Défaillances d’entreprises : premiers signaux d’alerte depuis la mi-mars

Le nombre de défaillances d’entreprises, particulièrement bas en 2020 et début 2021, va-t-il commencer à augmenter ? D’après les données du cabinet Altarès publiées le 14 avril, le mois de mars 2021 marque un point de bascule, avec une augmentation de 155% des procédures collectives au cours des deux dernières semaines.

La période calme côté défaillances d’entreprises est-elle sur le point de se terminer ? D’après le bilan d’Altarès, publié le 14 avril 2021, si le premier trimestre 2021 affiche une baisse de 32,1% du nombre de procédures collectives (7.406 procédures ouvertes) par rapport au premier trimestre 2020, le mois de mars "marque un véritable point d’inflexion". Ce mois-là, durant les deux premières semaines, les défaillances d’entreprises sont en très fort recul (-48%), mais sur les deux suivantes, elles explosent de 155% en comparaison avec la même période de 2020, début du confinement. La tendance est d’autant plus marquée du côté des liquidations judiciaires directes, qui augmentent sur ces semaines de 211%.

Au global, le chiffre est toutefois encore à la baisse sur tout le mois de mars 2021, avec 28.800 défaillances d’entreprises, contre 54.936 au mois de mars 2019 et 48.518 en mars 2020. Et pour Altarès, ce faible niveau de défaillances enregistrées révèle l’efficacité de la stratégie de soutien à l’économie réelle déployée par le gouvernement. Mais le cabinet alerte aussi sur la période à venir, au moment où les aides vont être allégées voire stoppées : les entreprises ayant bénéficié d’un prêt garanti par l’État (PGE) ont décidé en majorité (les trois quarts, selon la Fédération bancaire française) de rembourser le plus tard possible. Certaines pourraient avoir du mal à rembourser. Ces prêts ont été distribués à 664.000 entreprises pour un montant de 135 milliards d’euros.

Les plus fortes baisses en Corse et en Bourgogne-Franche-Comté

"Les zombies, ces structures qui survivent grâce au soutien de l’État et à des taux d’intérêt bas, résisteront également difficilement à l’arrêt des aides", assure Altarès. Ces entreprises (autour de 63.000 en France) ont hors Covid un risque de défaillances 2,3 fois supérieur aux autres sociétés commerciales.

Le bilan d'Altarès sur le premier trimestre 2021 est décliné par région, avec une baisse des défaillances plus forte en Corse (-51,8%), avec seulement 41 procédures ouvertes contre 85 un an plus tôt, et en Bourgogne-Franche-Comté (-51,7%), avec 218 défaillances contre 451 l'année d'avant. Viennent ensuite les régions Normandie (-47,8%), Hauts-de-France (-43,7%) et Nouvelle-Aquitaine, Bretagne et Auvergne-Rhône-Alpes qui connaissent des évolutions comparables (au moins -35%). À noter toutefois : dans certains territoires, quelques activités sont déjà dans le rouge, avec une augmentation des défaillances. En Bretagne, c’est le cas de l’agriculture (+14% de défaillances), en particulier l’élevage, et des services aux entreprises (+4%). L’Allier (+9%) et la Haute-Loire (+25%) basculent quant à eux globalement dans le rouge. Les territoires d’outre-mer sont aussi à la peine. Seule la Martinique affiche un taux négatif de défaillances de -33,3% avec 52 procédures seulement. La Réunion et la Guadeloupe voient leur taux de procédures largement augmenter : respectivement +58% et +10,5%.

 

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