Seine-Maritime

Déchets : Rouen, numéro 1 du tri français en régie directe

Environnement

Energie

Le syndicat mixte d'élimination des déchets de l'arrondissement de Rouen (Smédar) a inauguré en janvier le premier centre de tri entièrement assisté par ordinateur qui améliore la production et la qualité du travail. C'est le plus important centre de tri français en régie.

En 1999, le syndicat mixte d'élimination des déchets de l'arrondissement de Rouen (Smédar) a regroupé une dizaine de syndicats et communautés de communes de Seine-Maritime. Depuis, il traite les déchets de 165 communes, soit 600.000 habitants, un territoire qui va largement au-delà de l'agglomération rouennaise.
Poussés par les contraintes nationales et européennes (la loi de 1992 en particulier), les élus du Smédar ont remplacé l'ancienne usine d'incinération des ordures ménagères devenue obsolète, par une unité de valorisation énergétique, baptisée Vesta, dans laquelle sont brûlés les déchets industriels banals, les déchets d'activités de soins médicaux et les ordures ménagères qui ne font pas l'objet d'une collecte sélective. La combustion entraîne une turbine de production d'électricité revendue à EDF.
Depuis 2005, le papier, le métal, le plastique et le carton étaient collectés séparément et triés dans des conditions qui ne convenaient plus à la quantité de déchets collectés qui ne cesse d'augmenter.
En février 2007, un nouveau centre de tri ultramoderne a ouvert, en prolongement de l'usine de valorisation énergétique. Claude Lainé, ex-président du Smédar, inaugurait cette extension de Vesta en compagnie de son successeur, Patrice Dupray, maire de Grand-Couronne et vice-président du conseil régional de Haute-Normandie.

 

Un enjeu de politique locale et environnementale

"L'affaire n'est pas mince, dit Claude Lainé, car ce centre de tri est le plus important de France en régie directe et il est le premier à bénéficier de la toute nouvelle gestion production assistée par ordinateur (GPAO)." Sur 4.000 m2, en effet, les chaînes de tri sont gérées en temps réel par un système informatique. Des capteurs enregistrent les paramètres de fonctionnement ; 17 cellules optiques mesurent en permanence la quantité de produits véhiculée par les différentes chaînes, ce qui permet de réguler les flux, donc d'éviter les débordements intempestifs autant que les fonctionnements à vide. D'autres instruments, gérés et surveillés par le système informatique central, permettent de séparer les bouteilles plastiques transparentes des flacons opaques, qui ne sont pas recyclées de la même manière. Dans le poste central de conduite, un écran informatique permet de visualiser l'ensemble du fonctionnement en permanence ; un tableau enregistre précisément les poids entrants et les poids triés sortants. La production, de meilleure qualité que si elle était entièrement manuelle, va ainsi pouvoir atteindre jusqu'à 25.000 tonnes de déchets recyclables par an, soit 9 tonnes à l'heure, avec seulement 59 agents territoriaux en deux équipes quotidiennes. Ils ont été recrutés parmi des personnes éloignées du travail depuis longtemps. Ils participent là à la création d'un nouveau métier, certes peu qualifié, mais valorisant grâce à son utilité sociale et environnementale. Le directeur du centre est plutôt fier de la façon dont il réussit à gérer le personnel. "Car si l'un d'eux ne se réveille pas le matin, cela complique le travail de tous. Les camions arrivent, les déchets s'entassent, les chaînes saturent et l'usine ne peut pas s'arrêter. Pour l'instant, heureusement, l'équipe est stable et motivée".

 

Une logique industrielle

La logique de valorisation de tous les déchets conduit à une gestion de production de type industriel. Tous les produits triés sont revendus sous forme de balles cubiques, sauf le papier qui part en vrac ne faisant que 4 kilomètres, jusqu'à la papeterie voisine. Le transport est encore assuré par camions, mais le Smédar étudie une manière plus économique et plus respectueuse de l'environnement : les deux établissements se situent en bordure des quais du port autonome de Rouen, et bientôt une partie des déchets le papier transitera par péniche, sur la Seine. Les flux entrants font bien sûr l'objet d'une facturation. Ils sont contrôlés et il est arrivé que le centre refuse la livraison des déchets recyclables de certaines communes parce  ce que le contenu n'était pas conforme ! Chaque syndicat de collecte adhérent au syndicat mixte paie le tri des déchets recyclables à la tonne, déduction faite des soutiens et produits de la vente, calculée selon la quantité fournie et la qualité du pré-tri effectué.  Et Claude Lainé d'expliquer que, grâce à la qualité du nouveau process de collecte, de tri et de valorisation, le centre parvient désormais à un coût de la tonne triée inférieure à 200 euros, ce qui le place "dans la cour des grands". Et il ajoute : "Ce n'est pas anodin, car nous savons bien que les grandes entreprises privées nous attendent au tournant sur le sujet..."

 

Jean-Luc Varin, pour la rubrique Expériences des sites Mairie-conseils et Localtis

Contact(s)

Smédar (Syndicat mixte d'élimination des déchets de l'arrondissement de Rouen)

149 boulevard de l'Yser
76000 Rouen
02 32 10 26 80
02 32 10 26 81
Nombre d'habitants : 600000
Nombre de communes : 165

Patrice Dupray

Président
sebastien.leger@smedar.fr

Rénovation thermique des bâtiments publics

Une priorité du Grand Plan d’Investissement pour favoriser les économies d’énergie, réduire les émissions de CO2 et encourager le développement des énergies propres.

Haut de page