Après l’urgence post-inondations, Carcassonne Agglo mise sur la résilience

Suite aux très graves inondations d’octobre 2018 qui ont provoqué la mort de 15 personnes, Carcassonne Agglo a répondu à l’urgence. Puis, très vite, elle s’est engagée avec de nombreux partenaires dans un vaste programme pour rendre ce territoire résilient sur le long terme.

La vulnérabilité aux inondations du territoire de Carcassonne Agglo a été cruellement mise en évidence lors des crues soudaines d’octobre 2018 qui ont eu des conséquences tragiques pour les personnes et les biens. Au total 15 personnes ont perdu la vie, et jusqu’à 80% des habitations ont été inondées dans la commune la plus touchée, Villegailhenc.

D’abord répondre à l’urgence

"Sortant de son champ de compétences, l’Agglo est aussitôt intervenue en appui aux communes sinistrées, notamment pour effectuer les gros travaux de nettoyage et apporter une aide matérielle", rappelle la directrice du département Aménagement et Mobilités, Pascale Cecconello. Très vite a également surgi la question du relogement des ménages dans des communes dépourvues des moyens de tous les prendre en charge. L’Agglo est d’abord intervenue en urgence puis en appui du dispositif de relogement mis en place par l’État, via une maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS) relogement, confiée à l’opérateur Soliha.

Mise en œuvre d’un PIG post-inondations

"Dans un second temps, poursuit la directrice, le sujet de la remise en état des logements a mis en évidence le reste à charge important qui allait peser sur les ménages malgré l’indemnisation de leur assurance." C’est alors que la conclusion d’un programme d’aide à la reconstruction (PIG) post-inondations avec l’État et l’Agence nationale de l’habitat (Anah) s’est imposée pour aider financièrement les ménages et les accompagner dans les démarches techniques et juridiques complexes. Signé en mars 2019 pour un an, ce dispositif dérogatoire a été prolongé jusqu’en août 2020 afin de boucler les derniers dossiers. La préfecture est aussi intervenue comme médiateur auprès de la Fédération nationale des assureurs pour finaliser les cas les plus difficiles.

Le contrat de transition écologique : un outil de résilience durable

En complément du PIG, l’Agglo et les autres collectivités du territoire ont décidé de s’engager dans une démarche de résilience en souscrivant un contrat de transition écologique (CTE) avec l’État pour reconstruire le territoire dans une perspective de durabilité. "Les quatre communes les plus gravement touchées avaient lancé des études urbaines leur permettant de se projeter dans un programme d’aménagement global tenant compte des démolitions des habitations les plus dégradées bénéficiant des fonds Barnier", précise Pascale Cecconello.

Une reconstruction exemplaire du territoire

Signé en février 2020, le CTE s’organise autour de trois orientations majeures : concourir à la reconstruction exemplaire du territoire, assurer la gestion durable de la ressource en eau ainsi que la résilience aux inondations et développer l’économie de la transition. Le CTE a été élaboré dans le cadre d’une démarche partenariale regroupant tous les acteurs concernés, et notamment la direction départementale des territoires et de la mer (DDTM) déjà très associée au PIG post-inondations. L’Agglo assure la conduite de ce vaste projet qui comporte 22 fiches actions dont 13 sont en cours de réalisation. En outre, les 14 fiches projets en cours d’approfondissement entreront en phase opérationnelle d’ici à la fin 2020.

L’indispensable concertation des habitants

Les contenus et les objectifs du CTE ont fait l’objet d’un travail étroit entre les communes qui ont conduit des études urbaines en association avec les services de l’État et l’Agglo. Confiées à des bureaux d’études en urbanisme et aménagement, elles comportent toutes un volet concertation des habitants. "Elles ont ainsi permis de se projeter dans la réappropriation de l’espace public libéré par les démolitions Barnier et de construire des projets partagés", explique la directrice de l’Aménagement et des Mobilités. "À Villegailhenc, par exemple, où plus de la moitié du centre ancien sera démoli (70 maisons), il est indispensable que le projet d’aménagement retenu obtienne le consentement des habitants pour qu’ils se réapproprient leur environnement."

Les actions sont engagées mais le chemin est encore long

Démolir, reconstruire, réaménager en organisant la résilience durable du territoire exige des programmes de financement très importants. L’État et la région ont mis en place des dispositifs exceptionnels et le CTE permet de mobiliser des fonds via les organismes associés tel que l’agence de l’eau. À ce jour les plans de financement des reconstructions ne sont pas encore finalisés. Les démolitions Barnier viennent tout juste de commencer et les actions prévues s’échelonneront sur plusieurs années. Le chemin à parcourir pour atteindre tous les objectifs est donc encore long.

Qui fait quoi ?

Plusieurs acteurs sont intervenus d’abord pour parer à l’urgence et ensuite pour élaborer un projet rendant le territoire plus résilient :
- l’État a accompagné les communes dans la conduite des études, défini les logements éligibles à la loi Barnier, financé le programme du PIG post inondations, engagé la révision des plans de prévention des risques inondation (PPRI) ;
- les communes ont porté les projets de reconstruction, maintenu le lien direct avec les habitants ;
- l’établissement public foncier Occitanie (EPF) a été mandaté par l’État pour porter les acquisitions foncières Barnier et rétrocéder ensuite les biens aux communes ou aux syndicats de rivière ;
- le syndicat mixte des milieux aquatiques et des rivières (Smarr), porte les études hydrauliques et les travaux d’aménagement des cours d’eau dans le cadre du programme d'actions de prévention des inondations (Papi) ;
- l’Agglo porte le PIG post-inondations, le CTE et elle accompagne les communes ;
- d’autres acteurs sont associés à ce grand projet : le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de l’Aude et l’Architecte des bâtiments de France.

Communauté d'agglomération Carcassonne Agglo

Nombre d'habitants :

115931

Nombre de communes :

83
1 rue Pierre-Germain
11000 Carcassonne

Pascale Cecconello

Directrice adjointe Aménagement et Mobilités