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Quinze présidents de région dénoncent l'Etat qui "veut décider seul"

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"Sur les libertés locales, on ne s'y retrouve pas." Ce jugement à l'égard du gouvernement était celui d'Hervé Morin, président de la région Normandie et de Régions de France, lors d'une conférence de presse commune, le 10 avril, avec les présidents de l'Association des maires de France et de l'Assemblée des départements de France. Dans une tribune publiée dans l'édition du quotidien Le Monde datée du 24 avril, l'ancien ministre repart à l'offensive, avec cette fois quatorze autres présidents de région, de gauche et de droite (les présidents des régions Hauts-de-France, Corse et Guadeloupe n'en sont pas signataires). Les quinze présidents de région dénoncent "la politique recentralisatrice [de l'exécutif], sans précédent depuis 1982 et le vote des premières lois de décentralisation".
Avec la réforme voulue par le gouvernement, l'apprentissage "va être tout bonnement privatisé et recentralisé" et "près de la moitié" des CFA [centres de formation des apprentis] de notre pays risque de fermer", s'inquiètent-ils. Selon eux, en matière d'orientation et d'information des jeunes, ainsi que s'agissant de la formation professionnelle des demandeurs d'emploi, "les missions respectives des régions et de l'éducation nationale ne seront pas clarifiées". En outre, l'Etat tarderait à honorer ses engagements dans le cadre des contrats de plan avec les régions (CPER) : sur le volet transports, "seuls 25% des crédits de l'Etat ont été débloqués fin 2017", s'inquiètent les élus régionaux. L'Etat central, dénoncent-ils par ailleurs, "continue […] de donner des leçons de bonne gestion aux collectivités locales et ne cesse de leur imposer des carcans financiers et réglementaires […] alors qu'[elles] sont bien mieux géré[e]s que lui".
Pour "réussir les grandes réformes annoncées", "faisons confiance aux collectivités, c'est à cette seule condition que nous ferons ensemble réussir la France", concluent les présidents de région. Ils prônent la signature avec l'Etat d'un "pacte girondin". Une exhortation qui était celle de l'ensemble de ces élus (à l'exception des présidents des régions Auvergne-Rhône-Alpes et Corse) dans une tribune, publiée déjà dans Le Monde, le 27 septembre dernier, à la veille du congrès de Régions de France. On se souvient que, fâchés par la décision du gouvernement de ne pas inscrire dans le budget 2018 une ressource de 450 millions d'euros qui aurait dû revenir aux régions, ils avaient annoncé, lors de ce congrès, qu'ils claquaient la porte des réunions de la Conférence nationale des territoires. Les relations entre le nouvel exécutif, sa majorité LREM et les présidents de région - pour l'essentiel de droite et de gauche - est décidément bien tumultueuse.

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