Lucas Boncourt / EVS

Une feuille de route pour réussir le passage à la 5G

Développement économique

Cohésion des territoires

La feuille de route gouvernementale entend créer les conditions réglementaires pour faire de la France un pays leader de la 5G. Les modalités d'attribution des fréquences seront arbitrées cet automne. Dix territoires d'expérimentation ont été désignés pour explorer de nouveaux usages, entre autres en lien avec le déploiement de la ville intelligente.

Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé du numérique, et Sébastien Soriano, président de l’Arcep, ont présenté ce 16 juillet la feuille de route de la France pour le déploiement de la 5G, la technologie mobile de cinquième génération. "Vecteur majeur des innovations de demain, la 5G n’est pas une option", a déclaré Mounir Mahjoubi. L’objectif des pouvoirs publics est en effet de ne pas renouveler les erreurs commises pour la 3G et la 4G et de placer la France en tête des pays leaders des usages de la 5G.

Un marché européen de la 5G

"Ce leadership commence par une approche européenne pour donner une lisibilité aux acteurs du marché", a expliqué Sébastien Soriano. L’ensemble des pays de l’Union européenne ont en effet pris pour engagement d’attribuer aux opérateurs des blocs de fréquence dans la bande des 3,5 Ghz et des 26 Ghz avant 2020, date à laquelle sont attendus les premiers déploiements commerciaux. Cette harmonisation des fréquences et des calendriers vise à favoriser un décollage des usages 5G à l’échelle du continent. La refonte en cours du "paquet télécom" va en outre consolider ce cadre en déterminant une durée minimale des autorisations et en facilitant le déploiement des petites antennes (small cells) dans les bâtiments ou dans le mobilier urbain. En France, des bandes ont ainsi été débloquées par le ministère de l’Intérieur, les premiers déploiements devant démarrer à partir de 2020 dans les grandes villes. Les grands sites industriels et les principaux axes de transports devraient suivre avec une couverture 5G annoncée pour 2025.

De nouveaux usages testés dès à présent

Le succès commercial de la 5G repose sur la preuve d’une réelle plus-value par rapport aux technologies concurrentes : la 4G dont le déploiement est encore en cours, mais aussi les réseaux bas débit dédiés à l’internet des objets du type LoRa ou Sigfox. Pour assurer son succès, ses promoteurs mettent en avant une technologie "fiable et faiblement consommatrice d’énergie" ainsi que des "débits 10 fois supérieurs à la 4G et un temps de latence divisé par 10". Autant de caractéristiques qui en font une technologie des "usages professionnels" et non un simple prolongement de la 4G. La 5G promet en effet de devenir une brique clé du déploiement de la ville intelligente, de la santé connectée ou encore du véhicule autonome. Autant d’usages qui font aujourd’hui l’objet d’expérimentations dans plusieurs régions françaises (voir notre article). L’Arcep a en effet ouvert en janvier dernier un guichet d'expérimentations 5G qui a conduit l’autorité à délivrer des autorisations d’émettre sur dix territoires : Belfort, Bordeaux, Douai, Grenoble, Lannion, Lille, Lyon, Nantes, Nice et Toulouse. Occasion de tests techniques, ces expérimentations doivent aussi permettre de faire émerger de nouveaux usages et de dessiner le modèle économique de la 5G.

A-t-on besoin d’une couverture nationale ?

Une consultation publique sera lancée cet automne par l’Arcep pour déterminer la procédure d’attribution des fréquences. Ce qui paraît d’ores et déjà acquis, c’est qu’elle devrait être sensiblement différente des procédures utilisées pour la 3G et la 4G. Car la 5G intéresse non seulement les opérateurs mobiles traditionnels mais aussi des industriels (constructeurs automobiles, énergéticiens, hôpitaux…) qui pourraient bénéficier de fréquences pour des usages spécifiques (télémaintenance, télésanté…) ou sur un périmètre déterminé (usine, port…). Delphine Gény-Stephann estime ainsi "qu’on ne sait pas si l'on aura besoin d'une couverture nationale en 5G, comme en 4G, ou si l'on ciblera seulement certaines zones géographiques". Autrement dit, la bataille de la couverture des territoires que l’on a connu avec les technologies mobiles précédentes pourrait bien ne pas avoir lieu… sauf si la technologie se révèle indispensable pour des usages grands publics qui ne peuvent être satisfaits par d'autres technologies. C’est ce que devront montrer les expérimentations actuelles que le gouvernement souhaite multiplier, car le guichet 5G de l’Arcep est encore loin de crouler sous les demandes.

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