Mobilité - Déplacements du quotidien : la voiture, moyen de transport obligé pour deux tiers des Français

Selon une enquête réalisée par Ipsos et le Boston Consulting Group auprès des habitants de 10 pays européens sur leur perception des infrastructures de transport, les Français considèrent la voiture comme le moyen de transport incontournable pour la quasi-totalité des trajets du quotidien. Ils reprochent aux transports en commun un mauvais maillage du territoire et portent un jugement critique sur l’intermodalité des moyens de transport dont ils disposent aujourd’hui.

De tous les Européens, les Français sont ceux qui passent le moins de temps à se déplacer du lundi au vendredi : 7h12, soit 2h23 de moins par semaine que la moyenne des Européens, selon les résultats de la première édition de l’Observatoire européen des mobilités publiée ce 26 avril. Réalisée par Ipsos et le Boston Consulting Group auprès de 10.000 Européens dont 1.000 Français*, cette étude montre aussi qu’en France, plus qu’ailleurs, la voiture reste un moyen de transport incontournable, et ce, pour la quasi-totalité des trajets du quotidien. 67% des personnes interrogées disent l’utiliser pour aller au travail ou sur leur lieu d’études (contre 61% pour la moyenne des Européens), et 69% (contre 56% pour la moyenne européenne) pour emmener leurs enfants pour leurs activités quotidiennes. Ils sont encore plus nombreux (86% contre 73% pour la moyenne européenne) à aller faire leurs courses alimentaires importantes en voiture.
 Pour les Français, l’importance donnée à la voiture s’explique notamment par le fait qu’il est parfois difficile d’utiliser les transports en commun à proximité (43% contre 35% pour la moyenne européenne). S’ils n’utilisent pas plus souvent les transports en commun, c’est avant tout à cause d’un mauvais maillage du territoire, affirment-ils : 48% mettent en avant des destinations mal desservies (contre 41% des Européens) et des arrêts de transport en commun trop loin de chez eux (23% contre 18%). Selon eux, la fréquence de passage est également trop faible (39% citent cette explication, contre 42% en moyenne).

Sentiment de relégation 

Plus d’un Français sur quatre a aujourd’hui le sentiment d’être "un peu trop loin de tout" (27% contre 26% pour la moyenne européenne). C’est surtout le cas des habitants des zones rurales (46%). Le sentiment d’être délaissés par les pouvoirs publics prédomine chez les Français se disant "loin de tout" : 40% pensent que là où ils habitent, les pouvoirs publics en font plutôt moins qu’ailleurs pour leur bien-être. Les jeunes et les personnes aux revenus les plus modestes sont les plus nombreux à estimer qu’ils sont "loin de tout" (32% des Français de 18-24 ans et 26% des revenus modestes). S’ils perdaient leur emploi, 37% des actifs français pensent qu’ils devraient déménager pour retrouver un emploi équivalent (36% pour la moyenne européenne). Cette proportion monte à 51% chez les Français qui estiment qu’il est difficile d’utiliser les transports en commun à proximité de chez eux.

Pas assez d'intermodalité

Les Français sont par ailleurs les Européens les plus satisfaits des infrastructures routières après les Allemands (74% contre 67% pour la moyenne européenne). Mais comme la moyenne des Européens, 58% d’entre eux se disent majoritairement mécontents de la fluidité du trafic aux heures de pointe.
Face à ces problèmes de fluidité du trafic, les Français expriment de réelles critiques sur l’intermodalité des moyens de transport dont ils disposent aujourd’hui. Ils ne sont que 45% à être satisfaits des points de correspondance entre les différents modes de transports (contre 44% au global) et 49% en ce qui concerne le réseau de transports en commun urbain (contre 45% pour l’ensemble des pays Européens).
Les Français se montrent dans l’ensemble moins critiques que la moyenne des Européens quant au niveau d’investissement des pouvoirs publics dans les infrastructures de transport. Mais une majorité d’entre eux considèrent que les investissements restent insuffisants dans l’accompagnement des nouvelles formes de mobilité (62% en ce qui concerne les stations de recharge des véhicules électriques contre 74% pour la moyenne) mais aussi le réseau ferroviaire (54% contre 62% en moyenne) et les points de correspondance entre différents modes de transport (52% contre 61% au global).
Selon les Français interrogés, toutes les initiatives visant à favoriser l’intermodalité leur permettraient de se déplacer plus facilement dans leur vie quotidienne : ils placent en tête le titre de transport unique (78%), des gares routières mieux connectées aux transports en commun (73%) ou encore des emplacements réservés à l'entrée des autoroutes pour y laisser son véhicule et prendre un autre mode de transport sur autoroute ou voie rapide (66%).
Ils jugent aussi que le développement des services digitaux est prioritaire pour leur permettre de se déplacer plus facilement : une meilleure information sur l’offre de transports en commun disponible près de chez eux (66%) et les offres de covoiturage et d’autopartage disponibles (56%), des itinéraires complets leur permettant de combiner des moyens de transport (63%), ou encore des solutions de paiement par mobile (45%).

Attachement à la voiture

Si les investissements nécessaires étaient réalisés, les Français seraient prêts à changer de comportement en matière de mobilité, mais moins que la moyenne des Européens. 65% (contre 72% pour l’ensemble des Européens) se disent prêts à utiliser plus souvent les transports en commun, 40% (contre 44%) le covoiturage ou l’autopartage et 60% (contre 66%) à utiliser moins souvent leur véhicule personnel. Pour la grande majorité (77%), ces investissements amélioreraient leur qualité de vie et 71% jugent qu’ils auraient un impact positif sur leur bien-être professionnel. 76% mettent également en avant les bénéfices pour la croissance économique du territoire où ils vivent.

Attrait pour les innovations

Dernier enseignement de l’étude : les Français se disent encore plus persuadés que la moyenne des Européens que les
innovations dans le domaine des véhicules et des nouvelles technologies vont bouleverser leurs déplacements. 83% (contre 73% pour l’ensemble des Européens) considèrent que dans 15 ans, ils pourront rouler dans des véhicules électriques sur de longues distances sans problème d’autonomie, 75% (contre 70% au global) qu’ils laisseront leur voiture à l’entrée de la ville et qu’ils n’utiliseront que des transports en commun accessibles depuis leur stationnement, et 72% (contre 68% au global) que les véhicules ne rejetteront plus de gaz à effet de serre. Ils sont également majoritairement convaincus qu’ils pourront rouler sans aucun risque de panne ou d’accident grâce aux nouvelles technologies du numérique (55% contre 57% au global), que les voitures électriques se rechargeront en roulant (61% contre 55% au global) ou encore que l’on pourra rouler dans des voitures autonomes sur des voies réservées sur autoroute (58% contre 52% au global), voire sur toutes les routes (52% contre 46% au global).
Enfin 72% des Français (contre 77% des Européens en moyenne), estiment que ces innovations auront des conséquences positives sur leur vie de tous les jours.

*Etude réalisée par Ipsos et le BCG pour l’ASFA auprès de 10.018
Européens, dont un minimum de 1.000 personnes dans chacun des 10 pays sondés (France, Irlande, Italie, Allemagne, Espagne, Belgique, Grèce, Pologne, Slovaquie, Portugal). Dans chacun des pays, un échantillon représentatif (méthode des quotas) de la population nationale âgée de 15 ans et plus a été interrogé. Terrain réalisé par internet du 23 février au 28 mars 2017.

 

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