociale et solidaire et à l'innovation sociale, le gouvernement donne pour la première fois quelques pistes sur sa future politique en la matière. "L’autonomie, l’insertion sociale et professionnelle, le décrochage scolaire, la transition écologique ou encore la transition numérique" sont cités comme domaines prioritaires. Jusque-là directeur général de la Sauvegarde du Nord, le nouveau haut-commissaire Christophe Itier doit rendre une feuille de route d'ici la fin de l'année.

Un haut-commissaire à l'économie sociale et solidaire et à l'innovation sociale a été nommé le 6 septembre, en conseil des ministres, en la personne de Christophe Itier, directeur général de l’association La Sauvegarde du Nord.
Auprès de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, il "sera chargé d’impulser et mettre en œuvre la politique du gouvernement en matière de développement de l’économie sociale et solidaire", selon un communiqué du ministère. Doté d'une "compétence interministérielle", le Haut-commissaire aura pour première mission, "d'ici la fin de l'année", "d’élaborer, dans la concertation avec les acteurs, une feuille de route de l’ESS et un nouveau schéma d’organisation national et territorial afin de renforcer la capacité d’action et la fonction de coordination de l’administration en charge de l’ESS".

Coordonner et mobiliser des services rattachés à sept ministères

En matière de coordination, Christophe Itier devra travailler avec Odile Kirchner, déléguée à l'ESS qui, rattachée au directeur général du Trésor à Bercy, a également une mission interministérielle de promotion de l'ESS et de l'innovation sociale. Ils devront tous deux "favoriser la mobilisation des administrations publiques". Le décret créant la fonction de Haut-commissaire, publiée au Journal officiel du 5 septembre 2017, cite "les services placés sous l'autorité du ministre chargé de l'économie sociale et solidaire ou dont ce dernier dispose", relevant de huit administrations et de six ministères différents, en dehors de celui de Nicolas Hulot (1).

"Favoriser l’incubation et l’essaimage de projets innovants et performants"

Sur le volet "innovation sociale" de sa mission, le haut-commissaire est chargé, "en partenariat avec l’ensemble des acteurs du secteur et les collectivités territoriales", de "favoriser l’incubation et l’essaimage de projets innovants et performants pour répondre plus efficacement aux enjeux de notre société : l’autonomie, l’insertion sociale et professionnelle, le décrochage scolaire, la transition écologique ou encore la transition numérique".
Le soutien à l'innovation sociale, via notamment la mise en place d'un "accélérateur national d'innovation sociale", constituait l'un des trois piliers du programme du candidat Emmanuel Macron en matière d'ESS.
Christophe Itier a d'ailleurs été le référent ESS de la campagne d'Emmanuel Macron, après avoir été président pendant quelques mois du Mouvement des entrepreneurs sociaux (Mouves). Le directeur général de la Sauvegarde du Nord avait été amené, dans ce cadre, à s'exprimer plus globalement sur les orientations du candidat en matière de solidarité (voir notre article de 1er mars 2017). Par la suite candidat aux législatives dans la première circonscription du Nord, il a été battu de peu par un candidat de La France Insoumise.

Une mission confiée à Jean-Marc Borello pour trouver des alternatives aux contrats aidés  

C'est Jean-Marc Borello, fondateur du Mouves et président du Groupe SOS, qui aurait présenté Christophe Itier à Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie. Le patron de l'entreprise sociale vient lui aussi de se voir confier une mission par le gouvernement. La ministre du Travail lui demande de "mobiliser les acteurs de l’insertion autour de solutions innovantes, au service du parcours de chacun et en particulier de ceux qui sont aujourd'hui les plus exclus de l'accès au marché du travail", selon le compte-rendu du conseil des ministres de ce jour. Après l'avalanche de réactions suite à l'annonce de la suppression d'une partie des contrats aidés, l'ancien éducateur spécialisé, qui était l'un des dix délégués nationaux En Marche pendant la campagne, devra conduire une concertation destinée à trouver des alternatives et des compromis.

(1) Ses services - "le délégué à l'économie sociale et solidaire, la direction générale de la cohésion sociale, la délégation générale à l'emploi et la formation professionnelle, le commissariat général à l'égalité des territoires, la direction générale du Trésor, la direction de la jeunesse, de l'éducation populaire et de la vie associative, la direction générale de la recherche et de l'innovation, la direction générale du travail" - sont rattachés aux ministères de l'Economie, des Solidarités, du Travail, de la Cohésion sociale et territoriale, de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

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