À Breteil, le Jardin des mille ruisseaux réinvente l’imaginaire des lieux pour enfants (35)

En contrebas d'un nouveau lotissement, la mairie de Breteil a aménagé un jardin destiné aux enfants. Livré en 2017, le Jardin des mille ruisseaux a été réalisé en régie, avec des matériaux locaux, et a permis de restaurer un écosystème naturel de qualité.

Une mare, un ruisseau, un petit pont, une barque, une cabane de pêcheur, un passage souterrain, des haies de saules tressés... le Jardin des mille ruisseaux à Breteil (Ille-et-Vilaine, 3.500 habitants) laisse place à l'imaginaire des enfants. "Lorsque nous avons réalisé le nouveau lotissement du Pont Liard en accroche de bourg, nous avons souhaité valoriser une zone naturelle inconstructible située en contrebas de celui-ci, indique l'adjoint à l'environnement, Roland Gicquel. L'idée était de restaurer la zone humide qui avait été remblayée, puis de l'aménager pour les enfants sans pour autant la transformer en aire de jeux normée."

Restaurer une zone humide

La première étape du projet a consisté à restaurer l'écosystème : "Avec le concours du syndicat de bassin versant du Meu, nous avons recréé la mare et remis le ruisseau du Trémillé à l'air libre", souligne l'adjoint. L'espace ayant retrouvé ses qualités hydrologiques et écologiques, la commune a ensuite missionné une architecte-paysagiste pour penser un aménagement naturel de cet espace de 3.000 m2, en valorisant au maximum la ressource locale. D'abord stagiaire en formation, l’architecte-paysagiste, une fois diplômée, a finalisé le projet en tant que prestataire. Son intervention pèse pour 60% du coût global du projet qui se monte à moins de 15.000 €, car les aménagements ont été réalisés en régie par les services techniques municipaux.

Choix de travailler en régie

Le choix de la régie s'est imposé assez rapidement : "Nous avions des compétences en interne avec l'arrivée d'un nouvel agent aux espaces verts, paysagiste de formation et volontaire pour cette mission" précise l'adjoint. Hervé Brindejonc, responsable espaces verts, le confirme : "Travailler sur une création est valorisant : cela change des tâches d'entretien, généralement assez répétitives." Autre atout de la régie, le travail main dans la main avec la paysagiste. Les agents municipaux ont ainsi pu amender le projet initial, l’enrichir de leur créations et optimiser l'entretien ultérieur du site "Tout l'entretien est aujourd'hui mécanisé et nous prend peu de temps. Nous dégageons un cheminement en tondant toutes les 2 à 3 semaines et nous fauchons l'ensemble 2 à 3 fois par an. L'entretien de l'espace autour de la mare qui a été clôturée est assuré par le cheptel communal de moutons et de chèvres."

Associer les acteurs locaux mobilisés

Au-delà des agents municipaux, le chantier de réalisation a aussi associé de nombreux acteurs locaux : les enfants des centres de loisirs ont réalisé des pas japonais et des calades de pierre ; quelques habitants du lotissement ont tressé des haies de saules ; et une quinzaine de stagiaires d'un centre de formation sont venus travailler sur le site dans le cadre d’un chantier-école d’une semaine. "Cela a nécessité un gros travail de coordination pour faire participer chacun, souligne l'agent des espaces verts. Mais nous avons appris de ces rencontres et aujourd'hui nous poursuivons les collaborations, notamment avec les écoles." Les enfants ont ainsi participé à des plantations proches de leurs classes et vont se lancer dans la création d'hôtels à insectes qui pourraient être installés dans un petit jardin public.

Aménagements issus de ressources locales

Le Jardin des mille ruisseaux a été totalement aménagé en "circuit court" : soit avec des éléments recyclés issus du centre technique municipal (des bordures et des pavés de granit, une ancienne buse béton qui a été recyclée en passage secret), soit avec des matériaux naturels trouvés sur le site ou à proximité, comme les pousses de saule. Même le pont et la cabane du pêcheur, réalisés par le menuisier de l’association "Des hommes et des arbres", sont en bois local. Un bois d’œuvre issu du domaine municipal du Fresne, situé à 300 mètres du jardin où "la municipalité expérimente une valorisation en bois d’œuvre des chênes arrivés à maturité", précise l'adjoint.

Deux ans après sa mise en service, le Jardin des mille ruisseaux creuse petit à petit son lit : les batraciens et libellules peuplent la mare, les assistantes maternelles y élisent domicile aux beaux jours, les randonneurs y font halte, tout comme les habitants qui font le tour du bourg. Et si les enfants du lotissement voisin sont encore trop peu nombreux à y courir, au goût du jardinier communal, c'est sûrement parce qu'ils sont encore très jeunes et que leurs parents ne leur ont pas lâché la bride !

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