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Covid-19 et festivals : la région Sud s'impatiente

L'annonce par Frank Riester de la création d'une "cellule d'accompagnement des festivals 2020 pour faire face à la crise sanitaire du Covid-19", aux missions encore assez floues et aux moyens incertains (voir notre article ci-dessous du 7 avril 2020) n'a manifestement pas suffi à calmer les inquiétudes sur la saison des festivals, qui représentent un enjeu culturel, mais aussi économique et touristique, considérable dans certains régions. La plus concernée est sans conteste la région Sud (ex-Paca), avec plusieurs manifestations de renommée internationale : Avignon, Aix-en-Provence, Chorégies d'Orange, Nice-Cimiez, Fiesta des Suds (Marseille). Juan-les-Pins, Rencontres internationales de la photographie d'Arles, La Roque-d'Anthéron... sans oublier le festival de Cannes, qui affirme toujours envisager un report à la fin du mois de juin (au lieu de la période initialement prévue du 12 au 23 mai).

Renaud Muselier, le président (LR) du conseil régional, et son président délégué, Christian Estrosi, ont donc écrit au ministre de la Culture. Ils lui demandant de mettre un terme à "l'incertitude" qui pèse sur ces événements, prévus pour la plupart à partir de la deuxième quinzaine de juin, et qui risquent de mettre à mal l'équilibre, souvent très fragile, de ces manifestations. Les deux élus expliquent ainsi : "Nous vous demandons instamment soit de décréter l'état d'urgence sanitaire pour cet été, au plus tard le jeudi 30 avril, soit de préciser, à cette date, quelle mesures barrières vous considérez comme inévitables à partir de la mi-juin, afin que chaque festival puisse décider de sa tenue ou de son annulation." En effet, précisent les deux signataires, "au plus tard, à la fin du mois d'avril, il faudra choisir : soit renoncer par précaution à tout rassemblement jusqu'à la rentrée de septembre voire au-delà, permettre la tenue d'événements de taille modeste, [soit] considérer que le déconfinement est effectif dès le milieu du mois de juin et permettre à chaque festival d'avoir lieu même dans un format différent".

En l'état actuel de la pandémie et de l'effondrement du tourisme international, et face à la perspective d'un confinement prolongé jusqu'en mai et d'un déconfinement de longue haleine, il est peu probable que Renaud Muselier et Christian Estrosi espèrent réellement voir se tenir la plupart des festivals cités plus haut. En outre, changer la date d'un grand festival, avec les contraintes d'engagement des artistes et l'absence probable d'un grand nombre d'artistes étrangers, est un exercice très aléatoire, sinon impossible. En revanche, une décision de l'État – que suggèrent les deux élus – permettrait de sortir de l'incertitude et donnerait une base légale à l'annulation des contrats passés avec de grands artistes, évitant ainsi de coûteux dédommagements. La région Sud en est d'ailleurs bien consciente, puisqu'elle a voté, dès le 20 mars, une enveloppe de 35 millions d'euros "pour venir en soutien au monde de la culture".

 

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