Paris

Avec les restes de leurs repas, les élèves du 9e arrondissement de Paris produisent de l'énergie (75)

Environnement

Energie

C’est désormais une habitude pour les enfants des écoles du 9e arrondissement de Paris. Chaque midi, une fois leur repas terminé, les élèves se dirigent vers une table spécialement conçue pour le tri. Alors que les plus jeunes sont guidés par une animatrice de l’école, les plus grands trient leurs déchets avec beaucoup de naturel.

Depuis 2015, la mairie du 9e s’est associée à une entreprise locale pour la mise en place de la collecte des déchets alimentaires de ses 20 écoles ainsi qu’un collège, et leur transport vers une usine de méthanisation.
En décidant de s’engager dans une telle procédure de valorisation des déchets alimentaires, l’équipe municipale du 9e arrondissement (60.000 habitants) est allée au-delà des obligations légales actuelles. "Par le biais de notre caisse des écoles, nous souhaitions ainsi sensibiliser les élèves de nos écoles au gaspillage alimentaire et à la diminution des déchets, convaincus qu’ils en seraient les meilleurs ambassadeurs", explique la maire, Delphine Bürkli.

Une start-up lauréate d’un appel à projets sur le métabolisme urbain

Un concours de circonstance a favorisé cette mobilisation : en 2014, une start-up locale, qui accompagne les restaurants collectifs pour trier les biodéchets, puis les acheminer par des camions fonctionnant au biogaz vers une usine de méthanisation à une centaine de kilomètres de Paris, s’est présentée à un appel à projets sur le métabolisme urbain lancée par la mairie de Paris. Lauréate, elle s’est naturellement tournée vers la caisse des écoles du 9e arrondissement comme terrain d’expérimentation.

Phase test avec deux écoles

La mobilisation a démarré en avril 2015 dans deux écoles-test. Tandis que la caisse des écoles a informé et motivé ses équipes de cantine et le personnel éducatif, la start-up mettait en place l’organisation nécessaire pour une collecte spécifique des biodéchets, en lien avec les services de la mairie du 9e : diagnostic sur le circuit optimal, documents de signalétique, installation de tables de tri et de bacs spécifiques. Il a fallu également travailler à un planning de collecte pour l’acheminement vers l’usine de méthanisation et la traçabilité du volume de déchets collectés et transformés.

L’enjeu d’un travail pédagogique ludique et efficace

Le tri des déchets n’étant pas a priori un sujet attractif, il a fallu créer de l’intérêt autour de quelque chose qui, à la base, est dévalorisé. Ensemble, les équipes de la start-up et de la caisse des écoles du 9e ont animé des ateliers à destination des élèves, ainsi que des responsables de cantine. Élèves et personnels ont montré un engouement et une adhésion très forte.

"Le plus spectaculaire reste la façon dont les enfants s’approprient l’action : créer de l’énergie avec leurs déchets grâce à la méthanisation est extraordinaire pour eux. Dès lors, trier devient très vite un geste quotidien intégré aux repas, se félicite l’élue. Nous avons pu compter également sur la mobilisation des responsables de la caisse des écoles et des équipes des cuisines. Ces dernières se montrent très impliquées : cette initiative à le double intérêt d’être valorisante pour ces métiers, tout en simplifiant une partie de leur travail."

6 tonnes de bio-déchets collectées par mois

Face à cette réussite, le dispositif a été étendu en mars 2016 aux vingt écoles de l’arrondissement et à un collège. C’est ainsi que près de 4.000 enfants ont été formés et sensibilisés au recyclage et au gaspillage alimentaire, avec l’implication de plus de 70 adultes, directeurs d’écoles, animateurs et personnel de cantine.Depuis, au total 6 tonnes de bio-déchets sont collectées en moyenne chaque mois.
La caisse des écoles verse une redevance à la tonne de déchets collectés par la start-up. Soit un budget d’environ 1.000 euros par an et par établissement. Chaque tonne de déchet génère 350 m3 de gaz et 950 kilos d’engrais naturel. Ce même gaz qui permet ensuite au nouveau véhicule de livraison de la caisse des écoles de fonctionner.

Premiers enseignements : chef de projet, progressivité et partenaire technique et pédagogique

"Nous sommes parvenus à démontrer qu’il était possible de réaliser dans un délai très court une politique de réduction des déchets de cantines viable, poursuit la maire du 9e. Pour cela, nous avons pris soin de désigner un chef de projet qui soit l’interlocuteur des différents acteurs scolaires et de la start-up : nous avons désigné le directeur de la caisse des Eéoles. Il est aussi important de prévoir une montée progressive de l’opération : la réussite dans une école convainc la suivante et permet d’adapter le dispositif à chaque établissement. Enfin, nous avons pu nous appuyer sur l’assistance technique et pédagogique de la start-up."

Pour ce dispositif, la mairie du 9e a reçu, en février 2016, le prix des éco-maires. "Nous espérons, conclut la maire, que les enfants pourront diffuser ces bonnes pratiques auprès de leurs parents."

Obligations légales
Depuis le 1er janvier 2016, tous les établissements qui génèrent plus de 10 tonnes de biodéchets par an sont dans l’obligation de les trier, de les collecter et de les valoriser par compost ou méthanisation. Il s’agit du dernier seuil de la loi du Grenelle 2 qui rend responsable tous les acteurs de la restauration collective produisant 10 tonnes de déchets par an, ou en moyenne 150 à 300 repas par jour.

Michel Léon, Titres & Chapos pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

Contact(s)

Caisse des écoles de la mairie du 9e arrondissement de Paris

6 rue Drouot
75009 Paris
01 71 37 76 60
contact@cde9.fr
Nombre d'habitants : 60000
Nom de la commune la plus peuplée : Paris (2240000 hab.)

Delphine Burkli

Maire, conseillère régionale, présidente du comité de gestion de la caisse des écoles

François Gallet

Directeur de la caisse des écoles du 9e arrondissement
francois.gallet@cde9.fr
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