Auvergne-Rhône-Alpes : les collectivités proposent l’autopartage entre particuliers (63, 69)

Entre 2017 et 2020, la communauté d’agglomération de l’Ouest Rhodanien et le syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération clermontoise ont testé un dispositif d’autopartage entre particuliers. Fin mars 2020, 52.000 km en autopartage ont été parcourus, avec 25 prêteurs et 41 emprunteurs.

Dans le cadre d’un appel à projet de l’Ademe lancé en 2017, deux EPCI en région Auvergne-Rhône-Alpes ont mutualisé des moyens pour organiser leurs deux services publics d’autopartage entre particuliers. La communauté d’agglomération de l’Ouest rhodanien (69) a été maître d’ouvrage du dispositif, avec mandat du Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération clermontoise (63). Chaque territoire visait des populations captives de la voiture, en milieu péri-urbain et rural pour l’Ouest Rhodanien (COR : 31 communes, 50.591 habitants, au nord-ouest de Lyon) et dans les quartiers prioritaires du contrat de ville, pour l’agglomération clermontoise (SMTC : 23 communes, 294.000 habitants).

Un bureau d’études transports et déplacements accompagne les EPCI et les « autopartageurs »

Le service public d’autopartage repose sur la mise à disposition du véhicule d’un habitant entre des particuliers qui ont préalablement défini ses conditions d’utilisation. Chacun utilise le véhicule en fonction de ses besoins, pour des trajets différents. Cela a permis à des ménages de se passer d’un deuxième véhicule, voire d’acquérir leur propre véhicule. Les collectivités se sont appuyées sur une assistance à maîtrise d’ouvrage pour assurer le montage, l’animation et le suivi du projet. Le bureau d’études a réalisé les guides pratiques et les outils de communication « Le bureau d’études était aussi chargé de l’accompagnement individualisé des particuliers, avant et pendant l’autopartage », précise la chargée de mission mobilité de la communauté d’agglomération de l’Ouest rhodanien, Elsa Bergery.

Trouver la bonne échelle pour de l’autopartage

 « Au départ, pour le SMTC, le périmètre concernait uniquement sept quartiers inscrits au contrat de ville, représentant une population de 22.000 habitants, reprend la chargée de mission mobilité. Malgré une communication large, dont 19.000 dépliants distribués en boîtes aux lettres, les retours ont été très maigres. Il a donc été décidé d’élargir la cible. » 550 acteurs relais ont été sollicités (100 pour la COR et 450 pour le SMTC) pour assurer la pédagogie du projet : acteurs de l’action publique (les mairies), de citoyenneté et de la solidarité (CCAS, associations de quartier), de l’environnement et l’économie sociale et solidaire (AMAP), de l’animation locale (MJC), etc. « Les réunions organisées spécifiquement sur l’autopartage ont très peu mobilisé, reconnaît la chargée de mission. En revanche, les présentations lors de réunions existantes ont été plus efficaces. »

66 « autopartageurs » en trois ans

Entre janvier 2017 et mars 2020, 85 candidats ont manifesté leur intérêt pour l’autopartage. Un tiers des candidats est arrivé avec un groupe déjà constitué, un tiers a trouvé des « autopartageurs » par l’intermédiaire de la collectivité, et le dernier tiers n’a pas trouvé de partenaire de route. Au 31 mars 2020, 52.000 km en autopartage avaient été parcourus, regroupant 27 prêteurs (12 pour la COR et 15 pour le SMTC) et 45 emprunteurs.

L’animation, clé de voûte de la réussite de l’expérimentation

Le bureau d’études assure l’animation du service public d’autopartage sur chaque territoire, avec des rencontres collectives tous les six mois. Il réalise un accompagnement individualisé (réponses aux questions, conseils, mise en relation) et se charge de la rédaction des contrats entre propriétaire et emprunteur, de la transmission des documents administratifs (carte grise, certificat d’assurance, permis de conduire), ainsi que la signature de la charte avec la collectivité. Il collecte les carnets de bord tous les deux mois, afin de réaliser le suivi du service.

Mutualiser et évoluer vers un mode de gestion simplifié

La question de l’assurance reste un point d’amélioration. En effet sur cinq compagnies consultées, seulement deux ont fait une offre, car ce contrat n’est pas économiquement intéressant. « Le choix s’est porté sur un contrat à 3.600 € pour 80 véhicules assurés, avec une cotisation annuelle minimale garantie à 1.680 €. Il s’agit d’un contrat dit de flotte fictive, dont la COR se porte garante auprès de l’assureur », indique la chargée de mission. Concrètement, le conducteur principal garde son assurance pour ses propres usages de son véhicule. L’assurance de l’autopartage s’y substitue lorsque le véhicule est conduit par un emprunteur. À terme, une plateforme consacrée aux modes de déplacement alternatifs, mutualisée avec d’autres territoires, pourrait également simplifier la procédure et la gestion, et augmenter le nombre des « autopartageurs ».

L’expérimentation en chiffre

Sur la période expérimentale de 39 mois, de 2017 à 2020, le projet a mobilisé un budget d’environ 173.000 € TTC, dont 83 % consacrés à l’assistance à maîtrise d’ouvrage (142.800 €). Les dépenses internes des collectivités constituent le deuxième poste budgétaire, avec un total de 12 %, dont une partie consacrée à la communication.

Communauté d’agglomération de l’Ouest Rhodanien

Nombre d'habitants :

50657

Nombre de communes :

31
3 rue de la Venne
69170 Tarare

Elsa Bergery

Chargée de mission mobilité

Gilles Dubessy

Vice-président, en charge de la mobilité et de la voirie

Syndicat mixte des transports en commun de l’agglomération clermontoise (SMTC)

2 bis, rue de l'Hermitage
63000 Clermont-Ferrand

Elsa Bergery

Chargée de mission mobilité

Gilles Dubessy

Vice-président, en charge de la mobilité et de la voirie