La Montagne Bourbonnaise exploite ses ressources forestières

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Allier

Depuis une quinzaine d'années, la communauté de communes de la Montagne Bourbonnaise (Allier) investit dans sa filière bois et forêt : sensibilisation des propriétaires, construction de voiries forestières, regroupement des acteurs locaux. Ce territoire de massifs boisés entend ainsi valoriser ses ressources de manière rationnelle et durable au profit de quatre secteurs : la sylviculture, l'agriculture, le tourisme et l'énergie.

Situé dans le bassin de l'Allier, le territoire de la communauté de communes de la Montagne Bourbonnaise est recouvert, pour moitié, par des forêts de résineux et de feuillus, soit près de 15.000 hectares. Même si les surfaces boisées sont inégalement réparties sur l'espace communautaire composé de quinze communes (6.500 habitants), la tradition forestière et l'économie du bois restent très présentes. En effet, plus de cinquante entreprises locales (travaux forestiers, scieries, artisanat...) dépendent des ressources en bois, d'où l'importance d'améliorer la gestion des forêts. "Cela reste difficile car elles sont presque toutes privées et morcelées entre plus de 5.000 propriétaires forestiers : en moyenne, chacun d'eux possède des parcelles de moins de 3 hectares", indique Bruno Chable, directeur des services de la communauté. Or, le coût des travaux et les frais d'exploitation sur des surfaces inférieures à 10 hectares s'avèrent très élevés (entretien, déplacements des engins) et beaucoup de propriétaires n'ont pas de connaissances sylvicoles. "Certains ont seulement reçu ces terres en héritage et n'y prêtent que peu d'intérêt, souligne Bruno Chable. Avec la disparition des exploitations agricoles, la forêt s'est beaucoup étendue sans être maîtrisée. Par ailleurs, la sylviculture est une ressource intéressante, mais elle ne doit pas porter atteinte au développement d'autres activités, comme l'agriculture et le tourisme." Devant ces obstacles et malgré des moyens limités, la communauté continue les actions mises en oeuvre depuis une quinzaine d'années par le Syndicat intercommunal à vocations multiples (Sivom) du Mayet de Montagne. Elle souhaite ainsi parvenir à une gestion rationnelle et durable de ces boisements.

Chaque année, 150.000 euros investis dans le désenclavement des massifs forestiers

La communauté de communes de la Montagne Bourbonnaise s'adresse en priorité aux propriétaires forestiers afin d'améliorer la gestion des parcelles privées. "Depuis quinze ans, l'intercommunalité a élaboré des schémas de desserte prioritaire des massifs forestiers pour l'aménagement d'environ 120  km de chemins et de zones de stockage du bois coupé. Le but est d'ouvrir l'accès aux parcelles et de faciliter ainsi l'exploitation des boisements", explique François Szypula, président de la communauté de communes, conseiller général du canton du Mayet de Montagne et maire d'Arronnes. Dans un premier temps, la communauté reçoit des communes les itinéraires jugés prioritaires, puis la commission "voirie" hiérarchise les travaux et s'occupe des demandes de subventions. Les 150.000 euros annuels investis dans ces travaux de voierie sont subventionnés aux deux tiers par l'Europe (40%), le conseil régional (30%) et le conseil général (10%). Pour leur part, les communes s'occupent des chemins ruraux reliant ces itinéraires aux routes départementales. "Chaque année, près de 50% de l'accroissement naturel de la forêt n'est pas exploité : l'objectif est de diminuer ce taux et d'inciter les propriétaires à vendre leur bois au moment opportun, et d'en obtenir ainsi le meilleur prix", souligne François Szypula. En effet, nombre de forêts restent peu entretenues. Les arbres vieillissent et se fragilisent, et le bois finit par être vendu à un âge trop avancé. Ces vieilles plantations limitent également le renouvellement du bois.

Rassembler les acteurs locaux pour créer un "esprit de filière"

Depuis 2000, l'intercommunalité participe à un regroupement d'acteurs locaux de la filière, le Comité pour la valorisation forestière des Monts de la Madeleine (Covalfor). Malgré les divergences d'intérêts des membres associés, celui-ci vise à élaborer une stratégie commune et dynamiser les activités existantes : perfectionner les divers corps de métiers (modernisation des outils...), améliorer la qualité des matériaux transformés (bois de construction...) et valoriser les déchets induits (bois déchiqueté pour des chaudières automatiques). L'engagement de la communauté s'est traduit aussi par une démarche qui a nécessité la mobilisation de l'ensemble de ces acteurs : la rédaction, en 2005, de la charte forestière de territoire, financée par l'Etat. En partenariat avec le Centre régional de la propriété forestière en Auvergne (CRPF), la communauté souhaite regrouper les propriétaires de boisements voisins, afin de mutualiser les moyens, de diminuer le nombre d'intervention et de donner ainsi aux titulaires de petites parcelles l'opportunité de les exploiter. "Le CRPF assure l'animation grâce à un agent de terrain, qui sensibilise et conseille les propriétaires ", explique Bruno Chable. Enfin, aux côtés du CRPF et de la communauté, la Safer rachète et conserve des petits terrains boisés pour constituer des lots plus importants propices à une exploitation forestière future. Ce stockage du foncier permet de limiter les friches et de répondre aux attentes de certains propriétaires, heureux de se défaire de leur forêt. Il est encore trop tôt pour dresser un bilan de ces regroupements, mais ces actions montrent la volonté de l'intercommunalité de valoriser durablement le développement économique de son territoire dans trois directions : la sylviculture, l'agriculture et le tourisme. Prochainement, elle mettra la gestion rationnelle de la forêt à disposition d'un quatrième secteur : l'énergie. "L'économie du bois a un fort potentiel : rassembler les différents interlocuteurs dans un même esprit de filière est un travail de longue haleine, souligne François Szypula. Il faut se représenter ce secteur comme une longue chaîne et considérer également cette ressource en complémentarité avec d'autres activités, comme l'énergie." Ainsi, les déchets issus de la deuxième transformation du bois viendront alimenter les futures chaufferies collectives du territoire de la Montagne Bourbonnaise.

Laura Henimann / PCA, pour la rubrique Expériences du site Mairie-conseils

Communauté de communes de la Montagne Bourbonnaise

Nombre d'habitants :

6500

Nombre de communes :

15

Rue Roger Dégoulange
03250 Le Mayet de Montagne
siteccmb@wanadoo.fr

François François Szypula

président
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