Dordogne

Des outils pour valoriser le travail saisonnier en Périgord noir

Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Pour améliorer la qualification des travailleurs saisonniers, les fidéliser et aboutir à une complémentarité des emplois occupés, la maison de l'emploi implantée au cœur du Pays Périgord noir a actualisé sa "charte du travail saisonnier", et l’a complétée d'un guide des compétences devant permettre à un travailleur saisonnier de professionnaliser son parcours.

Le travail saisonnier occupe une part importante des emplois dans cette région, qu'il s'agisse des besoins liés au tourisme ou ceux liés à l'agriculture ou à l'agro-alimentaire. La charte départementale du travail saisonnier mise a été en place depuis 2008 (1) par la maison de l'emploi (MDE) du Périgord noir, qui couvre les deux bassins d'emploi du Sarladais et du Terrassonais (146 communes, 84.000 habitants). En 2011, cette charte a été remise à jour : couvrant au départ le secteur du tourisme, elle a été étendue à l'agriculture et à l'industrie agro-alimentaire et a été complétée d'un extrait de la convention collective hôtellerie café-restauration et de plein air, d'une fiche sur la législation du contrat saisonnier ainsi que d'une fiche horaires de travail. Elle est également assortie d'un "guide de compétences professionnelles", qui constitue une sorte de carnet de suivi individuel pour le travailleur saisonnier valorisant son parcours (2). L’objectif de cette démarche est de faire prendre conscience "qu’il est possible de mettre en place une gestion territoriale des emplois et des compétences pour les saisonniers", ainsi que le résume Chantal Berthomé, l’animatrice de l'espace Saisonniers

Suivi individuel du parcours et des formations pour faire valoir ses compétences

"Mon guide" est mis à jour au fil du parcours du salarié par des fiches d’évaluation, qui font état de ses compétences auprès de ses employeurs successifs, de manière plus objective que dans un CV. Le document comporte une partie remplie par le salarié lui-même (un mini CV et les formations suivies), et une partie remplie par les employeurs au fil des expériences cumulées. Pour faire l’évaluation, l’employeur est guidé par des grilles -élaborées par la maison de l'emploi avec l’appui de ses partenaires (syndicats professionnels…) -, lui permettant d'annoter les savoir faire requis, avec des colonnes correspondant à "ce qui est acquis" ou "en cours d'acquisition" et d’identifier les besoins en formation qui pourront par la suite faire l’objet d’un droit individuel à la formation (DIF) des salariés en CDD ou d’une prescription Pôle emploi. "Pour la première édition en 2011, des fiches compétences liées à cinq métiers (commis de cuisine, femme/valet de chambre, agent d'accueil touristique, ouvrier de production en agro-alimentaire ou agricole) ont été élaborées", explique l’animatrice de l'Espace Saisonniers, qui les a remis à une cinquantaine d’entreprises pour cette première année test. L’expérimentation est étendue à trois autres fiches métier en 2012, à l’issue d’une première évaluation.

Ténacité malgré un premier test décevant

Le guide de compétences est censé être remis par l'employeur au salarié en fin de contrat ou de saison. "Pourtant, le premier bilan dressé début 2012 montre que les employeurs comme les salariés ont du mal à s'approprier cet outil", remarque l’animatrice de l'espace Saisonnier. Nombre de livrets ont été remis incomplets ou sans explication aux salariés. Sur les 17 saisonniers que l’animatrice a pu recontacter, seuls deux avaient utilité le guide. "Pourtant, l'expérimentation avait reçu un bon accueil des entreprises, observe l’animatrice, les employeurs reconnaissant qu'il s'agit d'un outil utile pour améliorer leurs recrutements. Notamment parce qu’il peut aider à valoriser les compétences transférables d'un secteur à l'autre, et ainsi faciliter la complémentarité des saisons."
La maison de l'emploi et son espace Saisonniers ne baissent pas les bras. Les initiateurs de la démarche sont persuadés que celle-ci nécessite un effort de longue haleine. Son atout est qu’elle bénéficie tout autant aux employeurs (fidélisation, qualification du personnel) qu’aux salariés “Nous savons que nombre de travailleurs saisonniers le sont par défaut et nous voudrions que le guide de compétences les aident à reprendre de l'autonomie sur leur parcours, en articulant temps de travail et de formation afin qu’ils puisent travailler et vivre sur le territoire”, conclut animatrice.

Une récente étude commandée à l'Insee Aquitaine sur la saisonnalité dans le sud de la Dordogne (3) confirme d'ailleurs qu'un nombre important de saisonniers vivent sur le territoire et que la durée moyenne des contrats est de quatre mois.

Emmanuelle Stroesser / Agence Traverse pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

(1) Article Expériences du site Mairie-conseils : “Les saisonniers au cœur de la maison de l'emploi du Périgord noir”, daté du 22 juillet 2008

(2) Tous les documents en téléchargement sur le site de la maison de l'emploi

(3) La saisonnalité dans le sud de la Dordogne  

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24200 SARLAT LA CANEDA
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Maison de l'emploi du Périgord noir

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Nombre de communes : 146
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François Vidilles

Directeur
francois.vidilles@mdepn.com

Chantal Berthomé

Animatrice de l'Espace Saisonniers
espace.saisonniers@mdepn.com
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