Hérault

Des jeunes en situation de handicap se portent au secours du patrimoine naturel de la Vallée de l'Hérault

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La communauté de communes Vallée de l’Hérault (34) est située au coeur d'un grand site de France. Sa fréquentation présente un véritable risque en terme environnemental. L’une des solutions consiste à aménager ou réaménager des chemins de randonnée. Pour assurer cette mission, la communauté de communes a engagé un partenariat avec un institut médico-éducatif. Les adolescents en situation de handicap préparent leur avenir.

La communauté de communes Vallée de l’Hérault (28 communes, plus de 30.000 habitants) abrite le grand site Saint-Guilhem-le-Désert - Gorges de l’Hérault, qui compte plusieurs monuments historiques, dont deux sont inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco, ainsi que 800 hectares de patrimoine naturel. Autant d’atouts qui attirent les visiteurs : leur nombre est estimé à 650.000 par an ! "Cette fréquentation croissante peut poser des problèmes en termes d’impacts environnementaux sur la faune et la flore, et peut gêner les activités traditionnelles comme l’agriculture et la chasse", explique Thibaut Barral, chargé de mission "Activités de pleine nature" à la communauté de communes.


Des pistes diverses pour l'entretien des sentiers

Pendant l’été 2005, la communauté de communes, qui réfléchit avec l’aide d’un bureau d’études aux moyens de mieux gérer les flux de visiteurs sur le site touristique, fait appel à l’association Concordia, spécialiste des chantiers internationaux. Concordia a réuni des jeunes volontaires pour travailler sur des chantiers de restauration du patrimoine hydraulique (fontaines, lavoirs…) qui seront mis en valeur le long des itinéraires de randonnée pédestre (au total, 34 km sur le territoire). Une première piste est ainsi lancée !
En 2008, le schéma de développement des activités de pleine nature étend la démarche à l’ensemble des 28 communes du territoire, afin de repérer les espaces à valoriser selon les activités (la randonné, le VTT, l’escalade…). "Ici, il existe une vraie culture sportive. Pour mieux maîtriser la fréquentation, il fallait clarifier les points d’accès aux massifs, baliser les sentiers avec une signalétique appropriée, ouvrir des circuits ou entretenir l’existant", poursuit le chargé de mission. Toutefois, la collectivité ne dispose pas d’agents recrutés pour ces missions. Il fallait donc trouver d’autres solutions ! Le chargé de mission a cherché d’abord du côté des associations, et une convention a été signée en 2009 avec le Comité départemental de randonnée pédestre qui procèdera à une veille active sur les itinéraires empruntés. Un élu du territoire, éducateur, propose d’explorer une autre piste, en pensant aux jeunes devant s’acquitter de travaux d’intérêts généraux, et début 2009, la communauté de communes fait appel à la protection judiciaire de la jeunesse. Résultat : un chantier de deux semaines est organisé avec un groupe d’une dizaine d’adolescents ou de jeunes adultes pour baliser et entretenir un site patrimonial important.

Avec l’institut médico-social : un échange gagnant-gagnant

Au printemps 2009, Philippe Martinez, éducateur technique spécialisé de l’institut médico-éducatif (IME), l’Ensoleillade, en quête de nouvelles activités pour les jeunes, se rapproche de la communauté. "Je voyais dans les chantiers un support d’apprentissage idéal pour des jeunes de 17 à 21 ans en situation de handicap mental", explique-t-il. Des rencontres s’organisent afin de déterminer notamment les attentes particulières de l’IME. En septembre 2009, la communauté de communes signe une convention avec l’IME, prévoyant qu’un groupe de 5 à 6 adolescents travaille à la revalorisation des sentiers à raison d’une fois par semaine. En échange, la communauté de communes financera pour chacun des participants deux journées d’activité de plein air. L’intercommunalité prend en charge l’achat du matériel qu’elle met à disposition de l’IME (2.000 euros) et la location éventuelle de gros équipements. De son côté, l’IME assure les frais de transport. Plusieurs interventions ont déjà été menées à bien : entretien d’aménagement sur un itinéraire de randonnée pédestre, réouverture d’un chemin communal pour créer un circuit VTT ou encore réfection d’un chemin et d’un mur en pierre sèche sur une commune.

Premier bilan

Pour les jeunes, ces chantiers sont l’occasion de travailler en groupe ou de façon autonome, d’apprendre à se servir d’outils simples et d’acquérir des compétences dont ils se serviront dans leur vie d’adulte, au sein d’un Esat* ou d’un ATO*. "La nature des travaux est variée : chaque chantier est l’occasion de nouveaux apprentissages. Les jeunes posent des questions, se projettent dans l’avenir, lisent les articles de journaux les concernant et élargissent leurs centres d’intérêt", se réjouit Philippe Martinez. Autre atout : les adolescents travaillent sur un territoire qu’ils connaissent. Ils voient concrètement le fruit de leur travail. "Ils se sentent appartenir à une collectivité, ce qui favorise leur sens de l’autonomie et des responsabilités. Ils peuvent même revenir sur le site avec leurs parents !", poursuit l’éducateur. Pour sa part, le chargé de mission dresse un bilan positif : "Ce partenariat permet de lier projets d’aménagements et insertion sociale. Les jeunes interviennent sur un patrimoine longtemps entretenu par les agriculteurs : terrasses de culture, anciens chemins, abris de bergers, murs en pierre sèche, chemins caladés… et aujourd’hui laissé à l’abandon. Leur travail permet de redécouvrir ces traces de notre passé. Il s’agit d’un échange réellement gagnant-gagnant".
Une collaboration à suivre : les deux partenaires réfléchissent déjà au programme de l’année scolaire 2010-2011.

Elisa Dupont / PCA pour la rubrique Expériences du site Mairie Conseils
 

 

*Esat : établissement et service d’aide par le travail
*ATO : Atelier thérapeutique occupationnel

 

Contact(s)

Institut médico-éducatif L'Ensoleillade

55, avenue de Montpellier
34725 Saint-André de Sangonis
04 67 57 00 46

Philippe Martinez

Éducateur technique spécialisé

Communauté de communes Vallée de l'Hérault

BP 15, 2 Parc d'activités de Camalcé
34150 Gignac
04 67 57 04 50
04 67 57 04 51
contact@cc-vallee-herault.fr
Nombre d'habitants : 34926
Nombre de communes : 28

Claude Carceller

Vice Président, Président de la Commission tourisme, et Maire de la commune de Montpeyroux

Thibaut Barral

Chargé de mission "Activités de pleine nature"
thibaut.barral@cc-vallee-herault.fr

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