Pas-de-Calais

Dans le Calaisis, une unité de méthanisation pour recycler les biodéchets en énergie propre et en compost

Environnement

Energie

Le syndicat d'élimination et de valorisation des déchets du Calaisis (Sevadec) a inauguré fin 2006 une unité de méthanisation des biodéchets, qui produit de l'énergie à partir des biodéchets collectés sélectivement chez l'habitant. L'usine devrait atteindre son plein rendement en mars 2008.

Créé en juin 2000 et présidé par Jacky Hénin, le maire de Calais, le Sevadec regroupe la communauté d'agglomération du Calaisis, la communauté de communes de la région d'Audruicq et le syndicat mixte intercommunal de ramassage et de traitement des ordures ménagères du Calaisis, soit les 157.000 habitants des 59 communes adhérentes.
Les élus gestionnaires du syndicat mixte ont toujours été volontaires pour s'équiper des installations les plus propres possibles tout en répondant au plan départemental d'élimination des déchets du Pas-de-Calais. Dès l'origine, le syndicat a décidé de doter le Calaisis d'un réseau de huit déchetteries, dont cinq ont été construites depuis 2003 et les trois dernières le seront pour 2008. Il a inauguré en juin 2004 un centre de tri des déchets d'emballages recyclables de haute qualité environnementale d'une capacité de 11.000 tonnes par an.
Restait, comme partout, à régler le problème de traitement des ordures ménagères putrescibles (les déchets verts, les restes de repas, les papiers, journaux, magazines, les textiles sanitaires et les graisses alimentaires, ce qui reste de valorisable quand on a trié le verre, le métal et les plastiques...).

La méthanisation, pour produire une énergie propre et un compost de qualité

Le Calaisis a innové en construisant à côté de son centre de tri, une usine de biométhanisation, la première du genre. Elle reçoit les 28.000 tonnes par an de produits fermentescibles triés par les habitants et, selon un principe simple, accélère en 21 jours en absence d'air et à 55°C le processus naturel de décomposition des biodéchets dans un immense "digesteur" d'une capacité de 3.100 m3. Ce cylindre d'environ 18 mètres de haut comporte à la base des injecteurs de biogaz qui obligent les matières en fermentation à effecter un cheminement circulaire et à accélérer leur décomposition. Après une montée en charge progressive, cette unité devrait produire au printemps 2008, 11.000 tonnes de compost par an qui, après affinage, sera encore stocké plusieurs mois avant d'être mis à disposition des habitants, des maraîchers et des agriculteurs. Une station de cogénération récupère et brûle le biogaz issu de digestion des déchets. L'électricité produite par cette station est revendue à EDF et la chaleur, quant à elle, est utilisée pour chauffer le digesteur et  sécher le compost mais également pour chauffer le centre de tri, des locaux sociaux et administratifs proches.
"Cette solution, commente Jacky Hénin, est coûteuse. L'investissement est de 20 millions d'euros. Mais elle présente de nombreux avantages : le coût énergétique est faible, évidemment, la réduction des gaz à effet de serre est importante, la production du biogaz aide le monde agricole à adopter des solutions naturelles, et l'unité de biométhanisation tend, en quelques mois, à équilibrer l'économie du processus de collecte et de valorisation des déchets de l'agglomération."
Le Sevadec a mené une politique de sensibilisation intense auprès des habitants pour que les déchets soient triés au plus près de leur deuxième utilisation. Pour que chacun sache à quoi sert ce petit effort de tri quotidien, un journal a été distribué à tous dans le périmètre concerné, et des visites sur site ont été organisées par le service communication du Sevadec.

 

Jean-Luc Varin, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Contact(s)

Sevadec

281 rue Jacques-Monod-BP 20
62101 Calais cedex
Nombre d'habitants : 157000
Nombre de communes : 59

Virginie Lauby

Directrice technique
vlauby@sevadec.com

Jacky Hénin

Président, maire de Calais

Rénovation thermique des bâtiments publics

Une priorité du Grand Plan d’Investissement pour favoriser les économies d’énergie, réduire les émissions de CO2 et encourager le développement des énergies propres.

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