Creuse

Atelier d'urbanisme rural : les compétences locales en réseau (23)

Aménagement et foncier

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C'est une idée toute simple - mettre en réseau les compétences des différents acteurs - qui a fait naître l'atelier local d'urbanisme rural (Alur) du pays Combraille en Marche dans la Creuse. Depuis 2011, les acteurs locaux portent cet outil informel qui a permis de réaliser une quinzaine de projets de bâtiments ou d'aménagements d'espaces publics en renouvelant en profondeur la démarche des projets.

En 2010, à l'occasion du bilan des projets cofinancés par le conseil général de la Creuse, la région Limousin et l'Etat, le pays Combraille en Marche constate que la réalisation de bâtiments ou d'aménagements publics nécessite de plus en plus de technicité. Notamment parce que les partenaires financiers ont des exigences croissantes : labellisation, développement durable. Créé la même année, l'atelier local d'urbanisme rural (Alur) est un début de réponse à ce besoin d'ingénierie dans les territoires ruraux. Son objet : mettre à disposition des communes et intercommunalités les compétences leur permettant de réaliser dans de bonnes conditions leur projet de construction ou d’aménagement.

L'Alur ne coûte rien : c'est un état d'esprit

Le projet lancé en 2010 est expérimental et se fonde sur un principe : le pays veut construire les bases de cet atelier au fur et à mesure de l’accompagnement des projets, et cela avec les moyens humains existants. "L'Alur ne coûte rien : c'est un état d'esprit" explique Nicolas Taillandier, directeur du Pays Combraille en Marche qui anime et coordonne l'Alur. "Pour cela, nous avons mis autour de la table les représentants de plusieurs instances ayant des missions d'accompagnement : le CAUE, la DDT, le conseil général ou le conseil régional." En trois années de fonctionnement, l’Alur a accompagné une quinzaine de projets inscrits à la convention territoriale 2011-2013 : rénovation de d'une piscine, réaménagement de places publiques, transformation d'une grange en ruine en jardin public... Ces projets sont portés par des communes ou intercommunalités volontaires.

Pour chaque projet, un groupe de travail, avec un animateur référent

Pour chaque projet, un groupe de travail se constitue autour du maître d'ouvrage : élus et techniciens de la collectivité porteuse et techniciens spécialisés des organismes partenaires. Parmi ces membres, le groupe de travail désigne un animateur référent qui veille à ce que l'information circule, que les comptes rendus soient transmis. Autour de ce noyau peuvent s'ajouter parfois des techniciens spécialisés du Conseil général ou des services de l'Etat (culture, jeunesse, sport). Ce groupe de travail aide le maître d'ouvrage à formuler son projet et l’accompagne depuis la définition du projet jusqu'à la sélection d'un maître d’œuvre. Cette mission d'accompagnement, qui prend la forme de visites de terrain, d'analyse des procédures possibles, d'aide à la rédaction du cahier des charges… nécessite 3 à 10 réunions selon l'importance et la complexité du projet. Régulièrement, l'Alur propose également des sessions de formations d'une journée aux techniciens et élus : procédures de marchés publics, conduite de projet… L'enjeu est d'apprendre à faire ensemble.

Mise en commun des expertises pour des résultats tangibles

"Dans le paysage du Pays, on repère aujourd'hui les projets accompagnés par l'Alur : aux matériaux utilisés, aux innovations techniques comme une toiture végétalisée", observe le directeur du Pays. Des innovations qui s'expliquent par le recours à de nouvelles compétences en maîtrise d’œuvre jusque-là peu sollicitées : paysagistes, programmistes. Notamment parce que, grâce au fonctionnement en réseau, l'Alur a élargi le choix des agences d’architecture et de bureaux d’études sollicités lors des appels d’offres, et a ainsi renouvelé les prestataires de maîtrise d’œuvre.
Avec l'Alur, les projets sont également discutés beaucoup plus en amont et souvent mieux financés du fait de la solidité de la démarche, repérée par les partenaires financiers. Ainsi, le projet initial de petite remise à niveau de la piscine d'Evaux-les-Bains a-t-il été retravaillé, avec étude de programmation, pour permettre un projet plus ambitieux mobilisant au mieux les financements.

Institutionnaliser a minima Alur pour consolider l’outil ?

L'Alur a fait bouger les lignes, les partenaires ont appris à se connaître et se respecter. "Certains travaillent aujourd’hui selon les principes de l'Alur sans s'en rendre compte !" souligne le directeur. Mais l'outil reste fragile. Il n'est pas toujours simple de trouver un référent : les techniciens du Pays ont dû assurer cette fonction pour deux ou trois projets, le reste étant assuré par des partenaires ou des maîtres d'ouvrage.
L'Alur dépend aussi beaucoup de l'engagement personnel d'individus motivés. Le départ d'un technicien d’une structure partenaire ne garantit pas que son remplaçant sera présent sur ce dispositif qui n'est pas institutionnalisé. Et si le Pays souhaite que tous les projets de la prochaine convention territoriale soient accompagnés en mode Alur, le directeur reconnaît qu'il va peut-être falloir institutionnaliser a minima la démarche qui est restée jusqu’à présent très informelle.

Claire Lelong pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info
 

L'Alur provoque une approche plus participative
L'Alur a permis de proposer des formes plus participatives d'élaboration des projets. Exemple avec "les cafés d'été" sur la commune de Chambon-sur-Voueize (1.000 habitants) : des temps d'expression donnés aux habitants pour s'exprimer sur leurs attentes de réaménagement de la place du village. Autre initiative : l'équipe de paysagistes mandatée pour le projet d'aménagement du bourg de de Bussière-Nouvelle (110 habitants), s’est installée dans un gîte durant plusieurs semaines et ont convié les habitants à apporter leurs connaissance et agir collectivement en remettant en état un chemin creux".
Communication originale sous le signe de la convivialité
Le pays Combraille en Marche a choisi une forme originale de communication pour lancer le projet : "nous avons envoyé une information aux partenaires du pays sous forme de "sachets d'Alur" : ceux-ci comprenaient une présentation du projet et cinq sachets d'infusion aux noms explicites : Innovation, Changement, Convivialité, Développement Durable et Partenariats. Ensuite, une journée atelier d'écriture a permis aux partenaires de rédiger ensemble la notice d'utilisation de l'Alur, à la manière d'une notice médicamenteuse. Au-delà de la qualification technique des projets, l'Alur génère aussi de la convivialité autour du projet.

Contact(s)

Pays de Combraille en Marche

11 grande Rue- BP 6
23700 Mainsat
05 55 83 11 17
Nombre d'habitants : 29000
Nombre de communes : 80
Nom de la commune la plus peuplée : Boussac (1327 hab.)

Valérie Simonet

Présidente

Nicolas Taillandier

Directeur
nicolas.taillandier@payscombrailleenmarche.org

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