Comment réduire l'utilisation du sel en période hivernale : Annemasse lance des échanges d'expériences

Environnement

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Le sel, communément utilisé en hiver comme fondant routier, a un impact négatif sur l’environnement. Son utilisation est de plus en plus remise en question. En Haute-Savoie, la ville d’Annemasse, après deux hivers presque sans sel, a organisé un séminaire sur la question.

Au cours des manipulations nécessaires au salage des voies, des milliers de tonnes de sel partent dans la nature, polluant les cours d’eau, les nappes souterraines et les sols. Ces dernières années, plusieurs communes de Haute-Savoie ont cherché des solutions pour réduire l’usage du sel. En 2008, la ville d’Annemasse (30.000 habitants) a décidé de limiter son utilisation aux rues à forte pente (plus de 5%), aux trottoirs et aux cours d’écoles. Avec le recul, le bilan est mitigé… "L’hiver 2008-2009 a été doux, explique Yann Oremus, responsable de l’Agenda 21 d’Annemasse. Nous n’avons donc eu aucun mal à tenir nos engagements. Il en a été tout autrement l’hiver dernier, et le maire a été contraint de rétablir le salage des axes importants". Trouver une solution équilibrée pour assurer la viabilité hivernale de la voirie s’avère donc difficile, puisqu’il s’agit de réduire l’impact environnemental du déneigement sans entraver les possibilités de circulation. Comment faire ? C’est cette question que Christian Dupessey, maire d’Annemasse, a posé à ses collègues à l’occasion d’une rencontre que la ville a organisée le 1er octobre 2010, avec l’association départementale des maires de France.

Les solutions existent, elles sont techniques autant que citoyennes


180 personnes représentant 70 collectivités étaient présentes. Les retours d'expérience d'Annemasse, de Megève, et de la communauté de communes de Faucigny-Glières ont illustré différentes façons d'aborder la réduction du salage. A l’issue des débats, il apparaît qu’il n’y avait pas une mais des réponses ; tout d’abord, un renforcement de la communication est nécessaire auprès des automobilistes sur la nécessité pour chacun d’adapter son comportement et son véhicule (chaînes, pneus neige…). De là à accepter cette contrainte, c’est une autre affaire. Annemasse va entamer un travail avec ses conseils consultatifs (conseils de quartier) afin de cerner les problèmes sur le terrain. La communication doit également concerner les riverains, qui doivent être impliqués eux aussi dans le déneigement des trottoirs. Par ailleurs, des considérations techniques sont à prendre en compte : le passage du chasse-neige et de quelques véhicules suffit souvent à retrouver le "noir" de la chaussée, rendant le salage inutile. S’il fait trop froid (-7° / -9°), le salage n’est pas efficace. Enfin, des techniques alternatives ont été évoquées, telle la pouzzolane, un gravier issu d’une roche volcanique, utilisé par certaines communes. C’est un bon abrasif, mais il n’est pas sans inconvénients : il faut le ramasser, et il peut s’infiltrer dans les canalisations et les abîmer. Autre produit nouvellement apparu, des plaquettes de bois dur de 10x15 mm imprégnées de fondant routier. Utilisées en particulier pour traiter les trottoirs, ces plaquettes agissent comme des "crampons" sur le sol verglacé.

A l’issue du colloque, une déclaration d’engagement à réduire l’épandage de sel a été proposée à la signature des collectivités. "L’idée est de lancer ensuite un réseau de techniciens en contactant toutes les collectivités qui en France manifestent leur intérêt pour cette déclaration", observe le responsable de l’Agenda 21.

Luc Blanchard, pour la rubrique Expériences du site www.mairieconseils.net
 

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