2018, un bon cru pour les grands événements sportifs en France

Deux rapports viennent d'être publiés sur les retombées économiques de deux compétitions majeures, la Ryder Cup de golf 2018 et la finale du Top 14 de rugby 2018. Ce type d'étude est de plus prisé pour démontrer l'utilité économique des investissements publics dans les événements sportifs et ainsi faciliter leur acceptation sociale.

A maintenant cinq ans des Jeux olympiques de 2024, organisés en France, les débats sur les retombées des grands événements sportifs sont plus que jamais d'actualité. Et pour faciliter l'acceptation sociale de ces compétitions, les organisateurs recourent de plus en plus souvent à des études ex-post (après l'événement) afin de démontrer l'utilité économique des investissements publics. Derniers exemples en date, les publications de deux rapports sur deux compétitions très différentes à bien des égards : la Ryder Cup de golf 2018 et la finale du Top 14 de rugby 2018.

L'accueil de la Ryder Cup en France a constitué un événement exceptionnel. Cette compétition née en 1927 a en effet lieu tous les deux ans, alternativement aux Etats-Unis et en Europe, mais l'édition 2018 n'était que la deuxième à se tenir sur le continent européen, les îles britanniques en étant traditionnellement les hôtes de ce côté-ci de l'Atlantique.

L'étude sur les retombées économiques de la Ryder Cup 2018 a été réalisée par le Centre de recherche sur l'industrie du sport de l'université Hallam de Sheffield (Angleterre). Elle estime que le tournoi organisé au Golf national de Saint-Quentin-en-Yvelines par la Fédération française de golf (FFG) du 28 au 30 septembre a attiré 88.000 spectateurs qui ont acheté un total de 228.000 billets. Globalement, l'accueil de la compétition a généré une activité économique à hauteur de 235,7 millions d'euros et a eu un impact économique total sur la France de 75,5 millions d'euros.

65% de spectateurs étrangers

La principale source de ces retombées est à rechercher du côté des spectateurs étrangers. L'étude précise que 65% des spectateurs étaient en effet des visiteurs venus de l'extérieur, contre 16% venant de province et 19% de la région parisienne. Les spectateurs étrangers étaient en outre originaires de 90 pays, dont 49% de Britanniques. La majorité des visiteurs est restée en moyenne durant 3,5 nuits et a généré 220.000 nuitées en région parisienne. 8% d'entre eux ont prolongé leur séjour au-delà de l'événement sportif. L'étude rapporte également que 70% des visiteurs étrangers ont exprimé le désir de revenir en région parisienne pour un séjour dans l'année à venir.

Dernier aspect du bilan de la Ryder Cup 2018 : l'héritage. Pour les auteurs de l'étude, celui-ci devrait devenir significatif au cours de la prochaine décennie grâce à la construction d'une centaine de petits golfs urbains qui permettront de développer le marché de ce sport en France. Ces réalisations, inscrites dans le dossier de candidature de la FFG à l'organisation de la Ryder Cup, avaient fait l'objet d'une convention avec le Centre national pour le développement du sport (CNDS) dès 2010.

La province monte à Paris

L'accueil au Stade de France, à Saint-Denis, de la finale du Top 14 de rugby le 2 juin 2018, paraît sous bien des aspects opposé à celui de la Ryder Cup. Il s'agit en effet d'un événement récurrent, attirant un public exclusivement français et se déroulant sur une seule journée.

L'étude menée par le Centre de droit et d'économie du sport de Limoges (CDES) montre que parmi les 78.442 spectateurs, 73% venaient de province, ce qui s'explique aisément par l'identité des deux clubs finalistes : Castres olympique et Montpellier Hérault rugby. Ces visiteurs ont dépensé en moyenne, hors achat du billet et du transport, 207,25 euros dans l'économie locale, dont 26% seulement pour l'hébergement. Ce chiffre relativement bas s'explique par le faible taux de personnes ayant opté pour un hébergement marchand (46%), beaucoup étant logées chez des parents ou des amis.

Globalement, l'impact total s'est élevé à 16,1 millions d'euros, dont un impact primaire de 11,7 millions (dépenses réalisées localement par les visiteurs et les organisateurs) et un impact indirect de 4,4 millions.

Autre donnée intéressante, environnementale cette fois : les 37% de spectateurs ne résidant pas dans la métropole du Grand Paris qui sont venus en transport en commun (train et car). Alors que 45% sont venus en voiture et 14% en avion. Comme l'écrivent les auteurs de l'étude : "Des progrès pourraient très certainement être opérés en la matière afin de réduire le bilan carbone de cet événement." On pourrait également imaginer qu'un bilan environnemental soit désormais systématiquement inclus dans les études sur les retombées économiques des grands événements sportifs…

 

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