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Cour des comptes - Desserte aéroportuaire de la Bretagne : un réseau à "reconfigurer"

Dans son rapport public 2020, la Cour des comptes juge trop coûteux le réseau aéroportuaire de la Bretagne et appelle Etat et collectivités à élaborer une stratégie "économiquement soutenable" en s'appuyant notamment sur la complémentarité des différents modes de transport.

Dans son rapport public 2020, la Cour des comptes juge "obsolète" et trop coûteux le réseau aéroportuaire de la Bretagne, surtout depuis l'arrivée en 2017 de la ligne ferroviaire à grande vitesse. Huit plateformes (Brest, Rennes, Lorient, Dinard, Quimper, Saint-Brieuc, Lannion, Ouessant) accueillent aujourd'hui des lignes commerciales régulières, mais en 2018 le trafic
(2,3 millions de passagers au total) s'est concentré à 80% sur deux d'entre elles, Brest et Rennes.
Au total, sur la période 2012-2017, les collectivités publiques ont versé 45 millions d'euros d'aides aux gestionnaires d'aéroports et aux compagnies aériennes. Près de la moitié du montant de ces aides a été attribuée aux compagnies desservant les lignes Lorient-Lyon et Lannion-Orly dans le cadre d'une obligation de service public (OSP) subventionnée dont le bilan s'est révélé "décevant", selon la Cour. Elle note aussi qu'une ligne bénéficiant du même dispositif d'OSP vient d'être mise en place entre Quimper et Orly, parallèlement à une desserte ferroviaire à grande vitesse. Or, malgré l'importance du soutien financier qui leur est apporté, la pérennité de certaines petites plateformes aéroportuaires ne paraît plus assurée "au regard de la baisse de leur fréquentation et de la concurrence du transport ferroviaire", estime la Cour.

Complémentarité des modes de transport

La ligne ferroviaire à grande vitesse, qui rapproche les principales agglomérations bretonnes de Paris, appelle ainsi selon elle à rechercher une complémentarité entre les différents modes de transport. En outre, les perspectives d'évolution de la réglementation européenne pourraient avoir pour effet un durcissement des conditions d'octroi des aides publiques aux petits aéroports et poser la question de leur viabilité économique, prévient-elle. A cela s'ajoute la préoccupation environnementale qui conduit de plus en plus à remettre en cause les vols intérieurs nationaux, que les aéroports bretons ont beaucoup développés, notamment du fait de la configuration péninsulaire de la région.
La Cour appelle donc à "une nécessaire refonte de la stratégie régionale de mobilité". Etat et collectivités territoriales bretonnes doivent s'attacher selon elle à élaborer une stratégie aéroportuaire "économiquement soutenable" en clarifiant les enjeux de desserte et d'aménagement du territoire, en mettant ces enjeux en perspective avec leurs impacts financiers et environnementaux et en les intégrant dans un schéma régional de complémentarité des différents modes de transport.
 

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