Côte-d'Or

Contre les fuites dans le réseau d'eau, Dijon inaugure les "grandes oreilles"

Environnement

Energie

Réparer au plus vite les fuites dans les canalisations d'eau potable répond à une triple priorité : sanitaire, écologique et économique. La ville de Dijon a mis en place un nouveau système de recherche de fuites qui donne toute satisfaction.

La France possède 850.000 kilomètres de canalisations d'adduction d'eau potable. De quoi faire vingt fois le tour de la Terre ! La bonne gestion de ce patrimoine est essentielle à plus d'un titre. C'est d'abord une question de santé publique. Une canalisation défectueuse peut altérer la qualité de l'eau du robinet. Si, en France, elle est en générale excellente, c'est que les réseaux sont bien gérés. Malgré cela, les spécialistes estiment que les fuites représentent au moins 20% de l'eau transportée. Ce qui oblige à puiser inutilement des milliers de mètres cubes dans nos ressources. A l'heure où l'eau se fait précieuse et rare, c'est inadmissible. Enfin, économiquement, la détection rapide des fuites est extrêmement rentable.

 

Vers des réseaux intelligents

Une fuite d'eau se manifeste principalement par le bruit qu'elle émet. Comme la plupart des villes françaises, Dijon pratique donc depuis longtemps la "corrélation acoustique". La technique consiste à brancher sur une vanne un appareillage d'écoute et à analyser les bruits d'écoulements anormaux. Habituellement, cela nécessite de déplacer un camion et cette opération prend du temps. L'innovation mise en oeuvre à Dijon par la Lyonnaise des eaux / Suez, consiste à créer des "postes fixes" qui permettent d'écouter le réseau en permanence. En couplant un capteur de détection et un petit transmetteur GSM le bruit du réseau est transmis en temps réel au poste central du réseau d'eau de Dijon. Les sons y sont analysés automatiquement et, en cas d'anomalie, une alerte est transmise aux techniciens. Pour Jean-Bernard Péchinot, directeur du service de l'eau et de l'assainissement du syndicat mixte du dijonnais, la mise en place des "grandes oreilles" constitue une réelle avancée : "La totalité de la ville est équipée depuis avril 2006 de 165 capteurs. Chacun d'eux ne couvre que quelques rues et nous pouvons localiser les fuites très rapidement et très précisément. En moins d'un an, nous avons pu réduire le volume d'eau perdue de 1.230.000 m3, soit l'équivalent de la consommation d'eau d'une ville de 40.000 habitants."

 

Trouver les solutions adaptées

Si la technique utilisée à Dijon est aussi performante, cela tient d'abord au fait que tout le réseau d'adduction d'eau est en fonte. Un alliage qui conduit très bien les sons. La corrélation acoustique fonctionne nettement moins bien sur des canalisations en plastique ou d'un diamètre important. L'autre atout de Dijon est de posséder une cartographie très précise de ses réseaux enterrés. Un historique des fuites est disponible pour chaque canalisation ce qui permet de déterminer de façon fiable celles qui doivent être remplacées.
D'autres méthodes peuvent être mises en oeuvre de façon alternative ou complémentaire. C'est le cas par exemple des télérelevés des compteurs d'eau. Il s'agit de passer du système actuel de relevés annuels à un relevé en temps réel. Grâce au suivi quotidien de la consommation d'eau, les consommations anormales sont facilement identifiées et permettent des interventions rapides sur les réseaux.
Quel que soit le choix effectué, l'objectif est toujours de contribuer à une meilleure gestion du patrimoine enterré des collectivités locales. La moitié du réseau national ayant plus de trente ans, sa maintenance nécessite des soins particuliers.

 

Luc Blanchard, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Contact(s)

Syndicat mixte du Dijonnais

40 rue du Drapeau
21000 Dijon

Jean-Bernard Péchinot

Directeur du service de l'eau et de l'assainissement
jbpechinot@grand-dijon.fr

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