Puy-de-Dôme

100 raisons de covoiturer en Puy-de-Dôme (63)

Après avoir maillé son territoire de 96 aires de stationnement depuis 2012, le Puy-de-Dôme révise son schéma départemental de covoiturage fin 2015. L'ambition est de renforcer les partenariats avec les intercommunalités pour réaliser des équipements de plus grande envergure. Retour sur les étapes d'une démarche engagée dès 2007.

Dans le Puy-de-Dôme, à l'échelle de la plaque métropolitaine Vichy-Clermont-Thiers-Brioude, 64% des trajets domicile-travail se font en voiture. Sur les secteurs les plus ruraux du département, c'est quasiment le seul mode de transport pertinent. Le conseil départemental a inscrit en 2007 le développement du covoiturage à son Agenda 21 et un état des lieux réalisé en 2009.

Schéma départemental des aires de covoiturage élaboré avec les élus locaux

Cet état des lieux a permis de repérer des sites informels de regroupement et de stationnement de véhicules, sur des parkings ou des délaissés de voirie en bordure de grands axes. Le département engage en 2010 une expérimentation pour aménager, sécuriser et rendre visible neuf de ces sites. L'année suivante, la généralisation de la démarche est enclenchée. "Nous avons réuni les maires et présidents d'intercommunalités de chaque division routière départementale, pour leur proposer des aires potentielles de covoiturage, explique le chargé de mission Intermodalité à la direction de la mobilité du conseil départemental. La plupart des sites nécessitaient peu d'aménagements, car l'idée était de créer l'offre pour créer la demande en maillant très rapidement le territoire à moindre coût", précise Julien Bayot, le chargé de mission transport, intermodalité. La concertation aboutit à un schéma départemental des aires de covoiturage (SDAC), approuvé par le conseil départemental en 2012 (lire document joint).

Labellisation des aires, par conventions entre le département et la collectivité locale

Le département propose de labelliser des sites en fonction de plusieurs critères (capacité de stationnement, sécurisation des entrées et sorties, proximité de transports collectifs..). Une convention avec la collectivité locale stipule que le département prend en charge la signalétique et la promotion du site, tandis que la collectivité réalise l'éventuel aménagement nécessaire et l'entretien. De 2012 à 2015, le département a signé des conventions bilatérales avec 74 communes, 4 intercommunalités, 1 syndicat de gestion de parc d'activités, ainsi que 17 conventions tripartites avec une commune et une intercommunalité (voir modèle de convention joint).
Par ailleurs, le département délègue à l'association Covoiturage Auvergne les actions d'animation et de promotion du covoiturage. L'association dispose d'un site de mise en relation de covoitureurs qui recense les aires labellisées.

Point délicat : l'évaluation du dispositif

Au final, le schéma a répondu à son objectif de maillage du territoire, avec 96 aires bien réparties, en milieu rural comme en entrées d'agglomération. Evaluer le développement du covoiturage est en revanche un exercice difficile. Les pratiques restent à l'initiative des usagers et peuvent se déplacer. Le nombre d'inscrits sur le site de Covoiturage Auvergne, toujours en hausse, est un indicateur positif mais ne fournit pas de statistiques sur le nombre réel de trajets en covoiturage.
Nombre de covoitureurs se retrouvent en porte-à-porte ou sur des aires "sauvages". En 2014, le chargé de mission réalise lui-même un comptage sur les aires labellisées pour évaluer leur fréquentation. Sans surprise, les aires les plus usitées sont celles situées près des grands axes routiers, certaines recevant plus de 70 véhicules par jour. Quant aux emplacements situés dans les centre-bourgs, il est difficile de savoir si les véhicules stationnés sont bien ceux de covoitureurs.

Second schéma : davantage orienté vers les intercommunalités

La révision du SDAC fait l'objet d'une nouvelle concertation avec les collectivités locales, mené fin 2015. "A présent, nous souhaitons privilégier le conventionnement avec les intercommunalités mais les communes resteront tout à fait éligibles à une labellisation d’aire si cette dernière répond aux critères", précise le chargé de mission. En effet, une aire de covoiturage profite généralement à tout un bassin de vie et une intercommunalité peut envisager des projets de plus grande envergure, ce qui correspond à l'ambition du département pour l'avenir. Ce basculement d'interlocuteur ne devrait pas causer de blocage, car le covoiturage peut entrer dans plusieurs champs de compétence tels que la voirie, le stationnement ou le développement durable. La labellisation pourrait aussi s'étendre à des aires privées appartenant à des sociétés d'autoroute et des grandes entreprises.

Enfin, l'amélioration de la communication est un enjeu du prochain schéma, aussi bien pour la signalisation des sites que la promotion du covoiturage.

Financement du schéma départemental de covoiturage
Le budget de la direction départementale Routes et mobilités imputable au schéma de covoiturage 2012-2015 est évalué à 60.000 euros pour la signalisation des aires, plus une subvention annuelle de 10.000 euros à l'association Covoiturage Auvergne.

Sophie Daguin, L’Œil à la Page, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info.
 

Contact(s)

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63033 Clermont-Ferrand Cedex 1
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Olivier Chambon

Vice-président délégué aux routes et à la mobilité

Julien Bayot

Chargé de mission transport intermodalité, direction de la mobilité
julien.bayot@puy-de-dome.fr
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