Amiens Métropole donne un nouveau souffle à son label Ville d'art et d'histoire

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Tourisme, culture, loisirs

Somme

Lors de la création de la communauté d'agglomération en 2000, les élus délèguent à cette dernière la compétence culturelle, et Amiens Métropole retisse le fil des actions mises en place par la ville centre dans le cadre du label Ville d'art et d'histoire.

Détentrice du label Ville d'art et d'histoire accordé par le ministère de la Culture et de la Communication, Amiens est engagée depuis 1992 dans une "démarche volontaire de conservation et de sensibilisation de son patrimoine". Parmi les objectifs de la convention qui lie la ville au ministère : l'initiation du jeune public à l'architecture, au patrimoine et à l'urbanisme. Avec la délégation de la compétence culturelle, la communauté d’agglomération Amiens Métropole (33 communes, 176.189 habitants) a progressivement redynamisé les actions et élargi l’offre.

Sensibiliser, c'est aussi donner le choix

Pour s'éveiller au patrimoine amiénois pendant leurs vacances, les enfants de huit à douze ans ont en 2011 trois possibilités : les "tchots reporters" ("petits reporters" en picard) qui les emmènent dans la ville contemporaine avec une énigme à résoudre ; "archéojeunes", qui les plongent dans les mystères de la préhistoire au jardin archéologique de Saint-Acheul ; les "patrimômes", qui leur ouvrent les portes d'une dizaine de sujets pointus sur l'histoire de la ville, telles les polychromies de la cathédrale Notre-Dame. La variété des thèmes, lieux et horaires crée une offre globale qui s'appuie sur le jeu (ateliers de fabrication d'outils par exemple).

Savoir faire évoluer l’offre et bien communiquer

Créés en 2004 pour les enfants à partir de 8 ans, chaque "patrimôme" ou "archéojeune" a vu son public croître régulièrement et réunit en moyenne huit enfants, soit deux fois plus qu'à leurs débuts. Un succès qui trouve ses clés dans la qualité de l'animation assurée par un guide-conférencier, le plaisir de l'interactivité, le renouvellement et l'actualisation des thèmes. Cependant cette combinaison n'est pas suffisante pour être gagnante. Créés en 2010, les "tchots reporters", version locale de l'opération nationale "L’été des 6-12 ans", n'a vu aucun enfant la première année. Les raisons de ce difficile démarrage ? "Peut-être une inadaptation de l'offre à la cible : des enfants de touristes. D'où la difficulté des parents pour les confier à des services qui ne leur sont pas familiers", analyse la chargée des actions éducatives. En 2011, la communauté modifie alors sensiblement le cap en invitant les parents, sans augmentation tarifaire, et enregistre dès lors une vingtaine de participants. Autre condition indispensable, une bonne information vers le grand public : "On peut avoir une bonne programmation, si une communication ne la soutient pas de manière continue, son succès est contrarié."

Un groupe de travail pédagogique animé par le service intercommunal

Ces actions sont mises en œuvre par trois personnes au sein du service Patrimoine et Tourisme de la communauté d’agglomération : en plus du directeur de service, une chargée des publics met en musique programmation, horaires, lieux, autorisations... tandis qu’une chargée des actions éducatives conçoit le contenu scientifique et technique. A cette équipe intercommunale s'ajoutent des guides-conférenciers agréés par le ministère de la Culture et imposés par le label. Bien que vacataires, ces derniers ont été intégrés au groupe de travail pédagogique monté par le service en 2007 et bénéficient par ailleurs de formations communautaires : handicap, actualisation de connaissances...

Une programmation basée sur la cohérence...

Les trois types d’animations sont proposés au prix unique de trois euros par enfants (tarif 2011) et accueillent au total environ 1.000 jeunes chaque année. Sur une année, une action comme "patrimômes" propose cinquante visites, coûte 5.500 euros et en rapporte seulement 1.600. Les subventions annuelles de la Drac pour le jeune public ne suffisent pas à couvrir tous les frais. "Quand les produits sont commercialisés par l'office de tourisme aux populations scolaires, le retour sur investissement est possible", observe la chargée des actions éducatives. Reste que si la fréquentation est un indicateur de réussite, ce n'est pas pour autant que la communauté la considère comme un élément décisif de ses choix. "Le thème de l’architecture moderne par exemple n'est pas un thème porteur, mais il est néanmoins maintenu car il fait partie de l'histoire de la ville. Notre stratégie est basée sur la cohérence de la programmation et le renouvellement des thèmes et des publics", insiste la chargée des actions éducatives.

… et adaptée aux enseignements scolaires

Vacances ou non, l'offre est calée sur les programmes scolaires. Il faut dire qu'ils sont 10.000 scolaires, âgés de 3 à 20 ans, à profiter chaque année de l'offre culturelle du service Patrimoine et Tourisme d’Amiens Métropole. De plus, depuis qu'en 2010 l'histoire des arts a fait son entrée à l'école, dans toutes les classes et pour tous les professeurs, les relations entre les enseignants et le service communautaire se sont bien resserrées. "Avec cette réforme, les enseignants sont plus nombreux à nous solliciter. Soit parce qu'ils sont démunis pour aborder certaines notions comme la chronologie ; soit parce qu'ils souhaitent illustrer leur cours en s'appuyant sur le patrimoine culturel." L'histoire des arts est ainsi devenue une priorité du groupe de travail pédagogique.

Myriam Journet / Agence Traverse, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

Amiens Métropole

80000 AMIENS

Alain David

vice-président chargé de la culture

Céline Csore

chargée des actions éducatives, service patrimoine et tourisme
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