Jean Damien Lesay

Sports - Budget 2018 du CNDS : faire mieux avec beaucoup moins

Tourisme, culture, loisirs

On connaît désormais en détail le budget du Centre national pour le développement du sport (CNDS) pour 2018. Son conseil d'administration, réuni jeudi 18 janvier, a en effet défini les orientations de l'établissement.
Le budget du CNDS pour 2018 sera de 186 millions d'euros en crédits de paiement et de 153 millions en autorisations d'engagement. "C'est un budget qui s'inscrit dans une démarche de solidarité gouvernementale, plaide Arielle Piazza, présidente du CNDS. Il faut réorienter et valoriser notre action essentiellement dans l'accompagnement du sport pour tous. Cela implique une plus forte sélectivité des interventions vers les territoires plus fragiles." Rappelons que pour 2017, les crédits de paiement se montaient à 253 millions d'euros et les autorisations d'engagement à 261 millions. En 2018, le CNDS va donc tenter de faire mieux… avec beaucoup moins.

Territoires urbains ultra-carencés

Mieux, tout d'abord, en faveur des territoires carencés. Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) et zones rurales demeurent ainsi prioritaires pour les subventions d'équipements. Mais une nouvelle notion apparaît : les territoires urbains ultra-carencés. Il s'agit des 375 quartiers identifiés en métropole au sein des QPV qui ne possèdent aucun équipement sportif.
Parmi les 375 quartiers visés, le CNDS a réalisé un classement et retenu les 50 qui cumulent le plus de handicaps : aucun équipement sportif et un taux d’équipements pour 10.000 résidents faible dans un zonage défini autour du quartier. "En comité de programmation, nous serons attentifs à ces dossiers. Les préfets et les délégués territoriaux devront être des facilitateurs vis-à-vis des collectivités pour faire émerger des dossiers", explique Armelle Daam, directrice générale du CNDS.
Mieux, également, en termes d'innovation. Proposé en 2017, le critère d'innovation dans les équipements n'a pas rencontré un franc succès : seul un projet a été retenu dans ce cadre. Pour favoriser de façon plus incitative les projets innovants, le CNDS a décidé de fixer un quota de un dossier innovant par région, assorti de l'impossibilité pour le préfet d'y substituer un dossier non innovant. "Ces dossiers existent sur les territoires, commente Armelle Daam. Il faut mobiliser plus fortement les collectivités pour les identifier et aider à les monter dès qu'ils sont mûrs."
Globalement, la part des autorisations d'engagement réservée aux équipements est de 32 millions d'euros pour 2018. L'enveloppe pour les territoires carencés s'élève à 20 millions, dont 2 millions pour la mise en accessibilité. Sept millions sont attribués à l'outre-mer et la Corse. Quant aux équipements légers de proximité, aidés dans le cadre du plan Héritage Paris 2024, ils bénéficient d'une enveloppe de 5 millions. Pour ces derniers équipements, priorité est donnée cette année aux plateaux multisports et aux parcours de santé. Rappelons que l'enveloppe des équipements structurants nationaux, qui bénéficie notamment aux Creps, dépend désormais du budget du ministère.

L'aide à l'emploi sportif qualifié préservée

Faire mieux avec moins, ce sera encore le défi du CNDS en matière de subventions aux associations sportives. La part territoriale pour 2018 est en effet dotée de 105 millions d'euros, contre 132 millions en 2017.
Si quatre objectifs prioritaires sont définis, l'un d'entre eux se voit octroyer la part du lion. Avec 50 millions d'euros, le soutien à l'emploi sportif visera, comme les années précédentes, à favoriser la professionnalisation du mouvement sportif. Et comme en 2017, le CNDS entend soutenir cette année quelque 5.200 emplois d'éducateurs sportifs qualifiés. Pour Armelle Daam, il s'agit aussi d'éviter la "double peine" en termes d'emploi, car le secteur associatif sportif, comme d'autres, pâtira en 2018 de la baisse des aides en faveur des contrats aidés, financés par le ministère du Travail via les missions locales.
Les autres priorités de la part territoriale, qui se partageront 55 millions d'euros, sont la correction des inégalités d’accès à la pratique, la promotion du sport-santé et la lutte contre les discriminations, les violences et le harcèlement dans le sport.
Mieux avec moins, c'est enfin ce qu'a souhaité l'Etat en proposant de relever le seuil de subvention aux associations à 3.000 euros, contre 1.500 actuellement. L'objectif était de chercher une meilleure efficacité des aides, moins de saupoudrage... Mais les élus locaux, représentés par l'Andes, l'AMF et l'ARF, ainsi que le mouvement sportif, ont rejeté cette proposition. "Il faut qu'on revoie ce point ensemble. Mouvement sportif et élus locaux ont demandé plus de concertation", commente Arielle Piazza. Pour la nouvelle présidente du CNDS, un débat sur les aides aux clubs sera aussi l'occasion de réformer les dossiers de subvention, "trop lourds pour les petites associations".
 

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