85% des sites olympiques permanents dans le monde toujours utilisés après les Jeux

Une étude du Comité international olympique montre qu'une immense majorité des sites permanents utilisés à travers le monde depuis plus d'un siècle pour la tenue des Jeux olympiques sont toujours utilisés.

C'est un document qui devrait rassurer tous ceux qui se demandent à quoi vont bien pouvoir servir les équipements construits pour les prochains Jeux olympiques de Paris après les quinze jours de compétition prévus du 26 juillet au 11 août 2024. Un rapport du Comité international olympique (CIO) publié le 20 mai et intitulé "Plus de 125 ans de sites olympiques : utilisation après les Jeux" nous apprend que sur les 817 sites permanents en question (par opposition aux sites temporaires qui ont représenté entre 7% et 16% des sites olympiques selon les époques), 85% sont toujours utilisés. Un chiffre qui passe même à 92% pour les 206 installations permanentes utilisées au XXIe siècle.

Pour le CIO, ce rapport – le tout premier du genre – intervient dans un contexte marqué par la triple nécessité de viser une sobriété économique et écologique dans l'organisation des Jeux, d'enrayer la "crise des vocations", qui a vu baisser le nombre de villes-candidates à l'accueil des Jeux ces dernières années, et d'obtenir l'adhésion de la société civile méfiante face à un méga-évènement réputé gourmand en ressources financières publiques.

Depuis 1896 et la tenue des premiers Jeux olympiques de l'ère moderne à Athènes, 817 sites permanents et 106 installations temporaires ont reçu des épreuves lors de 51 éditions. Sur les 15% de sites permanents qui ne sont plus utilisés, la majorité ont été détruits ou démolis pour diverses raisons, explique le CIO : certains étaient arrivés au terme de leur durée de vie, d'autres ont été détruits en période de guerre ou lors d'accidents, d'autres ont été remplacés par de nouveaux projets d'aménagement urbain. Et seules 35 installations, soit 4% du total, sont fermées, hors service ou abandonnées.

Les grands complexes résistent mieux au temps

En la matière, le temps fait quelque chose à l'affaire, même si la longévité de certains équipements peut laisser songeur. Ainsi, 60% des sites des Jeux d'Anvers de 1920 sont encore utilisés plus de cent ans après l'évènement. Séoul 1988 et Barcelone 1992 utilisent encore respectivement 93% et 94% de leurs installations permanentes. En revanche, seulement 75% des sites d'Athènes 2004 demeurent actifs. Certaines villes-hôtesses des Jeux offrent même des taux d'utilisation de 100%, y compris vingt ans après. C'est le cas pour Vancouver 2010 et Salt-Lake City 2002. Il est vrai qu'il s'agissait dans ces deux cas des Jeux d'hiver dont le nombre de sites permanents est bien moindre que lors des Jeux d'été : douze sites à chaque fois, contre plus de trente pour Athènes 2004 ou Barcelone 1992.

Le CIO s'est également demandé si, parmi les sites utilisés, ceux ayant été construits pour les Jeux avaient mieux résisté au temps que ceux qui leur préexistaient. L'écart est faible entre ces deux catégories : 87% des nouveaux sites permanents sont toujours utilisés, contre 83% des sites préexistants.

L'étude note encore que 87% de ce que le CIO appelle les "grands complexes" (stades, villages olympiques, bassins, vélodromes, etc.) sont toujours en fonction, soit une proportion légèrement supérieure à la moyenne. Parmi les usages post-olympiques, l'étude recense l'accueil de compétitions sportives mais aussi des séances d'entraînement aussi bien pour les athlètes de haut niveau que pour les sportifs amateurs. Le cas du centre aquatique de Londres 2012 est cité en exemple : l'équipement a été reconfiguré après les Jeux et accueille aujourd'hui plus de cinquante écoles ainsi qu'environ 3.500 nageurs et 600 plongeurs chaque semaine. En outre, le rapport met en avant le fait que "les installations olympiques offrent des avantages à long terme plus nombreux lorsqu'elles sont polyvalentes et qu'elles peuvent ainsi accueillir des compétitions sportives et d'autres événements comme des concerts ou des festivals".

Investissements publics

Les Jeux de Paris 2024 vont se tenir sur treize sites à Paris, douze dans le reste de l'Île-de-France et neuf ailleurs en France et en outre-mer. Parmi les équipements sportifs permanents, seuls trois vont être construits spécifiquement pour l'évènement : un centre aquatique à Saint-Denis, une salle omnisport à Paris Porte de La Chapelle, et un mur d’escalade au Bourget.

La Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo) pilote au total 62 ouvrages olympiques pérennes. Outre les sites olympiques proprement dits, il s'agit d'équipements sportifs dédiés aux entrainements, du village olympique et paralympique, ainsi que du village des médias et du centre principal des médias et d’autres types d’aménagements et d’équipements, notamment dans le domaine des transports. Le budget de la Solideo s’établissait à l'origine (valeur 2016) à 3,2 milliards d’euros HT d'investissements, dont 1,4 milliard provenant de l’État et des collectivités territoriales.

 

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