Ecole rurale, moratoire, Conférence nationale des territoires

Education - Emmanuel Macron est attendu sur la question des fermetures de classes en milieu rural

Jeunesse, éducation et formation

Cohésion des territoires

Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer ont programmé cette fin de semaine des déplacements à la campagne sur le thème de l'éducation, alors que la question de la fermeture des écoles rurales prend une tournure politique inconfortable pour le gouvernement.
Comme chaque année, la carte scolaire et son lot de fermetures de classes provoquent la colère des élus, parents et enseignants concernés. Mais cette année, ceux-là font valoir que le président de la République avait promis un moratoire, lors de la Conférence nationale des territoires du 17 juillet dernier.
Précisément, Emmanuel Macron avait annoncé l'élaboration d'un "plan d'action conjoint entre l'Etat et les territoires", qui serait construit sur la base d'une "évaluation partagée des besoins" laquelle devait être conduite "d'ici à la fin de l'année (2017)". Il avait alors dit que "d'ici là, il n'y aura plus de fermetures de classes dans les écoles primaires". Et il avait assuré qu'il considérait que "les territoires, en particulier les plus ruraux, ne peuvent plus être la variable d'ajustement d'économie" (voir notre article du 18 juillet 2017).

Les associations de maires demandent davantage de concertation

Dans sa résolution adoptée le 11 mars dernier, l'Association des maires ruraux de France (AMRF) appelle le président de la République "à faire respecter sa parole par son gouvernement", au regard de "la réalité des cartes scolaires pénalisantes et injustifiées" pour la prochaine rentrée. Ils proposent une nouvelle fois de revoir la fonction des conseils départementaux de l’Education nationale (CDEN) pour en faire "une véritable instance de dialogue et d’aménagement scolaire du territoire".
A l'Association des maires de France (AMF), les élus de la commission des Territoires ruraux réunis le 8 mars sont également revenus sur "le contexte des fermetures de classes envisagées pour la rentrée 2018" à propos duquel ils ont rappelé "la nécessité d’améliorer sensiblement la méthode d’élaboration et de concertation afin de leur donner une visibilité plus claire sur le devenir des écoles de leur territoire". Selon eux, "des moyens sont nécessaires afin de prendre en compte les spécificités du milieu rural et de favoriser la réussite des enfants".

"250 tout au plus dans les départements les plus ruraux"

Le 5 mars, au micro de France Inter, le ministre de l'Education nationale annonçait la fermeture d"environ 200 à 300 classes, grand maximum". "Nous ne fermons des classes qu’en dernier recours", assurait-il, quelques jours plus tard dans une interview au Nouvel Obs parue le 9 mars. Il précisait alors : "250 tout au plus dans les départements les plus ruraux, sur un total global de 250.000 classes de primaire". Il soulignait qu'il y aura 32.700 élèves en moins à la rentrée prochaine et que "pourtant, nous allons créer près de 4.200 classes en solde net" (dont 3.200 pour dédoubler les CP en REP et les CE1 en REP +). Il s'agit pour lui d'un "effort historique", comparativement aux rentrées 2015 et 2016 où "avec seulement 8.000 élèves de moins en deux ans, 1.200 classes avaient été fermées". 
Le ministre indiquait également que le taux d’encadrement le plus fort de France est en Lozère, "avec 9,5 professeurs pour 100 élèves, soit une moyenne de 14 élèves par classe". "On retrouve ces taux d’encadrement très élevés dans la plupart des départements ruraux. Et je m’engage à ce que nous les maintenions", a-t-il promis.
 

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