Avec son potager communal, Dompierre-sur-Yon produit des légumes pour l’aide alimentaire (85)

Une commune qui devient productrice et non plus seulement distributrice d’aide alimentaire : c’est le choix de Dompierre-sur-Yon qui a créé son potager communal solidaire. Directement issu de la crise du Covid-19, ce projet pousse sur un terreau citoyen très actif autour des questions de production locale, d’autosuffisance alimentaire et de gestion des biodéchets.  

Dompierre-sur-Yon (4.200 habitants) fait partie de l’agglomération de La Roche-sur-Yon. La majorité des actifs travaille dans la ville-centre ou à Nantes, à 45 minutes en train. « Nous sommes une commune périurbaine très étendue, où un tiers de la population vit en secteur rural, explique l’ajointe à l’environnement, Cécile Dreure. Nous travaillons à accroître l’autonomie alimentaire de la commune, en priorité en soutenant l’agriculture locale. »

Une parcelle communale de 50 ares

Le projet de jardin communal a été lancé fin avril 2020. « Dès les premières semaines de confinement, nous avions été alertés par le CCAS qui a vu le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire passer de 9 familles il y a 2 ans à 25 familles aujourd’hui, soit près de 70 personnes, et par des habitants qui craignaient une pénurie alimentaire à l’automne si les échanges commerciaux ne reprenaient pas », reprend l’élue. Le projet est rapidement monté par la commune avec le CCAS de Dompierre-sur-Yon, les bénévoles de la distribution alimentaire municipale et des habitants volontaires.

La commune fait préparer une parcelle communale de 5.000 m² autour de son complexe sportif. Elle fournit le petit matériel, l’adduction d’eau et prend à sa charge l’achat des plants auprès d’une jardinerie locale.

Paniers solidaires hebdomadaires et réserves pour le restaurant scolaire

Le potager solidaire est cultivé par un agent technique de la commune. « Nous estimons la charge de travail à un mi-temps annuel, mais l’agent y a consacré tout son temps durant la saison. Nous avons fait appel ponctuellement à des volontaires pour les récoltes. »

Commencées mi-mai, les plantations sont des produits directement consommables ou faciles à cuisiner, de saison comme de conservation : tomates, poivrons, aubergines, navets, courgettes, carottes, concombres, haricots, betterave, pomme de terre...

À partir du début de l’été, le potager communal est en capacité de distribuer un panier par semaine aux bénéficiaires de l’aide alimentaire. La récolte est exceptionnelle : durant les mois de juillet et août, le jardin produit 1 tonne de courgettes, 530 kg de concombres, 88 kg de haricots... 2 tonnes de pommes de terre, 250 kg de tomates, 3.000 poireaux sont encore attendus d’ici l’automne. « Il était difficile de prévoir les quantités, poursuit l’élue. Les surplus ont été livrés au centre de loisirs, et le cuisinier, qui est aussi celui du restaurant scolaire, a congelé des légumes pour l’année. C’est cohérent avec le repas à 1 euro, que nous avons mis en place dès le lancement du dispositif d’État en 2019. »

Perspectives : approfondir la complémentarité avec l’agriculture locale

Le potager communal est donc une nouvelle étape dans la réflexion sur la relocalisation de l’alimentation, qui préexistait à la crise du Covid. « La vie agricole est dynamique, avec 15 exploitations sur le territoire, dont plusieurs en agriculture biologique et circuits courts. Une installation en maraîchage a eu lieu en 2019. Cela nous permet déjà d’approvisionner le restaurant scolaire à 50% en produits bio et locaux. Si le jardin communal apporte une part à l’objectif de 100% d’approvisionnement local, notre priorité reste de travailler avec tous les agriculteurs qui le souhaitent et de favoriser les installations », indique l’élue.

Développer la participation des habitants

La mairie peut compter sur une base citoyenne très engagée autour des questions de transition écologique et sociale. Il existe ainsi une plateforme associative de compostage gérée par un groupe de bénévoles depuis 2003 (encadré). En 2019, un collectif d’habitants a créé un verger collectif sur un terrain mis à disposition par la commune. « Ce noyau d’habitants très impliqués est essentiel, mais nous voulons aller plus loin. Par exemple, nous voulons tirer parti de la proximité du jardin potager et des équipements sportifs pour établir des liens avec les clubs, qui ont une vocation d’éducation citoyenne. Le jardin doit devenir un lieu d’observation et d’expérimentation. En nous appuyant davantage sur l’aide des habitants, nous voulons aussi dégager du temps à l’agent technique pour qu’il puisse accompagner des expériences de jardins partagés dans les quartiers. »

Association compostage de Margerie

En 2003, La Margerie a été la première plateforme citoyenne de compostage collectif. Elle est gérée par des « relais de quartier » bénévoles qui conseillent les personnes intéressées par le compostage de leurs déchets verts et fermentescibles : biodéchets ménagers et de jardin, sapins de Noël... 40 tonnes sont produites par an, avec 40 à 60 passages par semaine. En 2010, la structuration du collectif en association a facilité les relations avec les collectivités territoriales.

Commune de Dompierre-sur-Yon

Nombre d'habitants :

4200
20 rue du Vieux Bourg
85170 Dompierre-sur-Yon

Cécile Dreure

Adjointe à l’environnement, transition écologique, résilience du territoire, aménagement et économie

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