A Alès, les élèves ingénieurs volent au secours de collégiens en difficulté

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Dans le cadre du programme national de réussite éducative, la ville d'Alès a mis en place un système de tutorat original entre les collégiens en difficulté et les étudiants ingénieurs de l'Ecole des mines. En 2010, elle lance un nouveau dispositif de parrainage favorisant l'accès aux outils numériques : "Les Arobases de la fraternité".

Depuis 2008, la ville d'Alès (40.100 habitants, Gard) propose un suivi original des collégiens en difficulté scolarisés en zone urbaine sensible. Aimé Cavaillé, conseiller municipal en charge de la Maison de la science, structure gérée par la ville, et responsable du département mathématiques de l'Ecole des mines d'Alès, revient sur la philosophie du projet : "Certains collégiens, en situation de rupture sur le plan scolaire et familial, avaient besoin d’un encadrement spécifique. Nous avons donc fait appel aux élèves ingénieurs de l'Ecole des mines pour jouer le rôle de tuteur, d'un point de vue social aussi bien que scolaire." Pendant l'année scolaire 2008-2009, ce programme a permis d’accompagner neuf collégiens, l'année suivante quinze et en 2010-2011, vingt et un.

Un module universitaire obligatoire et noté pour le tuteur


Les collégiens sont signalés par les conseillers principaux d'éducation (CPE) des collèges, les associations de quartier ou les services sociaux. Chacun est suivi, souvent pendant plusieurs années, par un étudiant-tuteur. Le tutorat, effectué à titre gratuit, est un suivi de deux heures hebdomadaires pendant l'année scolaire. L’étudiant, qui intervient dans le cadre d'un module universitaire obligatoire et noté, est libre de proposer un soutien scolaire ou d'organiser des activités culturelles ou de loisirs. "Deux mondes se rencontrent : les étudiants ingénieurs, souvent issus de milieux privilégiés, et les collégiens qui se trouvent souvent dans des situations compliquées et parfois hostiles à tout rapport d'autorité. Malgré leurs différences, ils font partie d'une même génération et ont plus de chances de partager des centres d'intérêts ", souligne Aimé Cavaillé.

Un tutorat encadré par la ville


Le programme de réussite éducative de la ville d'Alès finance le dispositif à hauteur de 35.000 euros par an. Cette somme, versée à l'association étudiante chargée du tutorat, couvre les frais liés aux achats de matériel, aux transports ou aux activités. Le comité de pilotage se réunit trois fois par an pour suivre le dispositif. Il est composé de représentants des services sociaux, du service enfance-jeunesse de la ville, des collèges, des associations de quartier et de l'association étudiante. Il sélectionne les collégiens, organise des réunions de bilan avec les parents, suit le parcours des étudiants grâce aux comptes-rendus de tutorat.
Depuis son lancement, la plupart des élèves ont amélioré leurs relations avec leurs parents et ont repris le chemin de l'école. Aujourd'hui, quinze d'entre eux qui avaient "décroché" sont de nouveau sur les rails.

La ville poursuit son soutien au projet éducatif, à travers l'outil numérique


Le nouveau projet éducatif "Les Arobases de la fraternité" lancé par la ville pour l'année scolaire 2010-2011 s'appuie également sur l'intervention des étudiants ingénieurs, toujours dans le cadre de leur cursus universitaire. "Destiné à une centaine d'élèves de collèges et de lycées professionnels, il offre aux jeunes les moins favorisés l'accès à des outils informatiques performants et la formation aux usages numériques", explique le conseiller municipal.
Chaque élève ingénieur encadre deux à trois collégiens, et les incite à développer d’usages que les réseaux sociaux ou les jeux en ligne, en les guidant dans la recherche d'informations ou l'usage des logiciels de bureautique. Les participants ont accès aux espaces publics numériques municipaux de la médiathèque et du pôle culturel et scientifique Rochebelle qui a ouvert ses portes en septembre 2010. Ils peuvent également utiliser les ordinateurs de la maison de l'emploi.
Les Arobases de la fraternité, également suivis par les services municipaux, bénéficient d'un financement de 5.000 euros par an.

Laura Henimann / PCA pour la rubrique Expériences du site www.mairieconseils.net
 

Ville d'Alès

30100 Alès

Aimé Cavaillé

Conseiller municipal, délégué à la Maison de la science et au Centre culturel scientifique, technique et industriel
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