140.000 jeunes sont passés par le service civique en 2018

Valoriser les apports du service civique et organiser la complémentarité avec le service national universel : ce sont les deux défis de l'Agence du service civique, qui présentait ce 4 juillet son rapport d'activité 2018. Parmi les quelque 1.000 collectivités engagées, certaines tentent d'aller plus loin en analysant notamment, comme en Nouvelle-Aquitaine, l'impact du dispositif sur les politiques locales.

Quelque 140.000 jeunes ont réalisé un service civique en 2018, un chiffre en hausse de 14% par rapport à l’année précédente. L’Agence du service civique présentait ce 4 juillet son dernier rapport d’activité. L’occasion pour sa nouvelle présidente, Béatrice Angrand, d’évoquer sa stratégie pour la suite. À l’heure du lancement du service national universel (SNU) qui va mobiliser de plus en plus de moyens dans les années à venir, il n’est plus question d’objectif chiffré à atteindre pour le service civique, mais de "parcours" à organiser. "Quand le service national universel sera une école de l’apprentissage de la citoyenneté à 15-16 ans, le service civique sera une réponse concrète pour la vivre sur le terrain pendant 6 à 12 mois, y compris en Europe", précise Béatrice Angrand dans le dossier de presse. 

En 2018, le service civique a coûté à l'État quelque 520 millions d'euros. Le premier objectif de la présidente de l'Agence est de continuer à "valoriser l'expérience d'engagement", en s'appuyant en particulier sur un "club de valorisation" composé de dix entreprises et de Pôle emploi. Une étude menée auprès de sortants du service civique est par ailleurs actuellement conduite par l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep).    

Le service civique "année de césure" après le bac pour 43% des jeunes

Âgés de 21 ans en moyenne, les volontaires sont plus souvent des jeunes femmes (61%). À l’entrée dans le dispositif, ils étaient principalement demandeurs d’emploi (43%), étudiants (31%) ou inactifs (23%). Le plus grand nombre d’entre eux avaient le niveau bac (43%, 32% ayant un niveau de diplôme supérieur et 25% un niveau inférieur). Pour l’Agence du service civique, cela signifie que les jeunes "sont nombreux à utiliser ce dispositif pour définir et/ ou confirmer leur projet d’avenir". Une sorte d’"année de césure", qui leur permettrait de préciser leur orientation.

Parmi les volontaires en 2018, 13% étaient issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville et 3,4% de territoires ruraux, 17% étaient des décrocheurs (sorties du système scolaire sans diplôme) et 1,5% étaient en situation de handicap. Pour progresser sur ce dernier plan et "renforcer l’accessibilité du service civique aux jeunes en situation de handicap", un projet pilote a été lancé en novembre dernier dans les Pays de la Loire.

5.000 volontaires accueillis en collectivité

En 2018, des collectivités territoriales ont accueilli 5.000 volontaires, soit 6% du total – une part stable dans le temps. Alors que 1.265 collectivités sont agréées pour recevoir des jeunes en service civique, 900 ont effectivement été engagées dans le dispositif en 2018 : 701 communes, 173 intercommunalités, 26 départements et une région ont accueilli des volontaires. Agréées ou non, 330 collectivités seraient passées par le mécanisme d’intermédiation associative.

"Certaines collectivités, en particulier les régions, soutiennent le déploiement du service civique sur leur territoire en promouvant cette politique", ajoute l’Agence du service civique. En Nouvelle-Aquitaine, un "club des collectivité" a été lancé fin 2018 par l’Agence du service civique et les directions régionale et départementales de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale pour "expérimenter une stratégie et une méthode sur une région pilote, initier des outils d’accompagnement et de promotion, avant proposition de généralisation aux autres régions". Une trentaine de collectivités de toutes tailles se réuniraient régulièrement dans ce cadre pour échanger sur les bonnes pratiques, la valorisation du dispositif et l’évaluation de son impact sur les politiques locales.