Indre-et-Loire

Sophie Daguin

Colza, tournesol... : une filière écoconstruction joue la carte des agromatériaux locaux (37)

Environnement

Energie

Depuis 2013, le montage d'une filière écoconstruction en Touraine mobilise pouvoirs publics, agriculteurs, artisans, université et industriels. Un travail de longue haleine avec en ligne de mire une unité de transformation locale d'agromatériaux.

Sur la communauté de communes Loches Sud Touraine (68 communes, 52.500 habitants), les élus cherchaient un nouvel axe de développement pour ce vaste territoire issu de la fusion de quatre intercommunalités. (Lire l’expérience : Du service de coopération économique intercommunautaire au projet de fusion : le Sud Touraine prend son avenir en main.) Parallèlement un certain nombre d’artisans et agriculteurs étaient motivés pour travailler ensemble sur des agromatériaux. Ce croisement de volontés a lancé la filière écoconstruction portée par l'agence de développement Sud Touraine Active.

Réflexion solidement organisée en amont

La réflexion sur la filière a été menée avec l'appui de la préfecture et des services déconcentrés de l’Etat (Dreal et DDT), qui ont aidé à mettre tous les acteurs autour de la table. Trois axes sont mis en avant pour lancer la filière locale de l'écoconstruction : d’abord fabriquer des agromatériaux locaux, ensuite accompagner les artisans par la formation et la mise en réseau, enfin améliorer la performance énergétique des bâtis du territoire.

Un chef de projet à temps plein pendant trois ans

L’acte de lancement de la filière écoconstruction est marqué par une embauche : l'agence de développement recrute en 2013 un chef de projet sur une mission de trois ans à temps plein, puis avec des missions complémentaires à partir de 2016. "Disposer d’une personne chargée de l'animation de la filière est nécessaire, explique le chef de projet écoconstruction, Julien Bonsens. L’un des enjeux est de réussir à faire travailler tous les acteurs en parallèle car ils dépendent les uns des autres, et il faut donc que tous avancent en même temps."

Identifier le potentiel local pour des agromatériaux

Le premier chantier consiste à identifier, avec la chambre d'agriculture, les cultures locales dont les sous-produits sont susceptibles d’être utilisés comme matériaux de construction : colza, tournesol, miscanthus, paille. Reste que leur valorisation nécessite études et expérimentations. "Il est nécessaire de développer un travail étroit avec la chambre d'agriculture et les agriculteurs pour trouver les méthodes agronomiques adéquates. Ces études et tests sont compliqués à mettre en place, car si la récolte est mauvaise, il faut attendre l’année suivante pour recommencer !", observe le chef de projet.

Se regrouper autour du projet d’unité de transformation

Les deux cultures les plus prometteuses, tournesol et colza, font l'objet d'un important dossier de recherche visant à créer une unité de transformation locale. Un consortium autour du projet s’organise : il comprend la communauté de communes Loches Sud Touraine, un groupe industriel et deux coopératives agricoles. "L'une des tâches les plus cruciales consiste à dénicher les aides pour les collectivités et les partenaires", témoigne le chef de projet. Ainsi mi-2016, un financement "investissement d’avenir" de 40.000 euros (sur un montant total de 7 millions d’euros) a été obtenu sur ce dossier.

Autre chantier : gagner la confiance des artisans locaux

En parallèle, afin de mobiliser des particuliers et former des professionnels à l'écorénovation énergétique, Sud Touraine Active monte une plateforme locale dédiée. "Les artisans du bâtiment interviennent chacun leur tour sur un même chantier, sans transmission d’information entre eux. La formation sert à mieux comprendre ce que font les autres afin d’acquérir une vision globale de l’efficacité énergétique." Début 2017, l’agence locale pour la maitrise de l'énergie a formé 35 artisans dans le cadre de cette plateforme, dépassant l’objectif initial de 25 entreprises locales en mesure de proposer une offre concertée de rénovation énergétique. L'objectif est de générer 2 millions de chiffre d'affaires et 20 emplois dans les entreprises locales du bâtiment.

Perspective : convaincre les particuliers encore peu demandeurs

La plateforme énergétique propose également du conseil aux particuliers et les oriente vers les professionnels formés. "Nous cherchons à mobiliser des organismes de formation pour qu'ils s'emparent de ce formidable outil qu'est le pôle écoconstruction et à trouver de nouveaux thèmes pour faire venir des particuliers."

Nouveau pôle écoconstruction, un lieu emblématique et polyvalent
Depuis fin 2016, la plateforme est logée dans le pôle écoconstruction, un lieu expérimental bâti sur mesure pour prouver l'intérêt du béton chanvre, de l'enduit terre, du liège au sol et du colza au plafond. Le pôle accueille des bureaux d'études (architectes, thermiciens, paysagiste), un espace de coworking, l'agence locale de l'énergie, un espace d'exposition et un atelier couvert de 470m² pour les formations techniques.

Contact(s)

Loches Sud Touraine

12 avenue de la Liberté
37600 Loches
02 47 91 19 20
Nombre d'habitants : 52500
Nombre de communes : 68
Nom de la commune la plus peuplée : Loches (7300 hab.)

Régine Rezeau

Vice-présidente en charge de l'économie rurale et solidaire
mairie.sepmes@wanadoo.fr

Julien Bonsens

Chargé d'entreprises & animation économique, chef de projet Ecoconstruction
julien.bonsens@sudtouraineactive.com

Rénovation thermique des bâtiments publics

Une priorité du Grand Plan d’Investissement pour favoriser les économies d’énergie, réduire les émissions de CO2 et encourager le développement des énergies propres.

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