Bas-Rhin

Bas-Rhin : l'activité physique de 1.000 collégiens sous l'oeil des chercheurs

Tourisme, culture, loisirs

Le conseil général du Bas-Rhin soutient l'étude Icaps menée dans huit collèges pendant quatre ans. Objectif : mesurer l'impact de l'activité physique sur la sédentarité. Une expérimentation inédite : 500 élèves de sixième font davantage de sport, 500 conservent leurs bonnes et mauvaises habitudes...
image mairie conseils

Pour la première fois, le bénéfice d'une pratique physique régulière sur l'état de santé des jeunes à long terme fait l'objet d'une évaluation approfondie. Lancée en 2002 et prévue sur quatre ans, l'action Icaps (intervention auprès des collégiens centrée sur l'activité physique et la sédentarité) est initiée et conduite par des chercheurs de l'université Louis-Pasteur de Strasbourg, sous la direction du professeur Chantal Simon. Il semblait d'autant plus pertinent de mener l'Icaps dans le Bas-Rhin que les chiffres d'obésité et de mortalité cardio-vasculaire y sont plus élevés qu'ailleurs en France.
L'étude réalisée dans huit collèges auprès de 1.000 élèves de sixième vise à démontrer les bénéfices de l'activité physique sur le risque vasculaire et le surpoids. Dans quatre collèges témoins, les élèves conservent leur rythme habituel d'activités. Dans les quatre "collèges-action", les élèves profitent d'un accès facilité à diverses activités, et participent à une réflexion sur le rôle de celles-ci. Leurs habitudes de vie, leur comportement et leur état de santé sont comparés à ceux de la population témoin.
Pour un impact optimal d'Icaps, un partenariat étroit a été développé entre les équipes de chercheurs, les collectivités territoriales (le conseil général du Bas-Rhin et les municipalités des collèges-action), les équipes pédagogique et administrative des établissements, les associations sportives, les centres socio-culturels et les parents d'élèves.

Un double objectif

L'étude Icaps a une double visée, comportementale et scientifique. Sur le premier objectif, il s'agit de faire évoluer les modes de fonctionnement des adolescents en les amenant à augmenter leur niveau d'activité physique et à réduire leurs comportements sédentaires sur la durée. Sur le plan scientifique, l'impact des actions de lutte contre la sédentarité et de promotion de l'activité physique sur l'état de santé des jeunes est mesuré chaque année. Tout au début de la mise en place de l'action, les collégiens ont été soumis à un questionnaire et un bilan médical. Deux éléments ressortent de cette analyse initiale :
- l'observation de corrélations entre activité physique, sédentarité, surpoids et risque vasculaire : plus l'enfant pratique une activité physique, plus son risque métabolique et vasculaire est faible. A l'inverse, plus il est sédentaire, plus son risque métabolique et vasculaire est élevé ;
- le sport est apprécié mais peu pratiqué. A peine plus d'un élève sur deux pratique une activité physique régulière en dehors du collège, à raison de deux heures par semaine. Pourtant, les adolescents ont une vision plutôt positive de l'activité physique. Les deux tiers déclarent ainsi souhaiter en faire davantage !

Déjà des premiers effets

Les premiers résultats à mi-parcours ont été présentés au cours du second semestre 2004. S'ils demandent à être confirmés dans la durée, ils s'avèrent d'ores et déjà très encourageants. La proportion des adolescents en surpoids dans les collèges-action a déjà baissé, en près de deux ans, de 21% par rapport aux collèges témoins où les excès de poids ont progressé de 4%. Une diminution significative de la pression artérielle et de la masse grasse a également été observée.
Le nombre de collégiens ne faisant pas d'activités physiques structurées en dehors de l'école a été réduit des deux-tiers dans le groupe "action". Ils sont maintenant 87% à pratiquer ce type d'activités (contre 66% en 2002) tandis que dans les collèges-témoins, ce chiffre n'atteint que 62%, en hausse par rapport au 57% enregistrés en 2002. "On a réussi à changer leur mode de comportement, on ne s'attendait pas à constater un effet aussi rapidement, se félicite le docteur Chantal Simon, toutefois circonspecte : Il faut continuer les efforts, surtout entre 12 et 16 ans, à l'âge où la pratique de l'activité physique a tendance à diminuer."

Patrick Bayeux pour Localtis

"L'initiative a eu un impact positif sur l'état de santé des adolescents"

Sébastien Zaegel est conseiller général, président de la commission des sports du conseil général du Bas-Rhin.

Pourquoi le conseil général a-t-il accepté de s'associer à cette étude ? Quels sont les enjeux pour le département ?

L'engagement du département découle de la Journée découverte, organisée par le conseil général en juin 1999 à l'attention des jeunes collégiens sur le thème "Sport et dopage". Lors de cette rencontre, les jeunes avaient demandé que des actions d'information soient entreprises sur les dangers du dopage et les risques encourus par une pratique excessive du sport. Dans la mesure où les actions de prévention sanitaire restent une compétence importante du conseil général, les services des sports et des actions de prévention sanitaire, sensibles à cet appel, ont entamé une réflexion commune sur les modalités d'intervention de notre collectivité auprès des collégiens. Pour ce faire, nous y avons associé l'association Icaps (Intérêt d'une intervention dans les collèges centrée sur l'activité physique et le comportement sédentaire), en signant avec elle un contrat d'objectifs qui s'inscrit dans le cadre de la démarche globale d'aménagement du territoire.

Quel est le niveau d'engagement du conseil général ?

Le département s'est engagé à plusieurs titres. Tout d'abord en accordant à l'Icaps une subvention annuelle de fonctionnement d'un montant plafonné à 30.490 euros, pour permettre le recrutement de quatre postes d'animateurs à mi-temps. Ensuite, le conseil général mobilise ses services pour aider à la réalisation de ces objectifs, informe ses partenaires sur le projet dans un but de collaboration et enfin, il valorise ce projet auprès du grand public. A ce titre, il finance chaque année une journée de rencontre en fin d'année scolaire, au cours de laquelle l'ensemble des élèves des collèges concernés se retrouvent sur un même site autour d'activités physiques.

Au vu des premiers résultats, la pratique sportive a un impact positif sur l'état de santé des adolescents. Pensez-vous généraliser cette initiative et comment ?

Au bilan réalisé à mi-chemin, nous avons confirmation que notre implication et notre initiative ont eu un impact positif sur l'état de santé de nos adolescents. Ce constat nous encourage bien évidemment à poursuivre l'expérience jusqu'à l'échéance de la quatrième année. Nous en rediscuterons le moment venu, après avoir vérifié régulièrement l'exécution du cahier des charges souscrit entre nous. J'ai toutefois très bon espoir sur une issue favorable du dispositif puisqu'il en va de la santé de nos enfants.

Des actions pour donner envie

Dans le cadre du programme Icaps, de nombreuses actions ont été mises en place avec les différents partenaires, Education nationale, conseil général...

- activités pendant les heures de permanence entre midi et deux et en périscolaire. Ces activités sont organisées en dehors de tout esprit de compétition. Elles mettent en avant les aspects plaisir, jeu et rencontre entre adolescents et vont au-devant des obstacles habituels à la pratique que sont les horaires, les déplacements...
- séances de débats sur le thème de l'activité physique et de la sédentarité qui permettent d'amorcer une réflexion sur les modes d'activité physique dans la société ;
- journées événements organisées avec le conseil général du Bas-Rhin permettant à l'ensemble des collégiens de se rencontrer autour d'activités physiques ;
- journées "Tous à vélo à l'école" ;
- actions avec les enseignants ;
- séances d'information destinées aux parents.

Le sport, apprécié mais pas forcément accessible

Une enquête, réalisée auprès des collégiens en amont de l'opération Icaps, souligne l'image favorable du sport auprès des adolescents interrogés. Un engouement néanmoins "théorique", qui se heurterait à des obstacles d'ordre pratique.

A peine plus d'un collégien sur deux pratique une activité physique régulière en dehors du collège (54%), selon une enquête réalisée avant le début de l'étude. Le temps qu'ils lui consacrent est relativement faible : deux heures par semaine en dehors des cours d'EPS. Les adolescents interrogés en passent autant quotidiennement devant la télévision, et 45 minutes par jour devant leur console de jeu ou ordinateur.
Pourtant, les adolescents ont une vision plutôt positive de l'activité physique : "c'est chouette" pour 87% d'entre eux, cela "donne de l'énergie" pour 82%, "c'est bon pour la santé" pour 94% et "c'est l'occasion de se faire des amis" pour 74% des sondés. Les deux tiers de la population déclarent souhaiter faire davantage de sport...
Parmi les collégiens ne faisant pas de sport en dehors de l'école, un sur deux évoque des contraintes matérielles (horaires, éloignement / déplacements, disponibilité des parents). Les arguments qu'ils avancent se répartissent ainsi : pas envie de faire de la compétition (48%), horaires trop contraignants (31%), personne pour m'y emmener (24%), trop cher (20%), trop dur (16%). Enfin, 17% indiquent ne pas aimer le sport.

Aller plus loin sur le web :
 
Sur le site du ministère de la Santé, le groupe d'études en nutrition de la faculté de médecine de l'Université Louis-Pasteur décrit brièvement l'action Icaps.
http://www.sante.gouv.fr/htm/pointsur/nutrition/liste_posters/48.pdf

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