Anne Lenormand

Entretien des ouvrages d'art routiers : un nouveau guide technique destiné aux communes

L’effondrement du pont Morandi, à Gênes, en Italie, le 14 août dernier, a alerté sur l’état des ouvrages d’art routiers en Europe. En France, le ministère des Transports a rendu public, suite à cette catastrophe, un audit portant sur le réseau routier national qui estime qu’un tiers des 12.000 ponts du réseau national nécessitent des réparations et que dans 7% des cas, un risque d’effondrement peut se produire à terme si rien n’est fait.
Mais les enjeux d’entretien portent aussi largement sur le réseau routier communal qui concentre l’essentiel des ouvrages d’art du pays (près de 100.000 sur un total de 250.000). C’est ce qui a conduit le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) à publier un guide technique destiné aux communes sur la surveillance et l’entretien courant de leurs ouvrages d’art routiers. "Les difficultés inhérentes à la surveillance et à l’entretien des ouvrages d’art sont liées, paradoxalement, à leur grande durée de vie et à l’occurrence d’événements trop épisodiques pour maintenir l’attention constante des maîtres d’ouvrage ; cela est particulièrement le cas pour les petits patrimoines de quelques unités composés d’ouvrages anciens dont les données de construction sont souvent perdues, constate-t-il. À cela s’ajoutent parfois le manque de personnels techniques et la complexité des processus et du langage des spécialistes."
Le maintien en état de ces ouvrages d’art, aussi petits soient-ils, constitue non seulement un impératif pour la sécurité des usagers mais leur disponibilité est aussi cruciale pour le fonctionnement des voies de communication et de l’activité économique, fait valoir le Cerema. De plus, insiste-t-il, "les défauts d’entretien régulier pèsent lourdement sur les budgets à plus ou moins long terme lorsque des réparations importantes doivent être programmées . Dans ce domaine, comme dans tant d’autres, l’action préventive est toujours plus efficace et économique que l’action curative".
Le guide rassemble donc sous une forme synthétique et pratique l’essentiel des notions relatives à la gestion, l’entretien et à la surveillance des ouvrages d’art les plus couramment rencontrés que sont les ponts et les murs de soutènement. Il rappelle les missions qui doivent être assumées par les maîtres d’ouvrage pour chaque type ou partie d’ouvrage et illustre, sous forme de fiches, qui peuvent être utilisées séparément lors d’interventions, les principales actions d’entretien courant.
"Les opérations d’entretien spécialisé et de réparations lourdes ont par ailleurs été volontairement exclues car elles nécessitent l’intervention de bureaux d’études et de laboratoires spécialisés afin de définir finement et de façon pertinente les travaux à réaliser", prévient le Cerema. Toutefois, un cadre synthétique des opérations d’entretien spécialisé, décrites sous formes d’actions, est fourni à titre indicatif.

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