Maine-et-Loire

Christophe Trehet

Au Pays des Mauges, compostage, recyclage, réemploi devenus réflexes (49)

Environnement

Energie

Un passage tous les 15 jours pour les poubelles ramassées, une très forte diminution des volumes collectés et une facture réduite pour les ménages. Le Sirdomdi, syndicat intercommunal en charge de déchets, a mené au fil des ans une politique volontariste, en lien avec la redevance incitative, qui a donné des résultats probants. Les gains générés permettent de financer des emplois.

"Alors qu’en 2008, nous gérions 168 kg d’ordures ménagères résiduelles par habitant et par an, ce chiffre s’établit en 2016 à 102 kg contre 260 kg en moyenne en France, se réjouit le président du Sirdomdi, Jacky Bourget. Nos coûts ont baissé de 17% dans la même période et la facture moyenne par foyer ne dépasse plus désormais les 120 euros par an."
Entre-temps, labellisé "territoire zéro déchet, zéro gaspillage", le Sirdomdi a créé au total 9 postes pour la mise en œuvre et pour l’animation de la prévention des déchets. Retour sur les étapes de cette démarche de longue haleine.

Tout un territoire mobilisé depuis des années

Si ce syndicat intercommunal de gestion des ordures ménagères qui regroupait 54 communes entre Angers et Nantes - regroupées aujourd’hui en 5 communes nouvelles -, est parvenu à faire baisser fortement le volume et les coûts de gestion des déchets, c’est qu’il a réussi à mobiliser tout un territoire (près de 100.000 personnes) qui s'est mis à penser autrement les déchets. Et cela, grâce à un programme de prévention des déchets ménagers et professionnels associant redevance incitative, compostage à domicile, filières de recyclage et réemploi

Dès le départ, la volonté de réduire les déchets à la source

Lorsqu’en 2008, les élus du Sirdomdi, décident d’entreprendre un vaste chantier pour optimiser les collectes des déchets, c’est d’emblée avec le souci de réduire leur quantité à la source chez les particuliers et les professionnels. Un principe circule même déjà dans les discussions : remplacer la taxe forfaitaire par la redevance incitative qui consiste à facturer aux usagers le nombre de levées de bac qu’ils présentent à la collecte.

Des élus convaincus par la redevance incitative via la collecte robotisée

Lors de deux voyages d’études en Allemagne et en France, les élus découvrent les camions de ramassage robotisés et les bacs munis de puce qui sont généralement associés à cette redevance. "Sécurisés et efficaces, ces équipements nous ont tout de suite convaincus", se souvient le président du Sirdomdi, Jacky Bourget. En partenariat avec son prestataire de ramassage, le syndicat enclenche un premier essai de collecte robotisée en 2007 sur la communauté de communes de Saint-Florent-le-Vieil.

Généralisation de la redevance : faire preuve de pédagogie

A partir de 2011, la redevance incitative est mise en place sur l’ensemble des communes de l’EPCI. Pour réduire leur facture, les habitants ne présentent leurs bacs qu’une fois tous les 15 jours. Le Sirdomdi décide alors d’assurer une collecte par quinzaine auprès des particuliers. La dimension écologique de l’initiative du Sirdomdi amène la préfecture à lui accorder une dérogation (voir encadré en fin de texte).
Reste que face aux protestations de certaines professions dont l’activité génère un volume important de déchets, l’équipe du Sirdomdi a dû se mobiliser lors de réunions publiques ou via son accueil téléphonique pour expliciter les intérêts d’une telle évolution.
Au 1er décembre 2016, pour les foyers équipés d’un bac à ordures ménagères de 140 litres, la redevance incitative comprend une part fixe mensuelle de 6,64 € auxquels s’ajoutent 3,51 € par levée de bac.

80% des habitants pratiquent le compost

La pédagogie est d’autant plus indispensable que le Sirdomdi a engagé dès 2010 un programme de prévention des déchets avec l’Ademe, doublé de la labellisation "Territoire zéro déchet, zéro gaspillage" à partir de 2014. 
Ces dispositifs comprennent des actions multiples, qui vont de la promotion des couches lavables à l’incitation au compostage. "Nous avons proposé aux familles des composteurs à 15 €, et les avons incités aussi à composter avec d’autres techniques, résume pragmatiquement le président du Sirdomdi. Aujourd’hui, nous évaluons à plus de 80% la part des habitants de notre territoire compostent !"

Filières de recyclage et de réemploi

Le Sirdomdi a créé des postes de "gardien valoriste" dans ses 15 déchetteries. Ces derniers redirigent les objets pouvant encore servir vers l’"Ecocyclerie", la recyclerie implantée à Saint-Quentin-en-Mauges dans une ancienne usine à chaussures où les habitants apportent eux aussi également des objets dont ils n’ont plus l’usage.
Autre exemple : en partenariat avec une association de personnes en situation de handicap, le Sirdomdi propose gratuitement aux collectivités territoriales et aux associations une mise à disposition de gobelets réutilisables pour leurs évènements.
En 2017, des projets sont en cours avec les chambres consulaires afin de développer la filière des cartons ou encore d’enclencher le partage d’énergie entre sites de production. Un pas vers l’économie circulaire.

Obligations légales
Lors du passage à la taxe incitative, le Sirdomdi a conservé la collecte hebdomadaire pour les professionnels produisant des déchets devant être collectés toutes les semaines.
En revanche, la sous-préfecture du département avait signalé aux élus que la loi les obligeait à ramasser les poubelles des particuliers toutes les semaines dans les zones de plus de 500 habitants agglomérés. La dérogation porte sur ce volet.

 

Contact(s)

Sirdomdi

Rue Robert Schuman, La Loge,
49600 Beaupréau en Mauges
sirdomdi@paysdesmauges.fr
Nombre d'habitants : 97900
Nombre de communes : 5
Nom de la commune la plus peuplée : Beaupréau en Mauges (23393 hab.)

Jacky Bourget

Président

Rénovation thermique des bâtiments publics

Une priorité du Grand Plan d’Investissement pour favoriser les économies d’énergie, réduire les émissions de CO2 et encourager le développement des énergies propres.

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